(SenePlus) - Invité dimanche de l'émission « Objection » animée par Baye Omar Gueye sur Sud FM, Hamidou Anne a livré une lecture sans concession de l'actualité politique nationale, au lendemain de l'annonce du nouveau parti présidentiel baptisé Kiiraay. Selon le cadre de l'APR, cette création intervient alors que « le pays fait face à 5 200 milliards de déficit », avec des investissements directs étrangers tombés à 21 milliards de francs CFA en 2025, contre 3 000 milliards en 2023.
Hamidou Anne reconnaît les nombreux départs de cadres et d'élus de l'APR vers la nouvelle majorité, mais relativise leur portée, affirmant que beaucoup de ces personnalités « n'étaient plus actifs dans le parti depuis 2 ans ». Il regrette toutefois que certains partants n'aient pas restitué les mandats obtenus sous l'étiquette de l'APR avant de rallier un autre camp, citant en exemple l'attitude de Macky Sall en 2008.
Sur la nouvelle formation présidentielle elle-même, il se montre plus tranchant encore, estimant que ses membres ne partagent « aucune autre idéologie que celle de la préservation des privilèges » liés aux nominations présidentielles. Il y voit un rassemblement conjoncturel né de la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, plutôt qu'un projet politique structuré autour de valeurs communes.
Interrogé sur le soutien officiel de l'État sénégalais à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, Hamidou Anne y voit « un acte symbolique et uniquement diplomatique », sans rapprochement politique entre l'APR et le pouvoir en place. Il rappelle que le parti reste « radicalement dans l'opposition », tout en revendiquant une opposition « exercée de manière responsable et républicaine ».
Le responsable de l'APR a par ailleurs détaillé les grands axes du programme alternatif en construction au sein de son parti — exigence sur les questions régaliennes, sérieux budgétaire, ouverture économique vers le Sud global et volontarisme social — ainsi que trois réformes jugées prioritaires : la justice, l'éducation et l'économie. Il a également plaidé pour l'élargissement de la déclaration de patrimoine à l'ensemble des membres de l'exécutif et pour l'instauration d'une déclaration d'intérêt.