L’Agence nationale des affaires maritimes (Anam) a réuni hier les acteurs du secteur pour poser les bases d’un ambitieux projet de plaisance et de transport maritime reliant Dakar à Mbour. Conçu sous la forme d’un Partenariat public-privé (Ppp), ce programme vise non seulement à désengorger la capitale, mais aussi à stimuler l’économie locale et à créer de nombreux emplois pour les jeunes et les femmes.
L’idée de Maître Abdoulaye Wade de créer un réseau de transport maritime reliant Dakar à Rufisque avait, en son temps, suscité un grand enthousiasme chez les Sénégalais. Cependant, ce projet ambitieux, qui devait contribuer à fluidifier le trafic dans les rues de la capitale, n’a jamais vu le jour sous le magistère du «Pape du Sopi». Mais aujourd’hui, les chances de voir une telle initiative se concrétiser sont réelles.
Encore méconnue sous nos cieux, la plaisance s’apprête à faire son apparition au Sénégal. Cette activité, prisée des passionnés de la mer, a d’ailleurs fait l’objet d’une table ronde hier entre les différents acteurs du secteur. «La plaisance est une activité très répandue dans le monde, surtout dans les pays développés, et elle génère énormément de revenus et de ressources. En France, par exemple, ce secteur rapporte plus de 100 milliards d’euros chaque année. L’Etat du Sénégal nous a donc missionnés pour développer cette filière chez nous», a informé Bécaye Diop, Directeur général de l’Anam. L’objectif de cette rencontre était de jeter les bases d’un projet intégré dédié à la plaisance.
Un projet Dakar-Mbour pour désengorger la capitale
«Le projet de bateaux-taxis sera directement adossé à celui de la plaisance. A la demande de l’Etat, nous prévoyons de mettre en place une ligne de bateaux-taxis reliant Dakar à Mbour», a précisé le Directeur général. Selon lui, l’intérêt de cette initiative réside dans sa transversalité, prenant en compte tous les aspects socioéconomiques associés.
C’est tout le sens de l’atelier organisé hier, qui a permis de poser un premier diagnostic de faisabilité. «C’est un avant-goût du projet. Nous discutons aujourd’hui de la plaisance pour établir un canevas à partir de ces échanges. Une fois ces fondations posées, nous lancerons des études approfondies pour stabiliser un projet dynamique et viable», a-t-il expliqué.
Le défi du financement et de l’emploi
Pour atteindre cet objectif, les acteurs n’ont pas occulté le nerf de la guerre. Conscients que la construction d’infrastructures portuaires adaptées requiert des moyens conséquents, ils comptent proposer un modèle de Partenariat public-privé (Ppp), ainsi que d’autres stratégies de financement innovantes.
Au-delà du désengorgement routier de la presqu’île de Dakar, ce projet de bateaux-taxis s’annonce comme un puissant levier économique, porteur de revenus et de création d’emplois durables, en particulier pour les jeunes et les femmes.