L’avocat El haj Amadou Sall avait accompagné le fils de l’ancien Président à la Cour de répression de l’enrichissement illicite. A la sortie de son face à face avec le Procureur spécial qui lui a notifié sa mise en demeure de justifier la fortune de 691 milliards de francs Cfa qui lui est reprochée, Karim Wade n’a pu s’adresser à la presse. Me Sall l’a fait à sa place. Et c’est pour dire devant ses confrères, Me Ciré Clédor Ly et Demba Ciré Bathily, que «c’est une page de l’histoire qui est en train d’être écrite».
Me Sall d’ajouter : «Depuis huit mois, tous les services et certains grands Etats-Unis ont été mis à contribution. On a parlé à la fois des Etats-Unis, avec un Procureur fédéral et, parfois même, de la Cia, la Grande Bretagne, la France, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Tous ces organismes, pendant tout ce temps, ont cherché partout. Dans leur propre pays, la sous-région et au niveau de toutes les institutions bancaires privées comme publiques.»
Au final, relève-t-il, «il est établi par l’enquête que Karim Wade n’a pas un seul centime dans quelque compte que ce soit à l’étranger. Aucun compte n’est ouvert en son nom dans quelque pays que ce soit ; aucune somme n’a été trouvée». Le non moins responsable du Pds énumère les accusations contre M. Wade qui, selon lui, «font sourire» : «Il est reproché à Karim Wade d’être le propriétaire du Dubaï ports world, évalué à 391 milliards, de la Banque marocaine du commerce extérieur (Bmce)- Dieu merci, le souverain, sa majesté, le roi est là et les Marocains apprécieront- des sociétés Ahs au Sénégal, au Niger, en Jordanie et au Ghana, de l’Aéroport de Malabo, même cette maison-ci (Point E), la demeure de Abdoulaye Wade serait sa propriété.» Ce patrimoine cumulé des sociétés serait, dit-il, autour de 694 milliards de F Cfa. Mais, jure l’avocat, «nulle part, ni dans les actes notariés ni dans quelque autre acte ne figure le nom de Karim Wade. Même cette maison-ci, que vous connaissez, la demeure de Abdoulaye Wade, serait sa propriété».
Pour Me Sall, on a «remis en cause» les énonciations du registre foncier, des actes notariés «pour justifier l’injustifiable et évaluer une fortune qui paraîtrait colossale».