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Restauration de rue, des PME formées aux exigences de la sécurité sanitaire des aliments
Selon les estimations de l’OMS, plus de 91 millions de personnes tombent malades chaque année en Afrique à cause de maladies d’origine alimentaire, provoquant 137 000 décès, soit près d’un tiers de la mortalité mondiale liée à ces pathologies.
 
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(SenePlus) - La sécurité sanitaire des aliments constitue un enjeu majeur de santé publique en Afrique de l’Ouest, où la restauration de rue occupe une place importante dans l’alimentation quotidienne. Les chiffres avancés par les organisations internationales illustrent l’ampleur du défi. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 91 millions de personnes tombent malades chaque année en Afrique à cause de maladies d’origine alimentaire, provoquant 137 000 décès, soit près d’un tiers de la mortalité mondiale liée à ces pathologies. Dans la région, les maladies diarrhéiques représentent à elles seules près de 70 % des cas.

Dans ce contexte, un atelier de formation consacré aux bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication s’est ouvert ce 7 avril 2026 à Dakar, réunissant des acteurs du secteur agroalimentaire, des responsables de PME et des opératrices engagées dans la valorisation des produits locaux. Organisée dans le cadre du projet « Renforcement de la capacité de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments et amélioration de la qualité sanitaire de l’alimentation de rue au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal », cette formation s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer les systèmes de contrôle et de prévention des risques alimentaires. Le projet est financé par le Grand-Duché de Luxembourg et coordonné par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Dans une allocution lue par le Dr Mamadou Ndiaye, la coordonnatrice du bureau sous-régional de la FAO a rappelé l’importance de cette initiative dans un contexte où les risques sanitaires liés à l’alimentation demeurent préoccupants. « Le diagnostic dans le cadre du projet a fait ressortir l’inefficience des systèmes d’inspection et de maîtrise des risques d’origine alimentaire, l’inadéquation des textes réglementaires par rapport aux risques émergents, la prolifération des aliments vendus sur la voie publique sans contrôle, l’insuffisance d’information et de sensibilisation des consommateurs ainsi que la mondialisation des échanges. », a-t-elle indiqué.

Elle a également souligné que des solutions sont en cours de mise en œuvre au Sénégal, au Burkina Faso et au Mali : ainsi 3 guides d’inspection pour le contrôle officiel de la restauration de rue sont élaborés et validés en atelier national au niveau des trois pays. Il en est de même de 3 guides de bonnes pratiques pour la restauration de rue. Des modèles d’équipement sont identifiés pour équiper les acteurs de la restauration de rue des sites pilotes pour améliorer la conformité du matériel aux exigences d’hygiène. Des plans de surveillance, poursuit-elle, sont en cours de mise en œuvre pour générer plus de données qui permettront une meilleure connaissance des risques prioritaires pour le Sénégal.

Pour sa part, le président du Comité national du Codex Alimentarius, le Pr Amadou Diop, a insisté sur la portée stratégique de cette formation pour les acteurs du secteur agroalimentaire. « Cet atelier s’inscrit dans une dynamique importante visant à renforcer la sécurité sanitaire des aliments, en particulier dans le secteur de la transformation et de la restauration, qui joue un rôle essentiel dans l’alimentation de nos populations », a-t-il affirmé.

Selon lui, les enjeux dépassent largement la seule question sanitaire. « Les maladies d’origine alimentaire constituent un enjeu majeur de santé publique en Afrique, avec des impacts importants sur la santé des populations, mais aussi sur l’économie et la confiance des consommateurs », a-t-il expliqué. Les conséquences économiques peuvent aller, a-t-il ajouté, « de la faible participation aux marchés internationaux à la dévaluation des produits de base, en passant par la réduction des bénéfices des producteurs et la perte de confiance des consommateurs dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire ».

Durant trois jours, les participants seront ainsi initiés aux fondamentaux de la sécurité sanitaire des aliments, notamment les bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication, les principes du système HACCP, la traçabilité des produits et la mise en place de mécanismes d’autocontrôle au sein des entreprises. L’objectif est de renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises, en particulier celles dirigées par des femmes et des jeunes, afin d’améliorer la qualité des produits et leur conformité aux normes sanitaires.

Pour le Pr Diop, cette démarche doit être perçue comme une opportunité pour le secteur agroalimentaire. « La sécurité sanitaire des aliments n’est pas une contrainte, mais une opportunité. Une opportunité de protéger la santé des consommateurs, d’améliorer la qualité des produits et d’accéder à des marchés plus exigeants », a-t-il insisté.

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