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Par Moussa Barro
L’Affaire de la cité, et non du sacré
Le Maitre qui a en charge l’enseignement du Coran a souvent de quoi l’habiller et le nourrir mais son devoir de Cheikhou Tarbiyya l’oblige à laisser le talibé dans une difficulté contrôlée et très mesurée ce, pour une durée définie.
 
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Matlabul Fawzaïny : « (Allah) Fais de ma demeure, la cité bénie de Touba, un lieu de rédemption, un sanctuaire de droiture et de piété, et préserve-la des souillures du péché et de l’innovation blâmable. »

Massalikoul Jinan : « Touba est demeure du savoir et de la bonne conduite. »

Ces Lignes bénies de KHADIMOU RASSOUL mettent en relief quintessence et essence même de l’Edification des Cités Religieuses, et prétendre le contraire est démagogie.

Il ne faudrait surtout pas confondre les rôles et transférer une compétence à une personne à qui elle ne sied pas. Poser La question: « La foi doit-elle précéder les conditions de vie dans Les Cités Religieuses ? » n’est pas lucrative piste. La vraie question c’est : qui a la prérogative, surtout l’obligation de créer les conditions de vie dans Les Cités Religieuses ? Là, il serait unanimement bon de savoir que la tâche incombe à nos dirigeants politiques dans la mesure où ce sont eux qui gèrent les affaires de la cité. Les Guides Religieux sont dans leur rôle qui est d’éduquer et de former la jeunesse du Sénégal sans contrepartie. De surcroît, Ils construisent sur fond propre, des Mosquées, des internats et assurent l’approvisionnement des Daras sans jamais rien attendre de l’Etat. Ce fait n’est ni fortuit ni anodin, car Ces Guides Religieux paient à eux seuls les factures de milliers de talibés et veillent sur leur santé et à leur bien-être. Et ces actions sont du ressort de nos autorités. Ces Gens de la Religion s’attèlent à ce difficile exercice, dans le but de ne point faillir à leur devoir. Par contre, Il est très clair que pour le Musulman, la foi précède les conditions de vie, car : « Ikra !» n’est et n’a pas d’ambiguïté. Donc, c’est l’Etat du Sénégal que le devoir revient de veiller à ce que Les Cités Religieuses aient :

  • Un Statut Spécial, ex :La Ville de Touba, en Erigée en « Vatican Musulman »
  • Des Sièges réservés à l’Assemblée Nationale comme à la chambre des lords au Royaume-Uni
  • Le Pouvoir d’accorder une grâce ou le pardon aux prisonniers comme aux Etats-Unis et en Inde
  • Des réseaux d’eau et d’assainissement
  • Des infrastructures sanitaires
  • Des établissements scolaires
  • Des routes et services publics

Il faut faire attention et éviter l’amalgame dans les explications car il n’est pas approprié de parler de conditions de vie dégradées dans Les Cités Religieuses. Dans les faits, ce que nous observons dans Ces Lieux n’est pas une défaillance de condition de vie, il s’agit plutôt ici, de la Tarbiyya. C’est un Créneau Syncrétique qui trouve ses racines dans l’Islam originel, et a pour objectif d’enseigner au talibé l’endurance, la patience, la détermination, la foi, le pardon, la simplicité, l’amour pour son terroir. De plus, il inculque à l’enfant le sens aigu du partage. En lui, il efface la jalousie, l’égoïsme, l’avarice, la cupidité, bref, les tares du cœur. Il est rare de voir un ancien pensionnaire des Daras qui est orgueilleux. Le Maitre qui a en charge l’enseignement du Coran a souvent de quoi l’habiller et le nourrir mais son devoir de Cheikhou Tarbiyya l’oblige à laisser le talibé dans une difficulté contrôlée et très mesurée ce, pour une durée définie. La Tarbiyya est une méthode éducative qui fait toujours de sorte que l’enfant, une fois adulte, soit pétri de science tout en restant très humble. 

La preuve, des Icones comme Serigne Bassirou Mbacké Building, Serigne Sam Mbaye, Cheikh Anta Diop, El Hadji Djily Mbaye,Abdoulaye Wade, Mbackiyou Faye, Serigne Mboup, El Hadji Mansour Sy Djamil, plus récemment Ahmadou Al Aminou Lô et tant d’autres sont des Doomu Daaras. En effet, ces Nongo-Daaras que nous voyons dans les rues des Cités Religieuses et dans un état qui laisse à désirer, grandissent et deviennent des décideurs certifiés au service de leur nation.

Il n’est pas louable pour les critiques que nous sommes de nous éloigner des principes fondamentaux des Cités Religieuses. L’Etat doit les accompagner comme on le note dans tous les pays du monde. Le gouvernement du Sénégal a le devoir leur apporter un soutien financier, technique et logistique. L’Etat du Senegal doit s’assurer que le coût de la vie beaucoup soit plus supportable pour les daaras en proposant des prix spécifiques sur les denrées alimentaires et sur les produits sanitaires. Que le gouvernement du Sénégal fasse de sorte que les Daaras ne paient plus l’eau et l’électricité comme dans nos écoles et universités publiques. Le Carnaval de Rio Janeiro est célébré chaque année au Brésil et c’est l’état brésilien qui déploie les moyens nécessaires durant des jours et encadre tous les participants sur plan sanitaire et militaire, ce, pour un bon déroulement de l’évènement. Si cela est permis pour une simple distraction, qu’attendons-nous alors pour soutenir ces Cités Religieuses aux responsabilités étatiques ?

Moussa Barro, 
Professeur d’allemand au Lycée Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké de Diourbel

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