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Au Cameroun, l'impossible remaniement d'un gouvernement pétrifié
Tétanisé par une équation tribale insoluble, le pouvoir de Yaoundé préfère maintenir en poste des ministres morts au lieu de risquer le moindre remaniement au sein d'une administration aujourd'hui complètement à l'arrêt
 
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(SenePlus) - Le Cameroun semble figé dans le temps. Cinq mois après la réélection extrêmement controversée de Paul Biya pour un huitième mandat, le pays s'enlise dans une paralysie institutionnelle sans précédent. 

Selon une analyse de Christophe Châtelot publiée le 19 mars 2026 dans Le Monde, le président de 93 ans dirige un système politique devenu un véritable "casse-tête" gérontocratique, où "certains ministères sont officiellement dirigés par des hommes politiques morts depuis des années", à l'instar de Gabriel Dodo Ndoke, décédé en janvier 2023.

Malgré les promesses répétées de Paul Biya d'intégrer la jeunesse à "des responsabilités élevées dans la gestion des affaires publiques", le renouvellement se fait toujours attendre dans un pays où plus de deux tiers de la population a moins de 30 ans. 

Le changement s'est pour l'instant limité au sommet du Parlement avec l'élection de nouveaux présidents pour remplacer des caciques de 86 et 91 ans. Comme l'explique le sociologue Stéphane Akoa dans les colonnes du quotidien français, cet immobilisme structurel s'apparente à "un jeu de Mikado", où chaque nomination répond à une complexe "équation ethnique" que le chef de l'État n'aurait plus l'énergie de manipuler.

Face à ce "pouvoir granitique", l'opposition se retrouve muselée après un scrutin marqué par la mort d'au moins cinquante manifestants. Le principal adversaire du régime, Issa Tchiroma Bakary, a été "contraint depuis à s’exiler en Gambie" pour assurer sa sécurité. 

Pendant ce temps, la société civile dénonce le maintien en détention de plus d'un millier de personnes arrêtées lors de la crise post-électorale, souvent "sur leur faciès", rappelle l'activiste Edith Kah Walla au Monde. C'est dans ce climat de tension et de paralysie politique que le pape Léon XIV est attendu au Cameroun mi-avril, une visite qui divise profondément les forces d'opposition.

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