Skip to main content
Moussa Diaw analyse le « désarroi » présidentiel et la fissure du duo exécutif
Entre sentiment d'isolement, rivalités partisanes et réformes constitutionnelles, l'universitaire dresse le portrait d'un régime à l'épreuve de ses propres contradictions
 
ID
1004605
{"id":1004605,"title":"Moussa Diaw analyse le « désarroi » présidentiel et la fissure du duo exécutif","subheadline":"Entre sentiment d'isolement, rivalités partisanes et réformes constitutionnelles, l'universitaire dresse le portrait d'un régime à l'épreuve de ses propres contradictions","image":"/sites/default/files/2026-05/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-05-03%20a%CC%80%2015.54.10.png","link":"/article/le-pr-moussa-diaw-analyse-le-desarroi-presidentiel-et-la-fissure-du-duo-executif"}
  • https://www.youtube.com/watch?v=xESpb0xJL1g

(SenePlus) - Reçu par Baye Omar Gueye dans l’émission « Objection », Moussa Diaw, professeur agrégé de Sciences politiques à l’Université Gaston Berger, a passé au crible la sortie médiatique du président Bassirou Diomaye Faye. Entre sentiment d'isolement, rivalités partisanes et réformes constitutionnelles, l'universitaire dresse le portrait d'un régime à l'épreuve de ses propres contradictions.

L'exercice de l'entretien face à la presse, censé rassurer, a laissé transparaître des failles béantes dans l'appareil d'État sénégalais. Pour le Pr Moussa Diaw, l'attitude du chef de l'État lors de sa récente interview révèle un malaise profond, né d'une dualité de pouvoir de plus en plus difficile à occulter.

Un président « seul » et « marginalisé » ?

L'analyse de l'enseignant-chercheur est sans appel : le président Bassirou Diomaye Faye semble traverser une crise de légitimité au sein même de sa famille politique. En tentant de dissocier le « projet » de la « personnalisation » (en référence à Ousmane Sonko), le chef de l'État chercherait, selon le Pr Diaw, à regagner un terrain politique qui lui échappe.

« Cette réaction-là montre bien un homme seul où ses ambitions politiques n'ont pas de chance d'aboutir parce qu'il sent qu'il y a une étroitesse de l'espace politique sénégalais ; il n'a plus cette marge de manœuvre-là », a analysé Moussa Diaw. L'universitaire perçoit dans les réponses présidentielles un « désarroi » face à la montée en puissance de son Premier ministre, qui conserve la mainmise sur la base militante du Pastef

Le politologue souligne que les divergences ne sont plus seulement de l'ordre du ressenti, mais s'inscrivent désormais dans les faits. La bataille pour le contrôle du parti et les manœuvres autour de la coalition « Diomaye Président » illustrent cette lutte d'influence. Diaw note une forme de « bataille rangée » entre les deux têtes de l'exécutif, exacerbée par les récentes initiatives parlementaires.

Pour l'invité de Sud FM, le duo symbolique qui avait suscité tant d'espoir est aujourd'hui fracturé. « On sent bien une forte tension, des divergences qui apparaissent dans le discours du président de la République et c'est dommage, car le duo a été symbolisé, a soulevé un certain nombre d'espoirs, et maintenant il traverse une crise, il y a une fissure », a-t-il déclaré au micro de Baye Omar Gueye.

Réformes institutionnelles : entre calcul politique et urgence démocratique

L'émission a également abordé les quatre avant-projets de loi portant révision de la Constitution. Si Diaw salue la volonté de réformer, il s'interroge sur la sincérité de la démarche et le timing, à l'approche des échéances locales de 2027. Il pointe notamment l'instrumentalisation possible des articles L29 et L30 du code électoral, des outils utilisés par le passé pour écarter des adversaires politiques.

Il appelle à une véritable séparation des pouvoirs, estimant que changer le nom du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle ne suffira pas si les pratiques ne changent pas. L'indépendance de la justice reste, selon lui, le défi majeur pour stabiliser la démocratie sénégalaise et éviter que le pays ne reste « piégé par des ambitions politiques ».

En conclusion, Moussa Diaw exhorte le président et son Premier ministre à un « dialogue de vérité » pour préserver la stabilité nationale. Dans un contexte sous-régional instable, marqué par la crise au Mali et les menaces sécuritaires au Sahel, l'universitaire rappelle que le Sénégal ne peut se payer le luxe d'une paralysie institutionnelle née de susceptibilités personnelles au sommet de l'État.

1004605
ID
1004605
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3