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La CONAPED appelle à « réinventer » la gouvernance des pêches au Sénégal
À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des océans, hier lundi, la CONAPED a invité les autorités sénégalaises à rompre avec les pratiques actuelles et « réinventer la gouvernance du secteur » pour assurer la pérennité des ressources halieut
 
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À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des océans, hier lundi, la CONAPED a invité les autorités sénégalaises à rompre avec les pratiques actuelles et « réinventer la gouvernance du secteur » pour assurer la pérennité des ressources halieutiques.

Pour cette édition, le thème choisi pour la célébration de la Journée mondiale des océans est « Des Aires marines protégées robustes pour notre planète bleue ». La Journée mondiale des océans 2026 prend ainsi une résonance particulière au Sénégal. 

La Coordination Nationale des Acteurs de la Pêche au Sénégal (CONAPED) a profité de cette tribune pour appeler à une transformation radicale de notre relation avec le milieu marin. Pour l’organisation, il ne s’agit plus de simples ajustements, mais de placer la durabilité, la transparence et la science au cœur des décisions publiques. Même si le Sénégal dispose d’instruments majeurs comme les Aires Marines Protégées (AMP) et les Zones de Pêche Protégées (ZPP), la CONAPED dit relever un paradoxe inquiétant. 

En effet, dans un communiqué, l’organisation faitière des acteurs de la pêche déplore le fait que, alors que les communautés de pêcheurs artisans ont consenti à des sacrifices importants en renonçant à des zones très productives pour permettre la régénération des stocks, l’État semble fragiliser ce « contrat social ». « Les pêcheurs ne peuvent être durablement convaincus de renoncer à des zones de pêche [...] si, dans le même temps, les autres zones continuent de perdre leur productivité sous l'effet d'une pression de pêche excessive », avertit l’organisation. L'introduction récente de nouveaux chalutiers industriels ciblant des espèces démersales fragiles, contre l’avis des scientifiques, est vécue comme une entorse à ce « contrat social », qui remet en cause tous les efforts de conservation jusqu’ici consentis par les acteurs. L’argument de la sécurité alimentaire, souvent brandi par les autorités pour justifier l’octroi de nouvelles licences, est vigoureusement contesté par les chiffres. 

La CONAPED révèle que le potentiel exploitable invoqué pour ces nouvelles licences n'est que de 2900 tonnes, une quantité dérisoire face à une consommation nationale de 200.000 tonnes par an. Pire encore, alors que le pays cherche à combler ce marginal déficit, il exporte chaque année plus de 230.000 tonnes de produits halieutiques. Par ailleurs, la CONAPED a encore dénoncé l’opacité autour de ces nouvelles licences octroyées et l’identité des navires concernés. 

En effet, la CONAPED s’étonne que le ministre sortant ait publié une liste de navires autorisés sans avoir préalablement diligenté un audit sur l’origine de ces navires et les conditions d'obtention de leurs licences. C’est pourquoi elle exige, une enquête indépendante et approfondie sur la levée du gel des licences pour les espèces démersales côtières, le maintien du principe de précaution et le gel des licences tant que la science ne garantit pas la durabilité des ressources et un audit complet de la flotte industrielle sénégalaise. 

La CONPED appelle à l’ouverture d’un dialogue national inclusif sur l'avenir des pêches et à respecter scrupuleusement les recommandations scientifiques ainsi que les engagements de la Charte pour une pêche durable. « Réinventer notre relation avec les océans commence par des choix courageux », conclut l’organisation. 

Pour les acteurs de la pêche artisanale, le Sénégal a aujourd'hui l'opportunité historique de devenir un modèle d'économie bleue responsable en Afrique de l'Ouest, à condition de privilégier l’intérêt général sur les intérêts particuliers. 

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