Skip to main content
Elections municipales et territoriales de janvier 2027, le silence qui inquiète
À environ sept mois du renouvellement des exécutifs locaux, aucun décret présidentiel convoquant le corps électoral n'a encore été rendu public
 
ID
1005519
{"id":1005519,"title":"Elections municipales et territoriales de janvier 2027, le silence qui inquiète","subheadline":"À environ sept mois du renouvellement des exécutifs locaux, aucun décret présidentiel convoquant le corps électoral n'a encore été rendu public","image":"/sites/default/files/2026-06/ections_sc.jpg","link":"/article/elections-municipales-et-territoriales-de-janvier-2027-le-silence-qui-inquiete"}

À mesure que s'approche l'échéance des élections municipales et départementales prévues en janvier 2027, les interrogations se multiplient autour du respect du calendrier électoral. Alors que l'administration n'a toujours pas officiellement fixé la date du scrutin ni lancé les opérations préalables de révision des listes électorales, la société civile sénégalaise entre dans le débat et affiche une position sans ambiguïté. Elle s'oppose à toute éventualité de report, appelle les autorités à davantage de transparence afin de préserver la confiance dans le processus démocratique et dénonce une « rupture d’égalité entre les acteurs politiques » qu’entraine le manque d’information sur les élections.

À environ sept mois du renouvellement des exécutifs locaux, aucun décret présidentiel convoquant le corps électoral n'a encore été rendu public. Cette situation nourrit les inquiétudes d'une partie de la classe politique, mais également celles des organisations citoyennes engagées dans l'observation et la promotion de la démocratie. Pour nombre d'acteurs, le silence de l'administration électorale contraste avec l'importance de ces élections qui sont traditionnellement un test politique avant les échéances nationales suivantes.

Parmi les voix qui se font entendre, il y a celle de Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l'ONG-3D, organisation reconnue pour son implication dans le suivi des processus électoraux au Sénégal. Dans une publication diffusée sur le réseau social X, on peut lire : « La société civile est opposée à tout report des élections. M. le Président, il est temps de rendre visible l’horloge électorale : calendrier des élections locales, période de révision des listes électorales etc. », Pour le responsable de la société civile, l'absence d'informations officielles crée une situation de déséquilibre entre les différents acteurs politiques. « Il existe une rupture d’égalité entre les acteurs politiques lorsque seul le camp présidentiel détient les informations relatives au calendrier électoral ». Pis, souligne-t-il, cette opacité alimente les spéculations, nourrit les suspicions et risque d’affaiblir la crédibilité du processus électoral auprès des citoyens et des partis politiques : « Ce déficit d’information nuit à la transparence du processus électoral, alimente les spéculations et fragilise la confiance des parties prenantes ».

Au-delà de la question de la communication institutionnelle, plusieurs observateurs attirent l'attention sur les dispositions du Code électoral. Moundiaye Cissé considère notamment que les articles L.236 et L.269 ne sauraient être invoqués pour justifier un éventuel report unilatéral des élections. Pour lui, toute modification substantielle du calendrier devrait faire l'objet d'un large consensus politique afin d'éviter toute contestation susceptible de compromettre la stabilité du processus. Cette position rejoint celle d'autres acteurs qui rappellent régulièrement que la prévisibilité des échéances électorales constitue l'un des fondements de la démocratie sénégalaise.

Face aux critiques, le gouvernement d’avant dissolution avait tenté de rassurer. Lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale du 22 mai dernier, l’ancien ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, avait affirmé que l'État demeurait dans les délais prévus par la législation. Il avait rappelé que la fixation de la date du scrutin relevait exclusivement du président de la République et que les préparatifs techniques nécessaires à l'organisation des élections étaient engagés. Le ministre avait également indiqué que les services compétents disposaient des moyens logistiques nécessaires pour garantir la tenue d'un scrutin transparent et régulier.

Le parti au pouvoir, PASTEF Les Patriotes, a lui aussi pris position en faveur du respect du calendrier républicain. La fermeté de la prise de position est interprétée comme une volonté d'écarter les soupçons de report qui circulent dans l'espace politique.

Malgré ces assurances, les inquiétudes persistent. L'opposition, regroupée au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), estime que plusieurs signaux sont préoccupants. Elle pointe l'absence de lancement des opérations de révision des listes électorales et le retard accusé dans la publication des actes administratifs traditionnellement liés à la préparation des élections. Selon cette coalition, le respect des délais est essentiel pour permettre aux citoyens de vérifier leur inscription sur les listes et aux partis politiques de préparer sereinement leurs stratégies électorales.

Cette méfiance pourrait s'expliquer par le poids de l'histoire électorale récente du Sénégal. Les élections locales de 2022 avaient été organisées après plusieurs années de reports successifs. Initialement prévues en 2019, elles avaient finalement été repoussées à plusieurs reprises avant de se tenir le 23 janvier 2022. À l'époque, les autorités avaient invoqué différentes raisons liées notamment à la réforme du Code électoral et à la pandémie de Covid-19. Ces reports avaient suscité de vives controverses au sein de l'opposition et de la société civile, qui y voyaient une atteinte au principe de périodicité des élections.

Quid de la date précise du scrutin qui n'a toujours pas été fixée par décret ? D'un point de vue juridique, la responsabilité de convoquer le corps électoral appartient au président de la République. L'article 63 du Code électoral lui confère cette prérogative à travers la signature d'un décret fixant la date du scrutin. 

1005519
ID
1005519
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3