Le Directeur exécutif de Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, maintient sa position contre la candidature de l’ancien président de la République, Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de « banalisation » des violations passées des droits humains et politiques, Seydi Gassama invite, dans une déclaration rendue publique hier, mercredi 25 mars, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, à suivre l’exemple du gouvernement chilien, qui a retiré son soutien à la candidature de Michelle Bachelet à l’ONU.
Il ne compte pas céder dans son combat pour barrer la route à l’ancien chef de l’État dans son ambition d’accéder à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU). Seydi Gassama, puisque c’est de lui qu’il s’agit, établit un parallèle avec la scène internationale, évoquant notamment la décision récente du président chilien de retirer son soutien et celui de son pays à l’ancienne présidente Michelle Bachelet dans la course au poste de Secrétaire général de l’ONU. Une décision qui, selon lui, s’inscrit dans des jeux d’alliances politiques sans susciter de véritable controverse à l’échelle mondiale.
En revanche, la situation sénégalaise lui paraît autrement plus préoccupante. Il critique vivement les appels de certains partisans de l’ancien régime invitant le président Bassirou Diomaye Faye à soutenir la candidature de son prédécesseur, de Macky Sall, portée par le président de l’Union africaine. Pour Seydi Gassama, une telle démarche reviendrait à ignorer les violences politiques survenues durant les dernières années du pouvoir de l’ancien chef de l’État.
M. Gassama rappelle le lourd bilan humain et judiciaire associé à cette période, évoquant plus de 65 morts et des milliers de personnes emprisonnées dans un contexte de fortes tensions politiques. À ses yeux, soutenir une candidature internationale dans ces conditions reviendrait à faire fi de la souffrance des victimes. « L’impunité et le mépris pour la souffrance des victimes ne doivent pas prévaloir », insiste-t-il, appelant à une prise en compte des responsabilités avant toute ambition sur la scène internationale.
D’ailleurs, cette candidature continue de diviser la classe politique au Sénégal. Alors qu’une bonne frange de l’opposition, y compris les anciens pourfendeurs et des membres de l’Alliance pour la République (APR, partie de l’ancien président Macky Sall) et ses alliés la soutiennent, le parti PASTEF au pouvoir, des organisations de la société civile, entre autres, évoquent les événements douloureux du fin de règne de l’ancien président Macky Sall, dont les violences politiques de 2021 à 2024 pour justifier leur appel au chef de l’Etat à ne pas cautionner et endosser une telle candidature.
Pour rappel, le nouveau gouvernement d’extrême droite du Chili, dirigé par José Antonio Kast, a annoncé, le mardi 23 mars, le retrait du soutien du Chili à la candidature de Michelle Bachelet au poste de Secrétaire générale de l’ONU. Cette candidature de l’ex-cheffe de l’État chilien (2006-2010 et 2014-2018) avait été conjointement proposée par le précédent gouvernement de l’ancien président de gauche Gabriel Boric (2022-2026), avec le Mexique et le Brésil.