L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) prévoit pour 2026 une saison des pluies complexe au Sénégal. Entre un démarrage tardif, un déficit global de précipitations et un risque accru d’événements extrêmes en fin de saison, les prévisions appellent à une vigilance maximale des autorités et du monde rural.
Une installation poussive et des risques de «faux départs» ? La saison des pluies 2026 s’annonce atypique. Réunie mercredi à Dakar lors d’un atelier consacré aux prévisions climatiques, l’Anacim a dressé un tableau préoccupant : l’hivernage sera marqué par un démarrage laborieux et un cumul pluviométrique globalement insuffisant. Selon Oumar Konté, directeur de la Météorologie à l’Anacim, les premières tendances pour la période mai-juillet indiquent des précipitations en dessous des normales saisonnières. «Au Sénégal, on s’attend, pour la première partie de la saison, à des pluies déficitaires», a-t-il affirmé. Ce déficit initial devrait s’accompagner de longues pauses sèches, faisant craindre des «faux départs» préjudiciables aux semis.
Si une amélioration est attendue à partir du mois d’août grâce au renforcement de la chaleur, ce retour des pluies ne compensera pas le manque à gagner hydrique de début de saison. Pire, ce décalage du calendrier habituel fait peser une menace sur le mois d’octobre. «Il y aura un léger mieux», tempère Oumar Konté, tout en précisant que cette reprise pourrait être violente. La concentration des précipitations sur une période réduite augmente la probabilité de phénomènes extrêmes. L’expert avertit : «Des pluies intenses pourraient causer des inondations majeures.»
Un appel à l’anticipation et à la résilience
Face à ces signaux alarmants, l’heure est à la mobilisation. Ce scénario de «saison sous tension» impose une adaptation rapide : une vigilance accrue sur le choix des semences et des cycles de culture face aux pauses sèches pour le monde agricole, et une accélération des travaux de curage et de prévention des inondations avant le pic redouté de fin de saison pour les zones urbaines.
Cette configuration climatique inédite met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité du pays face aux aléas du changement climatique et souligne l’urgence de renforcer les capacités de résilience nationale.