(SenePlus) - L’exercice 2025 marque un changement de paradigme dans la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) au Sénégal. Traditionnellement perçu comme une subvention aux contours parfois flous, le fonds s’est transformé cette année en un levier de régularisation du secteur. Sous l'impulsion des recommandations de l'audit de l'Inspection Générale d'État (IGE) de 2024, le Conseil de gestion a instauré une sélection fondée exclusivement sur le respect des obligations légales, fiscales et sociales. Cette approche a abouti à une sélection plus restreinte, où 164 bénéficiaires ont été retenus sur 241 demandes.
L’innovation centrale de cette gestion réside dans l’utilisation de la plateforme numérique « Déclaration Médias Sénégal » (DMS). Cet outil a servi de filtre technique, permettant une vérification systématique de la conformité des entreprises de presse avant toute évaluation financière. Pour être éligibles, les structures ont dû prouver leur régularité vis-à-vis des services fiscaux, de l’IPRES et de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS), tout en justifiant de contrats de travail en bonne et due forme pour leurs employés. Cette exigence a induit un effet vertueux, poussant de nombreux organes de presse à entamer des processus de régularisation sociale pour la première fois, amorçant ainsi une amélioration de la condition des travailleurs des médias.
Une hausse historique de 403 % pour le budget du CESTI
Sur le plan de la répartition budgétaire, l’enveloppe de 1,9 milliard de FCFA a été déployée avec une attention pour la formation et la diversité. Le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) a bénéficié d’une dotation historique de plus de 125 millions de FCFA, soit une hausse de 403 % par rapport aux exercices précédents. Cette priorité accordée à la formation académique souligne ''l'ambition des autorités'' de miser sur la qualité du capital humain pour relever les défis du secteur. Par ailleurs, les radios communautaires, piliers de l'information de proximité, ont reçu un soutien substantiel de 412,2 millions de FCFA, confirmant leur rôle essentiel dans l'équilibre démocratique du pays.
Malgré cette dynamique de progrès, le rapport de gestion 2025 souligne des défis persistants, notamment l'absence de certains grands groupes de presse qui ne se sont pas conformés aux nouvelles exigences de dépôt. Le Conseil de gestion a réaffirmé son refus de toute exception, privilégiant l'équité de traitement au détriment de la notoriété des structures. Pour consolider ces acquis, des recommandations ont été formulées pour une révision des textes réglementaires dès 2026, visant à rendre le FADP encore plus adapté aux mutations technologiques et à encourager les investissements structurels pérennes dans l'industrie des médias.