Ancien adjudant-chef des armées sénégalaises et officier de police judiciaire à la retraite, Moussa Cissokho affirme vivre depuis plusieurs années ce qu’il considère comme une profonde injustice administrative et financière. Après avoir consacré une grande partie de sa vie au service de l’État, il dit aujourd’hui se battre seul pour obtenir des réponses sur sa pension de retraite et sur ce qu’il qualifie de « détournement continu » de ses revenus. Huit mois après sa dernière lettre ouverte adressée au Président de la république, le 23 décembre 2025, l’ancien militaire assure que sa situation n’a connu aucune évolution. Dans une nouvelle interpellation, il décrit un quotidien marqué par l’incompréhension, le doute et un sentiment grandissant d’abandon.
Huit mois après sa dernière lettre ouverte adressée au Président de la république, le 23 décembre 2025, l’ancien militaire assure que sa situation n’a connu aucune évolution. Dans une nouvelle interpellation, il décrit un quotidien marqué par l’incompréhension, le doute et un sentiment grandissant d’abandon.
Une retraite sous le signe de l’inquiétude
Selon Moussa Cissokho, les difficultés qu’il rencontre aujourd’hui trouvent leur origine dans sa période d’activité. Il soutient que les anomalies qu’il dit avoir relevées sur ses bulletins de solde se sont poursuivies après son admission à la retraite à travers sa pension du Fonds national de retraite (FNR).
L’ancien adjudant-chef affirme que plusieurs opérations figurant sur ses bulletins de paie portent des références identiques liées à des « actions sociales », ce qui l’a conduit à soupçonner l’existence d’un système irrégulier affectant ses revenus. Pour lui, chaque code inscrit sur un bulletin de solde constitue une véritable « empreinte digitale » permettant d’identifier la nature exacte d’une opération financière.
Il explique également que sa pension continue d’être virée vers un compte bancaire historique domicilié dans une banque de la place, compte auquel il affirme ne plus avoir un accès normal. Malgré ses démarches pour transférer la domiciliation de sa pension vers un compte ouvert dans une banque à Mbour, la situation serait restée inchangée.
Deux demandes de domiciliation auraient été déposées auprès des services compétents, respectivement les 3 décembre 2025 et 3 janvier 2026. Pourtant, selon ses déclarations, sa pension continuerait à suivre le même circuit bancaire qu’il conteste depuis plusieurs années.
Le long parcours à la Médiature de la République
Face à ce qu’il considère comme une injustice persistante, Moussa Cissokho a saisi la Médiature de la république le 7 octobre 2025. Son dossier a été enregistré sous la référence R2025-178/Mr du 14 octobre 2025. Pendant plusieurs mois, l’ancien militaire dit avoir transmis de nombreux documents destinés à étayer ses réclamations. Il évoque notamment des bulletins de solde, des pièces relatives à sa pension, ainsi que des documents concernant un engagement contracté auprès d’une mutuelle pour logement.
La Médiature aurait entrepris des démarches auprès de la banque et du ministère des Finances et du Budget. Cependant, Moussa Cissokho affirme que les réponses obtenues n’ont pas dissipé ses interrogations.
Il indique avoir demandé la communication des courriers échangés entre la Médiature et les administrations concernées, ainsi que la copie de la réponse du ministère des Finances. selon lui, cette demande n’a pas reçu une suite favorable. Cette situation a renforcé ses doutes sur le traitement de son dossier.
Plus troublant encore à ses yeux, les comptes rendus qui lui ont été transmis ne répondraient pas, selon lui, aux questions essentielles qu’il soulève depuis le début de sa procédure. Il estime notamment que certaines explications portent sur des retenues qu’il ne contestait pas, tandis que les points qu’il considère comme centraux demeurent sans réponse claire.
« Ma pension, c’est mon droit, c’est ma vie »
Derrière les chiffres, les codes administratifs et les procédures, c’est surtout la détresse humaine qui ressort du témoignage de l’ancien adjudant-chef.
« Ma pension, c’est mon droit, elle est ma vie », écrit-il dans l’un de ses messages. une phrase qui résume le sentiment d’épuisement d’un homme convaincu de défendre une cause juste
Moussa Cissokho rappelle qu’il a servi son pays durant de longues années, parfois dans des conditions difficiles. Aujourd’hui, il dit ne pas comprendre pourquoi ses nombreuses démarches n’ont pas permis d’obtenir une clarification définitive de sa situation.
L’ancien officier de police judiciaire affirme rester persuadé que l’examen attentif de ses documents permettrait de mettre en évidence les anomalies qu’il dénonce. Il appelle ainsi les plus hautes autorités de l’état à se saisir personnellement de son dossier afin que toute la lumière soit faite sur ses réclamations.
en attendant une éventuelle réponse, il poursuit son combat administratif. seul face à des institutions qu’il juge silencieuses, il affirme ne pas renoncer. À la retraite, l’ancien adjudant-chef continue de mener ce qu’il considère comme son dernier combat qui est celui de la reconnaissance de ses droits et de la vérité sur le parcours financier de sa pension.