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CAN 2025 : déferlement négrophobe au Maroc
La défaite des Lions de l'Atlas a libéré une parole raciste décomplexée sur les réseaux sociaux et dans les rues du royaume. Vidéos haineuses, appels à l'expulsion... Un climat de terreur qui vise désormais les « Afarika » à Casa
 
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(SenePlus) - La défaite du Maroc face au Sénégal a libéré une parole raciste décomplexée sur les réseaux sociaux et dans les rues du royaume. Vidéos haineuses, appels à l'expulsion, discriminations... Mediapart décrypte le déchaînement négrophobe qui a suivi le sacre des Lions de la Teranga.

Ce devait être une fête du football africain, cela s'est transformé en cauchemar pour de nombreux résidents subsahariens au Maroc. Quelques heures après la défaite des Lions de l'Atlas, « une vague hostile [...] visant particulièrement les Sénégalais » a submergé la toile, rapporte Omar Brouksy dans Mediapart. Le journaliste décrit « des centaines de vidéos » où des internautes, souvent à visage découvert, appellent à « expulser tous » les Afarika (« Africains »), jugés « ingrats » après avoir « pris la coupe par la force ».​

Cette violence verbale s'est traduite par des actes concrets. Une vidéo montre un homme exhortant ses compatriotes à ne plus louer de logements aux Noirs : « S'ils veulent un logement, qu'ils aillent dans leur pays ». Une jeune Ivoirienne témoigne également du refus des taxis de prendre des passagers noirs : « Ils nous voient tous en Sénégalais... Les taxis refusent de prendre les Blacks ». Un climat de paranoïa alimenté par des « rumeurs mensongères », comme celle de la mort d'un stadier marocain, que la police a dû démentir vigoureusement.​

Face à ce « phénomène qui semble avoir pris tout le monde de court », l'Association marocaine des droits humains a tiré la sonnette d'alarme, prévenant que ce laxisme risque de « saper des décennies d'acquis » en matière d'intégration. Au sommet de l'État, la réponse s'organise aussi : les chefs de gouvernement marocain et sénégalais ont appelé conjointement à « dépassionner cet épisode », tandis que le roi Mohammed VI est sorti de son silence pour féliciter le vainqueur.​

Pour Mediapart, cet épisode révèle un racisme latent, parfois « banalisé », dans un pays devenu terre d'installation où « les "Afarika" ne sont pas toujours les bienvenus ».

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