(SenePlus) - Dans un article publié ce 6 avril 2026 sur SportNews Africa, le journaliste Malick Bamba révèle les détails très attendus de la décision motivée de la Confédération africaine de football (CAF). Trois semaines après avoir accordé la victoire sur tapis vert au Maroc (3-0), le Jury d'Appel a enfin transmis ses arguments à la Fédération sénégalaise de football (FSF). Ce document, consulté par le média sportif, expose une série de justifications juridiques qui suscitent l'incompréhension à Dakar et qui serviront de base au recours déposé devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Le point le plus épineux de ce dossier réside dans la hiérarchisation des témoignages officiels. Pour justifier la disqualification du Sénégal, le Jury d'Appel s'est appuyé sur les rapports de l'arbitre, du commissaire de match et du coordonnateur de la finale. Cependant, SportNews Africa révèle une divergence fondamentale dans l'appréciation des faits de la 97e minute.
Alors que l'arbitre congolais Jean-Jacques Ndala n'a consigné dans son rapport qu'une « interruption temporaire du match d’environ 12 minutes », sans jamais utiliser le terme d'abandon définitif, le Jury s'est rangé derrière la version du coordonnateur de la finale. Le document officiel de la CAF stipule ainsi : « Vue : le rapport du coordinateur de la finale, le Sénégal est déclaré forfait pour abandon de terrain, conformément aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN. »
Cette lecture des faits indigne la délégation sénégalaise. Citée par le journaliste Malick Bamba, une source interne à la FSF dénonce une décision où « les lois du jeu n’ont pas été respectées ». Le camp sénégalais souligne par ailleurs qu'aucune réserve technique n'a été déposée par les Marocains au moment où le jeu a repris sur la pelouse.
Un vainqueur privé de ses attributs
L'autre grand paradoxe soulevé par les motivations du Jury d'Appel concerne l'application concrète de la sanction. Si le Maroc est officiellement déclaré vainqueur (3-0), le Jury s'est déclaré incompétent pour exiger la restitution des récompenses déjà distribuées. « Le Jury rejette les demandes de retrait du trophée, des médailles et des primes formulées par la Fédération Royale Marocaine de Football, ces demandes ne relevant pas de notre compétence », indique le document consulté par SportNews Africa.
Cette situation juridique ubuesque laisse donc le Maroc vainqueur sur le papier, mais sans coupe ni prime, le président de la CAF Patrice Motsepe ayant refusé de statuer sur ce point en attendant le verdict final du TAS. Une faille que les avocats du Sénégal comptent bien exploiter à Lausanne.
Désormais porté devant la plus haute juridiction sportive, le litige se transforme en guerre d'usure. Selon Malick Bamba, les deux nations adoptent des stratégies opposées : le Sénégal réclame une procédure accélérée pour récupérer son titre au plus vite, tandis que la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) refuse l'urgence, exigeant du temps pour préparer une défense « rigoureuse et complète ».
Conséquence directe de cette bataille procédurale : le verdict du TAS pourrait n'être rendu que d'ici 9 à 12 mois. D'ici là, conclut SportNews Africa, les Lions de l'Atlas devraient aborder la Coupe du monde 2026 auréolés d'un statut de champions d'Afrique toujours suspendu à une décision de justice.