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Le grand bluff de la réforme judiciaire sous Pastef
La mainmise du pouvoir politique sur la carrière des magistrats reste absolument intacte deux ans après l'élection de Diomaye. La contradiction d'un pouvoir qui maintient délibérément la fragilité statutaire des magistrats pour asseoir son autorité
 
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1003834
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(SenePlus) - Dans une enquête fouillée publiée par Jeune Afrique ce vendredi 3 avril, les journalistes Marième Soumaré et Mawunyo Hermann Boko dressent un constat amer sur l'état de la justice sénégalaise deux ans après l'arrivée au pouvoir de Pastef. Si Ousmane Sonko promettait ardemment de garantir l'indépendance des juges lorsqu'il était dans l'opposition, son action à la tête du gouvernement semble dessiner une réalité tout autre, marquée par l'inertie des réformes et des pressions continues sur l'appareil judiciaire.

Le remaniement discret du 16 septembre 2025 en est la parfaite illustration : le magistrat respecté Ousmane Diagne a été remplacé au ministère de la Justice par Yassine Fall, une fidèle alliée du chef du gouvernement. Ce limogeage fait suite au refus de M. Diagne d'exercer des pressions sur les juges. De son côté, Ousmane Sonko assume une posture de confrontation, accusant publiquement certains magistrats d'avoir été corrompus pour entraver sa candidature présidentielle.

Les recommandations historiques des assises de la justice de mai 2024 dorment toujours au fond des tiroirs gouvernementaux. Malgré une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Même si, d'après JA, "certains projets de loi auraient déjà été rédigés par une commission spéciale".

Pour les spécialistes du droit cités par le magazine panafricain, l'exécutif conserve un « pouvoir exorbitant » sur la carrière des juges à travers le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). L'ancien magistrat Ibrahima Dème affirme d'ailleurs dans les colonnes de Jeune Afrique que le parti présidentiel cherche à « domestiquer la justice pour en faire un instrument contre leurs adversaires politiques », à l'instar de l'ancien régime de Macky Sall. La relance de la Haute Cour de justice, perçue par l'opposition comme une machine à « guillotiner les adversaires », renforce ces craintes d'une justice d'exception.

Malgré ces tentatives d'influence, l'article souligne la résilience de certains magistrats qui parviennent à préserver leur indépendance. Toutefois, les auteurs de l'enquête préviennent qu'en reproduisant les travers du système précédent et en affichant un « bilan immatériel » décevant, les dirigeants de Pastef s'exposent au même rejet populaire qui a scellé la fin du mandat de Macky Sall.

"Le Sénégal a un avantage : il dispose de magistrats indépendants et bien formés, dont la compétence pallie les insuffisances du système. Mais les mêmes causes finiront par produire les mêmes effets", idnique un spécialiste de la justice, interroge par Jeune Afrique.

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