Initiée par Amy Sarr Fall, la 5e édition de la grande rentrée citoyenne, qui avait pour mentor le président Macky Sall, s’est déroulée hier. le chef de l’Etat en a profité pour raconter son itinéraire aux étudiants et lycéens, venus des différents établissements de formation du pays. il leur a recommandé de croire en eux et d’avoir de foi.
Lancée en 2012, la Grande rentrée citoyenne a vu beaucoup de personnalités raconter leurs parcours aux étudiants pour leur permettre de persévérer et d’avoir des repères. Pour cette 5e édition, le mentor était le Président Macky Sall qui trouve toujours agréable et instructive la compagnie des plus jeunes. «La jeunesse n’est pas seulement l’âge du refus, elle peut emprunter le chemin de la responsabilité et de la citoyenneté pour un avenir constructif. Chaque parcours est un parcours singulier et donc différent», affirme le chef de l’Etat.
Né à Fatick, de parents originaires de la région de Fouta qui ont migré vers le Sine, il a fait une partie de ses humanités à Kaolack. «Fatick est une terre de partage et de brassage. Après le lycée Gaston Berger devenu le lycée Valdiodio Ndiaye, j’ai été admis à l’Institut des Sciences de la Terre où j’ai obtenu mon diplôme en géologie», soutient-il. Comme tous les jeunes, il a connu des moments d’incertitudes car ce n’était pas évident de trouver du boulot. «J’ai chômé après mon diplôme. Je devais partir en Italie pour faire mon doctorat, mais comme j’ai été un bouillant étudiant qui faisait des grèves et que j’avais été sanctionné, je ne suis pas parti. Alors que j’avais pris congé de ma famille», se rappelle- t-il. Ne trouvant pas de boulot, il commence à être gagné par l’incertitude. «Par une connaissance fortuite, j’ai fait mon stage à la société des phosphates de Thiès et aux Mines de Lam-Lam. J’y ai fait 6 mois avec un salaire de 60.000 Fcfa. Après, je suis retournée à la Fac pour faire mon doctorat. C’est par la suite que je suis allé à Petrosen comme Ingénieur et j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir directeur général en 2000, après l’alternance », relate-t-il en insistant sur le fait qu’il est un pur produit de l’école publique sénégalaise.
«Je remercie mes parents qui, malgré des moyens très faibles, m’ont inculqué la culture du courage et de la dignité qui m’a permis de surmonter les vicissitudes de la vie avec force et détermination. Beaucoup de jeunes de ma génération, malgré des moyens très faibles, ont bravé les pressions de la vie », affirme-t-il avant d’ajouter : «avec la volonté et la persévérance, vous pouvez franchir les frontières de l’impossible ».
«LORSQU’ON A VOULU M’IMPOSER DES CHOSES A L’ASSEMBLEE NATIONALE, J’AI DEMISSIONNE ET PRIS MON DESTIN EN MAIN»
Conscient que la génération actuelle est celle de l’internet, le Président Macky Sall l’invite à davantage de prudence. «Vous êtes dans un monde globalisé avec les réseaux sociaux, vous êtes en contact avec le monde entier, vous faites face à des nouvelles menaces. Il faut faire très attention au terrorisme, au radicalisme, aux changements climatiques, aux migrations clandestines », recommande le président de la République. Macky Sall d’ajouter à l’endroit de l’auditoire constitué en majorité d’étudiants et d’élèves : «il vous appartient de choisir votre projet de vie et de le construire. Il faut se dire que tout est possible, même si tout ne dépend pas de vous».
S’agissant de son fulgurant parcours politique, il soutient qu’il n’avait pas d’ambitions présidentielles. «Je n’avais pas l’ambition d’être président de la République, même en tant qu’homme politique. Jusqu’à l’Assemblée nationale où on m’a imposé un combat, mon seul engagement c’était de donner satisfaction au président de la République d’alors», dit-il avant de souligner : «mais lorsqu’on a voulu m’imposer une chose à l’Assemblée nationale, j’ai dit non. Et puisqu’il en est ainsi, je vais prendre mon destin en main.
J’ai démissionné de tous mes mandats et je suis devenu simple citoyen sans passeport diplomatique, ni rien. Lorsque j’ai démissionné, je ne savais pas où aller et c’était des moments d’incertitude. L’avenir appartient à Dieu et on ne peut pas dire que je vais être président de la République. Mais, il y en a qui deviennent fous à cause de cela. On peut avoir de l’ambition, mais il faut la nourrir avec lucidité et foi», martèle-t-il. Si elle a invité le président de la République, explique l’initiatrice de l’évènement Amy Sarr Fall, c’est parce qu’elle est animée par un sentiment de citoyenneté. «Demain commence par aujourd’hui. Il faut être leader dans sa génération ; non pas seulement un leader politique mais dans d’autres domaines comme la médecine, la littérature, les arts, l’administration, la presse entre autres», affirme la directrice d’«Intelligences Magazine».