MAIRIE DE KAOLACK FADILOU KEÏTA CHARGE SERIGNE MBOUP SUR LE DOSSIER «CŒUR DE VILLE»
La guerre des mots est désormais ouverte à Kaolack. Entre révélations et répliques attendues, le débat public s’intensifie autour de la gestion municipale avec un focus particulier sur le projet « Cœur de ville ». Les sorties récentes de Fadilou Keïta, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et responsable politique du parti Pastef, visent directement l’actuel maire, Serigne Mboup. Face à la presse à Kaolack, le 4 avril dernier, Fadilou Keita a lancé un hommage aux forces de défenses et de sécurité à l’occasion de la fête de l’indépendance. Poursuivant ses déclarations, le figure du parti Pastef a lancé une offensive contre le maire de Kaolack, Serigne Mboup sur la gestion contestée du projet « Cœur de ville ». Il n’a pas mâché ses mots et a invité l’État à renégocier le contrat liant la municipalité. Selon lui, l’État du Sénégal a été lésé, et le projet souffre de multiples « manquements ». Le responsable politique a posé le cadre : « Nous, Kaolackois, disons merci à l’État du Sénégal pour cette bonne initiative de renégociation des contrats. Mais nous disons aussi que ce contrat Cœur de ville de Kaolack doit en faire partie, car nous voulons des ressources additionnelles pour la collectivité, qui fut par le passé la deuxième commune la plus importante du Sénégal. »
MAIRIE DE KAOLACK FADILOU KEÏTA CHARGE SERIGNE MBOUP SUR LE DOSSIER «CŒUR DE VILLE» (BIS)
Selon Fadilou Keita, un rapport de l’Inspection Général d’État (IGE) datant de 2015, à la page 107, avait déjà signalé des anomalies. « C’est un patrimoine national qui est géré par un privé concessionnaire, en l’occurrence M. Serigne Mboup. Dans ce projet, qui fait partie d’un portefeuille bien ficelé, il y a des problèmes sérieux : octroi du marché sans concurrence, absence d’études préalables. Les populations ne se sont pas appropriées ce projet. L’État, qui a donné son foncier et dépensé des sommes faramineuses, est tout simplement grugé », a‐t‐il martelé. Le projet « Cœur de ville » devait initialement coûter 12 milliards de FCFA. Mais selon M. Keita, un avenant a ajouté 5 milliards supplémentaires, dépassant de plus de 30 % le montant initial. « C’est une grosse arnaque au regard du code des marchés publics. Et cet avenant intervient deux ans avant la fin du projet ». Autre anomalie, poursuit‐il « le bureau de contrôle entretient des liens directs avec la société exécutante, ce qui laisse entrevoir un conflit d’intérêts. » Il a également dénoncé le rôle de la société Saloum Investissement et Développement (SID), dont Serigne Mboup était le président‐directeur général. « Ce nouveau contrat en dit long sur les manquements graves », a‐t‐il ajouté.
MAIRIE DE KAOLACK FADILOU KEÏTA CHARGE SERIGNE MBOUP SUR LE DOSSIER «CŒUR DE VILLE» (TER)
Selon le rapport évoqué par M. Keita, le projet « Cœur de ville » poursuivait trois objectifs : « réalisation, exploitation et transfert ». Il devait « doter Kaolack d’un centre‐ville moderne, conforme à son rôle de zone de polarisation des activités économiques, sociales et culturelles, digne d’une capitale administrative régionale ». Le contrat prévoyait également « de disposer d’un centre‐ville pionnier que les populations s’approprieraient pour en faire un lieu de loisir, de détente, de culture, de commerce et de services ». Or, à ce jour, les travaux ne sont pas achevés. « Le projet a souffert de plusieurs manquements », a résumé le directeur général de la CDC. Dans le contexte de la « vaste opération » de renégociation des contrats lancée par l’État, Fadilou Keita a plaidé pour que le dossier kaolackois soit inscrit à l’ordre du jour. « Je compte saisir les autorités compétentes pour que ce contrat soit renégocié au grand bonheur des Kaolackois. Il faut que ce projet revienne entre les mains de l’État, mais aussi de la collectivité locale, autrement dit la mairie de Kaolack. » Fadilou Keita a lancé une initiative qui consiste : « Chaque fin de mois, je ferai face à la presse pour parler de tout ce qui concerne Kaolack : la gestion de la ville, ses compétences, l’évolution de la cité, les améliorations à apporter et les manquements à rectifier. Cela pour mettre en exergue la participation citoyenne », promet‐il. La balle est désormais dans le camp du maire. Sa réplique est très attendue par les Kaolackois, qui réclament la levée de l’équivoque et souhaitent comprendre comment un projet aussi stratégique a pu dévier de ses objectifs initiaux, et à quel prix pour les finances publiques. L’homme d’affaires, également PDG du groupe CCBM, dirige la municipalité depuis son élection en 2022 et envisage de se représenter aux élections municipales prévues en 2027. En attendant, le climat politique local s’annonce déjà animé, avec plusieurs candidatures en gestation. Dans ce contexte, le dossier du « Cœur de ville » pourrait bien devenir un enjeu central du débat politique à Kaolack, cristallisant les tensions entre gouvernance locale, transparence et gestion des ressources publiques.
DEGRADATION DU MARCHE DU TRAVAIL AU SENEGAL LE TAUX DE CHÔMAGE GRIMPE À 23,3%
La dégradation du marché du travail au Sénégal grimpe crescendo. Selon les dernières statistiques publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de chômage élargi a atteint 23,3 % au quatrième trimestre de l’année 2025, soit une hausse de 3,3 points de pourcentage par rapport à la même période en 2024, où il s’établissait à 20,0 % Dans son rapport rendu public le lundi 30 mars 2026, l’ANSD met en évidence un ralentissement de la participation au marché du travail. « Au quatrième trimestre de l’année 2025, 55,5 % des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus) ont participé au marché du travail », indique l’agence. Ce niveau est en recul par rapport à 2024, où le taux d’activité était de 57,0 %, soit une baisse de 1,5 point de pourcentage en glissement annuel. L’analyse par catégorie révèle des disparités significatives. « Le niveau d’activité est plus faible chez les jeunes (47,9 %) que chez les adultes (67,5 %) », souligne le rapport. De même, les inégalités de genre persistent : « Les hommes affichent un taux de participation à la main d’œuvre supérieur à celui des femmes aussi bien en milieu urbain (64,8 % contre 47,4 % pour les femmes) qu’en milieu rural (63,6 % contre 47,1 %) ». L’ANSD précise également que « le niveau de participation est de 1,2 point supérieur en milieu urbain». La situation apparaît encore plus préoccupante lorsqu’on examine la répartition du chômage dans le marché du travail au Sénégal. «Le taux de chômage (élargi) est estimé à 23,3 % et est en hausse de 3,3 points de pourcentage par rapport à la même période en 2024 (20,0 %)», insiste l’agence. Cette progression témoigne d’une pression accrue sur le marché de l’emploi, dans un contexte économique marqué par des défis structurels. Selon la même source, les disparités territoriales restent marquées par « le taux plus élevé en milieu rural (29,2 %) qu’en zone urbaine (19,6 %) ». Cette situation traduit les difficultés persistantes d’accès à l’emploi dans les zones rurales, où les opportunités économiques demeurent limitées. De plus, les jeunes constituent la catégorie la plus vulnérable. « La tranche d’âge des 15 à 34 ans enregistre un taux de chômage de 27,4 %, contre 18,7 % chez les adultes de 35 ans et plus», précise l’ANSD. Cette situation met en exergue les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, souvent confrontés à un manque d’opportunités et à une inadéquation entre formation et emploi. Par ailleurs, les femmes apparaissent comme les plus touchées par le chômage, «quel que soit le groupe d’âge et le milieu de résidence», souligne le document. Une situation qui reflète des inégalités persistantes sur le marché du travail sénégalais. Enfin, il convient de distinguer le chômage élargi du chômage au sens strict du Bureau international du travail. «Au sens du BIT, le taux de chômage ressort à 5,4 % pour le trimestre sous revue», précise le rapport.
CONTROVERSE AUTOUR D’UNE CANDIDATURE INTERNATIONALE APDH-SÉNÉGAL S’OPPOSE A LA CANDIDATURE DE MACKY SALL A L’ONU
L’Association pour la Protection des Droits Humains (APDH‐Sénégal) a exprimé une vive opposition à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies, appelant à la transmission de sa requête à l’Assemblée générale. Dans une correspondance adressée au Haut‐Commissaire, l’organisation fait part de sa «profonde consternation» et estime que cette candidature ne saurait être retenue «en raison des graves violations des droits de l’Homme» survenues sous son régime entre mars 2021 et juin 2024. L’ONG dresse un bilan qu’elle juge « préoccupant », évoquant des cas de violences, de torture, de disparitions forcées ainsi que des répressions visant des opposants politiques et des citoyens. Selon ses estimations, plus de 80 personnes, dont des mineurs, auraient perdu la vie durant cette période. Elle affirme également que des milliers d’autres ont été blessées, contraintes à l’exil ou victimes de mauvais traitements, tandis que plus de 2 000 personnes auraient été arbitrairement incarcérées. L’APDH‐Sénégal pointe également l’adoption, en mars 2024, d’une loi d’amnistie qu’elle interprète comme une tentative d’anticiper d’éventuelles poursuites judiciaires à l’échelle internationale. Dans ce contexte, l’organisation appelle les Nations Unies à examiner cette candidature « avec la plus grande rigueur », au regard des allégations portées et des enjeux liés à la crédibilité de l’institution.
4 AVRIL A FISSEL LES CHEFS DE VILLAGE METTENT LA MAIN À LA POCHE
Fissel, dans le département de Mbour n’était pas en reste dans la célébration du 66ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Pour la réussite de l’événement, il a fallu l’engagement des chefs de villages. «Chacun des 28 chefs ont mis la main à la poche. Ils se sont tous cotisés l’achat d’un bœuf de 300.000 francs. A cela s’est ajoutée la contribution de toutes les populations qui a porté le nombre de bœuf à trois», nous a confié Bathie Sarr, responsable des jeunes Pastef à Fissel. A Fissel, tout le monde a défilé, charretiers et jakartamen, chauffeurs et apprentis, élèves et maîtres, paysans et éleveurs. «Nous avons eu droit à de belles prestations. Je remercie tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce défilé, les maires de Fissel et de Ndiaganiao, les chefs de villages, les cadres, tout le monde. Je rends hommage aux forces de défense et de sécurité qui veillent sur notre sécurité», a déclaré Madame Awa Bocoum, la Préfète de Fissel.