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L'INDEPENDANCE DU JUGE, C'EST DONC LA SOUMISSION A LA LOI
Mamadou Badio Camara, premier président de la Cour suprême
 
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94128
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Le premier président de la Cour suprême est favorable à une indépendance de la magistrature synonyme d’une soumission à l’autorité de loi. Selon Mamadou Badio Camara, indépendance de la justice ne signifie pas « faire ce que l’on veut ». Il s'est exprimé lors de la rentrée des Cours et tribunaux.

« L’indépendance de la justice, qui nous est si chère, ne peut être assimilée à une autorisation de faire ce que l’on veut. Elle est définie dans la Constitution qui proclame que les juges ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi : l’indépendance du juge, c’est donc la soumission à la loi, rien que la loi et toute la loi ». C’est en ces termes que Mamadou Badio Camara a attaqué la brûlante question de l’indépendance de la magistrature.

Poursuivant, il a relevé que cette indépendance « n’est pas un privilège ou une faveur accordée aux juges dans leur intérêt personnel ou pour leur confort: c’est une garantie de respect de la loi et des droits de l’homme, par une application impartiale du droit ».

Selon le premier président de la Cour suprême du Sénégal, le fait d’adopter des comportements contraires à la loi pourrait nuire à la crédibilité de la Justice, à sa capacité à faire face à ses missions, en toute indépendance, c'est-à-dire conformément à la loi. « Il importe aussi de souligner que, face au principe d’indépendance, il y a le principe de la responsabilité qui commande qu’au fur et à mesure que s’accroit l’importance du pouvoir judiciaire en démocratie, grandit également la nécessité, pour les magistrats, de répondre de leurs comportements », a prévenu le magistrat.

Appuyant son propos, M. Camara a souligné qu’en matière disciplinaire notamment, la responsabilité du magistrat peut être engagée pour manquement à l’honneur, à la délicatesse, à la dignité et, en définitive, à l’obligation de réserve qu’imposent les fonctions.

« En vérité, avoir la responsabilité d’appliquer la loi, au nom du Peuple, de juger ses semblables, de disposer de leur liberté et de leurs biens, doit être considéré comme un sacerdoce, qui n’a pas de prix ! », a rappelé le président de la Cour suprême. Pour lui, les indemnités qui sont allouées aux magistrats, et qui ont « fait couler beaucoup d’encre et de salive », constituent une contrepartie des obligations particulières qui leur incombent, en vertu de la loi.

« C’est pourquoi, nous sommes au rejet de l’affirmation selon laquelle les magistrats sont « les enfants gâtés de la République », mais il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression d’agiter le chiffon rouge d’un gouvernement des juges, qui ne saurait prospérer dans une démocratie : l’Exécutif a l’initiative des projets de loi, le Législatif a l’initiative des propositions de loi et du vote des lois, le Judiciaire applique les lois. L’État de droit a pour fondement le respect de la séparation des pouvoirs », a précisé Mamadou Badio Camara.

 

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