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Le CORED épingle l'hélicoptère imaginaire de Tambacounda
Le tribunal des pais rappelle aux rédactions l'obligation absolue de recouper les sources et de traiter l'information avec une rigueur irréprochable
 
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1004317
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Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) est monté au créneau pour dénoncer des manquements professionnels majeurs dans le traitement média‐ tique de l’affaire dite de «l’hélicoptère artisanal» de Tambacounda. Dans un communiqué rendu public ce mardi 21 avril 2026, l’instance de régulation épingle l’utilisation d’images d’illustration non signalées comme telles, qualifiant cette pra‐ tique de «manque de rigueur» et d’«entorse grave aux principes de vérification et de recoupement de l’information».

L’affaire remonte au début du mois d’avril, lorsque plusieurs media ont large‐ ment diffusé le reportage consacré à Mamadou Sow. C’est l’excellent travail d’investigation exclusif de la Rédaction du journal Le Témoin qui a permis de lever l’équivoque et démontrer les incongruités de cette affaire.

Dans un article‐choc publié à la Une de son édition du mardi 14 avril 2026, titré « Comment Mamadou Sow a trompé son monde », le quotidien a éclairé toutes les facettes de ce feuilleton autour de l’«hélicoptère artisanal », révélant que la réalité était tout autre que celle montrée sur les écrans de télévision et autres chaines Youtube.

Présenté comme un maçon autodidacte résidant à Tambacounda, ce dernier affirmait avoir conçu et fait voler son propre appareil. Sauf que la réalité était tout autre. Le CORED précise dans son communiqué qu’«il s’est avéré par la suite que l’inventeur n’a jamais fait décoller son appareil et que le prototype montré en plein vol à la télévision n’a rien à voir avec sa création artisanale ». L’organe de régulation révèle que les images diffusées mon‐ traient en réalité «un hélicoptère ultraléger monoplace conçu et fabriqué en Hongrie».

Pour le CORED, la diffusion de ces images sans la mention «Image d’illustration» constitue une faute lourde. «Cette omission a induit en erreur les téléspectateurs et lecteurs et témoigne d’une volonté de manipulation et d’un manque de rigueur de la part des journalistes, monteurs et de leurs rédactions », souligne le communiqué.

Face à cette polémique qui «fragilise la confiance du public envers les médias», le régulateur invite solennellement l’ensemble de la profession à plus de rigueur. Le CORED a également tenu à rappeler aux journalistes les dispositions strictes du Code de la presse et de la Charte des journalistes du Sénégal. L’instance cite notamment l’Article 13 du Code de la presse qui stipule que le journaliste ne doit pas «publier des informations, des documents, des images et des sons dont l’origine n’est pas connue » d’eux, ni « donner très précisé‐ ment comme telles les nouvelles non confirmées»

Par ailleurs, le CORED rappelle égale‐ ment d’autres dispositions essentielles du Code de la presse et de la Charte des journalistes du Sénégal. Il cite notamment l’Article 11 du Code de la presse, selon lequel «le journaliste et le technicien des médias doivent collecter et traiter l’information en toute honnêteté et en toute impartialité, dans le respect du droit du public à l’information». L’instance évoque aussi l’Article 15, qui stipule que «le journaliste et le technicien des médias ont le devoir de rectifier toute information publiée qui se révèle matériellement inexacte».

S’agissant de la Charte des journalistes du Sénégal, le CORED met en avant l’Article 1, qui enjoint de «respecter les faits quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui‐même, en raison du droit que le public a de connaître la vérité», ainsi que l’Article 5, qui proscrit toute altération de l’information, notamment « par la suppression d’éléments essentiels à son équilibre et à son impartialité », et interdit d’utiliser les informations « à des fins autres que l’information du public ». 

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