L'appel à candidature s'impose progressivement comme un nouveau mode de sélection des hauts cadres de l'État. Déjà appliquée à plusieurs nominations stratégiques, cette procédure est présentée par le Bureau Organisation et Méthodes (BOM) comme un levier de transparence, de performance et de professionnalisation de l'administration publique. Le gouvernement privilégie toutefois une mise en œuvre progressive avant une éventuelle généralisation.
Le gouvernement sénégalais poursuit la modernisation de l'administration publique en faisant de l'appel à candidature un instrument privilégié pour le recrutement de certains hauts responsables. Après les nominations intervenues à l'Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC), à l'Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), dans plusieurs universités publiques et, plus récemment, à l'Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), cette procédure tend à s'inscrire durablement dans les pratiques de gouvernance. Invité de l'émission Point de vue, de la RTS, le directeur général du Bureau Organisation et Méthodes (BOM), Amadou Lamine Sy, a défendu cette réforme comme un moyen de renforcer la méritocratie au sein de la fonction publique.
Selon lui, l'appel à candidature garantit l'égal accès aux emplois publics en privilégiant les compétences et l'évaluation objective des profils. Pour le responsable du BOM, la qualité des ressources humaines constitue désormais un facteur déterminant de la performance de l'État. Dans un contexte de concurrence entre administrations pour attirer les investissements, favoriser la création d'emplois et soutenir la croissance, disposer des meilleurs profils devient, selon lui, un impératif stratégique.
UNE RÉFORME DÉJÀ MISE EN ŒUVRE
Amadou Lamine Sy a rappelé que cette procédure est appliquée depuis 2024 à plusieurs nominations de haut niveau. Il a notamment cité la désignation de six recteurs d'université ainsi que la nomination des membres des collèges de l'OFNAC et de l'ARTP. Selon lui, ces recrutements ont été conduits par des comités de sélection indépendants, chargés d'évaluer les candidatures selon des critères objectifs. Il a également souligné que l'autorité de nomination avait respecté les avis techniques formulés par ces comités, renforçant ainsi la crédibilité et la transparence du processus.
UNE GÉNÉRALISATION PROGRESSIVE
Le directeur général du BOM a toutefois précisé que cette démarche n'a pas vocation à modifier immédiatement l'ensemble des procédures de nomination dans la fonction publique. Le gouvernement a choisi une approche graduelle fondée sur l'expérimentation. « Avant de généraliser une réforme, il faut d'abord la tester », a-t-il expliqué, évoquant l'exemple de la France, qui avait expérimenté pendant plusieurs années sa réforme budgétaire fondée sur la gestion axée sur les résultats avant de l'étendre à l'ensemble de son administration. Dans cette première phase, l'appel à candidature concerne principalement les autorités administratives indépendantes. Ce choix s'explique par le rôle stratégique de ces institutions, appelées à réguler des secteurs sensibles, ainsi que par la nécessité de renforcer leur indépendance à travers des procédures de sélection fondées sur les compétences.
VERS UNE NOUVELLE GOUVERNANCE DES EMPLOIS PUBLICS
Au-delà des nominations, cette réforme vise à faire évoluer durablement les pratiques de gestion des ressources humaines de l'État. Pour Amadou Lamine Sy, l'administration doit progressivement s'approprier cette nouvelle culture de recrutement afin de promouvoir la transparence, le mérite et la performance. À terme, cette évolution devrait contribuer à instaurer un mode de gestion des emplois publics davantage fondé sur les compétences, la responsabilité et l'efficacité, en phase avec les ambitions de modernisation de l'administration sénégalaise.