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Bonne fête de l’indépendance à tous les Sénégalais
En ce 4 avril, nous célébrons l’indépendance de notre pays, acquise en 1960 après de longues luttes, des sacrifices et l’engagement de générations d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un Sénégal libre, digne et souverain.
 
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(SenePlus) - En ce 4 avril, nous célébrons l’indépendance de notre pays, acquise en 1960 après de longues luttes, des sacrifices et l’engagement de générations d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un Sénégal libre, digne et souverain.

Nous leur devons respect, reconnaissance et fidélité.
Mais célébrer l’indépendance ne doit pas être seulement un moment de fête.
Cela doit aussi être un moment de lucidité, de conscience et de responsabilité collective.

Car 66 ans après l’indépendance politique, une question fondamentale demeure : Sommes-nous réellement indépendants ?
Sur le plan politique, oui. Nous élisons nos dirigeants, nous avons un drapeau, une armée, des institutions et une souveraineté formelle.

Mais dans la réalité quotidienne, beaucoup de domaines restent marqués par la dépendance.

Notre économie dépend encore largement des financements extérieurs, de la dette, des dons et des importations.
Nos banques, nos industries, nos produits de consommation, nos biens et services proviennent en grande partie de l’extérieur.

Nos médicaments, nos technologies et même une grande partie de nos connaissances académiques viennent d’ailleurs.

Notre système éducatif reste largement inspiré de l’école française, alors que l’école sénégalaise, enracinée dans nos réalités culturelles, sociales et historiques, tarde encore à émerger pleinement.

Dans nos comportements sociaux, l’imaginaire colonial persiste parfois. Quand quelqu’un est jugé civilisé, on dit souvent : "danga tubaabe", comme si la référence ultime de la civilisation restait extérieure à nous-mêmes.

Nous portons des vêtements de seconde main venus d’ailleurs, nous consommons des produits venus d’ailleurs, nous reproduisons parfois des modèles venus d’ailleurs, au point de perdre progressivement confiance en notre propre génie culturel et intellectuel.

Nos lois, notre constitution, nos institutions, nos bâtiments administratifs et même certains symboles de l’État portent encore fortement l’empreinte coloniale.

L’État semble parfois éloigné du peuple.
Le capital humain — santé, éducation, services sociaux — reste encore inégalement accessible.
L’État de droit est souvent proclamé, mais difficilement ressenti dans la vie quotidienne des citoyens.

La transformation structurelle de l’économie reste inscrite dans les plans et les programmes, mais tarde à se traduire concrètement dans la réalité sociale.

Même dans nos symboles militaires, administratifs et institutionnels, l’histoire coloniale est encore très présente, parfois plus visible que notre propre histoire nationale.

Cela ne signifie pas que rien n’a été fait.

Le Sénégal a avancé.
Le Sénégal a construit.
Le Sénégal a résisté.
Le Sénégal a formé des élites, des intellectuels, des entrepreneurs et des citoyens engagés.
Mais le chemin vers une indépendance réelle reste encore long.

L’indépendance véritable ne se limite pas à la souveraineté politique.
Elle suppose :
une indépendance économique,
une indépendance intellectuelle,
une indépendance culturelle,
une indépendance institutionnelle,
une indépendance morale et sociale.
Elle suppose surtout la construction d’un contrat social sénégalais endogène, enraciné dans nos valeurs, notre histoire, notre culture et notre vision du monde.
Un État des Sénégalais et non simplement un État des politiciens.
Un État proche du peuple.
Un État juste.
Un État protecteur.
Un État qui garantit la dignité de chaque citoyen.

La devise "Un Peuple – Un But – Une Foi" ne doit pas seulement être écrite sur les murs.
Elle doit vivre dans les cœurs, dans les institutions et dans les pratiques.

La fête du 4 avril devrait donc être aussi un moment de bilan collectif :
Où en sommes-nous dans notre indépendance ?
Quel Sénégal voulons-nous construire ?
Quel contrat social voulons-nous léguer à nos enfants ?
Quelle souveraineté voulons-nous réellement ?
Car l’indépendance n’est pas un événement.
C’est un processus.
Un processus qui demande :
conscience,
responsabilité,
unité,
travail,
patriotisme,
et engagement collectif.

En ce jour symbolique, souhaitons à notre pays non seulement la paix et la stabilité, mais aussi la lucidité, le courage et la vision nécessaires pour construire une indépendance réelle et durable.

Que Dieu bénisse le Sénégal.
Que Dieu protège le peuple sénégalais.
Que Dieu inspire nos dirigeants et éclaire notre jeunesse.

Bonne fête de l’indépendance à tous.


Dr Cheikh Tidiane Mbaye
Sociologue – Enseignant universitaire
CEO Cabinet L’Œil du Sociologue

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