DES ONG DEMANDE DE RETIRER A LA GAMBIE LE SIEGE DE CADHP
COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES

Le gouvernement gambien ne doit plus continuer à abriter le siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp). Cette déclaration a été faite mardi dernier à la presse par la coordonnatrice de l’article 19 pour la défense de la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique de l’Ouest, Fatou Diagne Senghor, et le secrétaire générale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), Aboubacry Mbodj.
Les organisations de droits de l’homme comme la Raddho et l’Article 19 pour la défense de la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique de l’Ouest ne veulent plus que le gouvernement gambien continue d’abriter le siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), au vu des «violations flagrantes de la charte africaine des droits de l’homme et des menaces perpétrées contre les journalistes dans ce pays».
La coordonnatrice de l’Article 19 pour la défense de la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique de l’Ouest, Fatou Diagne Senghor, et le secrétaire générale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), Aboubacry Mbodj, étaient face à la presse pour dénoncer l’impunité et les violations des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest.
Selon Fatou Diagne Senghor, ils ont même, en ce sens, boycotté, pour la première fois, le forum des Ong puis la session ordinaire de la Cadhp tenue du 22 octobre au 05 novembre 2013. « Ce boycott était une façon pour nous, organisations des droits de l’homme, de briser le silence longtemps observé autour de la Gambie qui, depuis plus de 10 ans, viole la charte africaine des droits de l’homme et où la société civile locale n’ose pas se prononcer sur les violations perpétrées », indique-t-elle.
A l’en croire, la Raddho, l’Article 19 et la Cosidev Afrique, en marquant de leur absence cette rencontre, voulaient alerter la commission et lui faire comprendre que sa crédibilité est en jeu.
« La Gambie, siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), est l’un des rares pays africains où les violations de droits humains sont régulièrement commises à tous les niveaux de la société sans qu’aucun recours juridique effectif ne soit accessible aux victimes », fait savoir Mme Senghor. Non sans préciser que « cette situation porte atteinte à la crédibilité de la commission ».
En réalité, durant ces dernières années, de nombreux journalistes, défenseurs des droits humains et opposants politiques sont souvent victimes d’assassinats, de disparitions forcées, de menaces de mort, etc. « Hormis ces menaces, force est de constater que la Gambie ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de la communauté sous-régionale, régionale et internationale en matière de libertés d’expression et d’opinion », souligne la coordonnatrice de l’Article 19. Au regard de toutes ces exactions, la Raddho et l’Article 19 considèrent que le gouvernement gambien de ne plus continuer à abriter le siège de la Cadhp qui est l’un des mécanismes les plus importants de l’Union africaine en matière de protection et de promotion des droits humains.
Ainsi, la Raddho et l’Article 19 recommandent à la commission d’accorder plus d’attention à la situation des droits humains ainsi qu’à la protection de la liberté d’expression en Gambie, d’engager un dialogue ouvert et transparent avec le gouvernement gambien pour l’amener à se conformer aux normes de bonne gouvernance et au respect des droits humains et de conduire une mission d’investigation sur les nombreuses violations des droits humains commis en Gambie, notamment sur les exécutions de 2012.












