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La CAF piégée par ses propres rapports officiels
Le Sénégal a-t-il vraiment abandonné la finale de la CAN 2025 ? Les documents officiels de l'arbitre, révélés par Le Monde, balayent la thèse du forfait immédiat. Ces écrits remettent totalement en cause la victoire judiciaire accordée au Maroc
 
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1003857
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(SenePlus) - Dans une enquête exclusive parue ce 5 avril 2026, le quotidien français Le Monde lève le voile sur les rapports confidentiels entourant le scandale de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025. Le journaliste Mustapha Kessous a pu consulter les procès-verbaux de l'arbitre et le verdict détaillé de la commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF). Ces documents contredisent frontalement la récente décision du jury d'appel qui a retiré le trophée au Sénégal sur tapis vert.

Le cœur du litige réside dans l'interruption du match à la 97e minute, lorsque les joueurs sénégalais, ulcérés par un penalty accordé au Maroc après arbitrage vidéo, ont quitté la pelouse. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) s'est empressée d'invoquer l'article 82 du règlement de la compétition : toute équipe abandonnant le terrain sans autorisation est déclarée forfait.

Pourtant, le compte rendu officiel de l'arbitre congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala, révélé par Le Monde, ne fait état d'aucun abandon définitif. Le maître du jeu indique simplement qu'à « la 97e minute, il y a eu un arrêt de jeu temporaire ». Il précise que les joueurs sont rentrés au vestiaire sur instruction de leur entraîneur, avant de revenir sur la pelouse environ douze minutes plus tard, après l'intervention du responsable de la sécurité. Le penalty marocain a alors pu être tiré (et raté), et le Sénégal a remporté la finale (1-0) en prolongation.

C'est précisément sur cette base factuelle que la commission de discipline de la CAF, réunie le 27 janvier, a tranché en faveur du Sénégal. Dans ses motivations rendues le 11 février et consultées par le quotidien français, l'instance disciplinaire rappelle une évidence : l'arbitre demeure « l’autorité suprême et le maître de cette rencontre ».

Le revirement incompréhensible du jury d'appel

Les jurés estiment que le Maroc fait une lecture trop stricte du règlement. Ils soulignent qu'il n'est stipulé nulle part « qu’un match doit être définitivement abandonné à la suite du départ d’une équipe du terrain pour que le forfait s’applique ». La commission conclut sans appel qu'on « ne peut pas affirmer que l’arbitre a commis une erreur fondamentale en autorisant ce match à se dérouler jusqu’à son terme définitif ». En outre, les juges notent qu'à la reprise du jeu, la partie marocaine « n’a formulé aucune protestation contre cette décision ».

Malgré ce premier verdict clair qui maintenait le Sénégal champion d'Afrique (tout en lui infligeant une très lourde amende de 715 000 dollars pour son attitude), le jury d'appel de la CAF a provoqué un immense scandale le 17 mars. À l'issue d'une audience expéditive sur Zoom, qualifiée de « braquage administratif » par les avocats sénégalais, l'instance a déclaré le Sénégal forfait et accordé une victoire 3-0 au pays hôte marocain.

La composition de ce jury d'appel suscite d'ailleurs de lourds soupçons, le Sénégal pointant du doigt la présence d'un dirigeant tunisien en situation potentielle de conflit d'intérêts. Même le président de la CAF, Patrice Motsepe, s'en est offusqué publiquement fin mars : « C’est quoi ce bordel ? », rapporte Le Monde.

Désormais, le sort de cette Coupe d'Afrique repose entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS). Comme le souligne l'enquête du quotidien français, les deux fédérations dénoncent l'incompétence d'une CAF incapable d'assumer ses propres règlements et l'autorité de ses arbitres.

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