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Par Babacar Simon Faye
Père et manager de lutteur, la FSL coupe ce… «cordon ombilical»
La crise qui secoue l’écurie Boy Niang 2 avec l’éviction du manager remplacé par le fondateur et père de la tête de file, Boy Niang himlself, pouvait être évitée
 
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Comme toutes les disciplines sportives, la lutte sénégalaise est régie par des Règlements généraux auxquels se soumettent tous les acteurs, quel que soit leur statut. Il y va de la bonne gestion des différentes formes de lutte composant la discipline et de l’objectif visé. La Fédération sénégalaise de lutte ne fait pas exception à la règle. 

La crise qui secoue l’écurie Boy Niang 2 avec l’éviction du manager remplacé par le fondateur et père de la tête de file, Boy Niang himlself, pouvait être évitée. L’on ne peut que se désoler de cette décision qui met un terme à plusieurs d’années de compagnonnage et de complicité. Toutefois, l’on est loin du dénouement de cette affaire si l’on se réfère aux Règlements généraux dont une des dispositions rame à contre‐courant de la décision prise par l’écurie Boy Niang 2. En effet, le préambule du Statut du manager indique : « Dans le souci de préserver l’éthique sportive, la transparence dans la gestion des carrières, la protection des lutteurs et la crédibilité de la lutte sénégalaise, la fédération sénégalaise de lutte encadre strictement l’exercice de la fonction de manager ».

L ‘article 3 intitulé « Incompatibilité familiale » clôt le débat : « Ne peuvent, en aucun cas, exercer la fonction de Manager d’un lutteur, ni obtenir ou détenir une carte de manager à cet effet : les père et mère du lutteur, les ascendants directs, à quelque degré que ce soit (grands­parents), toute personne ayant un lien de filiation directe ou assimilée au lutteur ». 

Et d’ajouter : « Cette interdiction s’applique indépendamment au statut du lutteur, qu’il soit en phase d’ascension, confirmée ou classée VIP par la fédération sénégalaise de lutte ». Cela a le don d’être clair et suffisamment dissuasif pour ramener à la raison le staff de l’écurie Boy Niang 2 qui ne saurait se soustraire à cette injonction de la FSL, au risque de s’attirer les foudres de l’instance dirigeante de la lutte sénégalaise. Pour autant, l’on est bien loin d’un « happy end » qui se matérialiserait par le retour de l’ancien manager de l’écurie et le retrait du père du lutteur. Lors d’une intervention dans une émission télévisée de lutte diffusée récemment, ce dernier a tenté de légitimer son entrée fracassante chez les managers alors que les RG s’y opposent. Il envisagerait de saisir directement le ministre de tutelle pour dénoncer ce qu’il qualifie d’entrave à la bonne marche de la lutte. Une bataille perdue d’avance ? Sans aucun doute.

L’on est fondé à évoquer des raisons d’ordre pécuniaire qui seraient à l’origine de ce brusque revirement de situation à l ‘écurie Boy Nlang 2.

Vu sous un autre angle, cette décision de la FSL vient réparer une injustice dont sont victimes certains managers écartés de la gestion de la carrière de leurs poulains dès la signature de contrats juteux évalués à coups de millions de francs CFA. 

C’est la « ruée parentale » vers le lutteur devenu une star et un partenaire idéal des promoteurs. Tout est mis à contribution pour rétrécir autant que faire se peut le cercle des nouveaux amis du champion. Le père ou l’oncle monte au front et s’érige en bouclier doublé de responsable de la carrière de son fils ou neveu. L’entourage du lutteur est passé au peigne fin au grand dam du manager, véritable artisan de l’ascension sportivo‐sociale du lutteur. 

Grâce à son carnet d’adresses, ses relations et sa parfaite maîtrise du milieu de la lutte, il n’éprouve aucune difficulté à s’attirer l’affection et la confiance des promoteurs. Cet acquis permet à son poulain de compétir et, cerise sur le gâteau, participer aux galas à grand public dont les VIP de l’arène se disputent la vedette. Les retombées financières de ce gros investissement sont inestimables. Le lutteur et sa famille y trouvent leur compte. Ce n’est plus, ni moins qu’un hold‐up commis au nez et à la barbe du manager. 

La décision de la FSL sonne comme un coup d’arrêt portée à une pratique malsaine en total déphasage avec la morale.

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