GAMBIE: RETOUR A LA NORMALE A L'ANTENNE DE LA RADIO COMMUNAUTAIRE TERANGA FM

Banjul (Gambie), 7 jan 2015 (AFP) - La radio communautaire gambienne Teranga FM, qui avait été fermée deux jours, puis rouverte à condition de ne diffuser que de la musique, avait repris mercredi ses émissions habituelles, selon un journaliste de l'AFP et une source proche de ce média.
Un journaliste de l'AFP a constaté depuis mardi soir que la musique avait cédé la place aux programmes habituels de Teranga FM, qui avait été coupée le 3 janvier, sans explication officielle, puis autorisée à réémettre à partir de lundi à condition de ne donner diffuser que de la musique et de ne donner la parole à personne à l'antenne.
Une source proche de Teranga FM s'exprimant sous couvert d'anonymat a indiqué à l'AFP que la radio avait repris mardi ses émissions normales et que son directeur, Alagie Ceesay, devait continuer à se présenter régulièrement à la police.
Elle n'a pas souhaité fournir de détails. Une source gouvernementale a confirmé ces information, en indiquant que M. Ceesay doit se présenter chaque jour à la police.
M. Ceesay avait été le 3 janvier sommé par les autorités d'arrêter avec effet immédiat les émissions de Teranga FM, sans explication.
Il avait passé la nuit du 3 au 4 janvier à la police d'Old Yundum, à 25 km au sud de Banjul, puis avait été libéré le 4 janvier sans charge, mais avec pour condition de se présenter régulièrement à la police, sans précision de délai.
La suspension de Teranga FM était intervenue quatre jours après une attaque d'hommes armés, le 30 décembre, contre le palais présidentiel à Banjul. L'assaut avait été repoussé par les forces gambiennes, qui poursuivaient mercredi la recherche de ses commanditaires et de leurs complices présumés.
A son retour de l'étranger où il se trouvait en visite privée pendant l'assaut, le président gambien Yahya Jammeh a imputé l'attaque à des "terroristes" soutenus par des "puissances" étrangères.
Teranga FM, créée en 2009, est populaire en Gambie en raison notamment de sa traduction quotidienne en langues nationales des nouvelles publiées par les journaux gambiens.
Elle avait une première fois été réduite au silence en janvier 2011, sans explication officielle, puis autorisée à reprendre ses activités un mois plus tard avec interdiction d'aborder les sujets évoqués par la presse privée, selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF).
En août 2012, elle avait de nouveau été interdite d'émettre pour avoir ignoré les conditions imposées en 2011. Elle avait été autorisée à reprendre ses émissions sur ordre du président Jammeh en janvier 2014.










