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Revue de la presse SenePlus du mercredi 8 juillet 2026
La saisine du Conseil constitutionnel par le président Bassirou Diomaye Faye, la dette intérieure, les tensions sociales, les affaires judiciaires, la sécurité des marchés, la santé publique et les difficultés de la Tanière , occupent l’actualité
 
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La bataille autour de la révision constitutionnelle change de terrain. Après l’Assemblée nationale, où le texte a été adopté, c’est désormais le Conseil constitutionnel qui se retrouve au centre de toutes les attentions. Et à parcourir les unes des quotidiens sénégalais de ce mercredi 8 juillet 2026, une évidence s’impose : la décision du président Bassirou Diomaye Faye de contester la procédure suivie par les députés constitue, de très loin, le principal sujet du jour.

Le chef de l’État a introduit un recours en inconstitutionnalité pour « violation de la procédure » ayant conduit à l’adoption de la proposition de loi constitutionnelle. La requête a été déposée en procédure d’urgence, avec une demande d’examen dans un délai de huit jours. Cette démarche, confirmée par l’Agence de presse sénégalaise, donne une nouvelle dimension au conflit institutionnel. 

Sud Quotidien donne le ton avec un titre qui résume toute la dramaturgie de cette nouvelle séquence : « La riposte de Diomaye Faye auprès des 7 Sages ». Pour le journal, le président de la République répond ainsi à la révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. La photographie de la haute juridiction constitutionnelle qui accompagne la une renforce l’idée d’un déplacement du centre de gravité du conflit : après le débat politique et le vote parlementaire, place désormais à la bataille juridique.

Dans la même veine, Walf Quotidien annonce que « Diomaye passe à l’acte ». Le quotidien évoque explicitement la « saisine des 7 Sages contre la révision constitutionnelle ». Le choix des mots est révélateur. Il ne s’agit plus seulement de désaccords exprimés publiquement ou de divergences sur la procédure : le chef de l’État a désormais engagé une action formelle devant l’institution chargée de dire le droit constitutionnel.

Le Quotidien préfère une formule qui souligne davantage le recours à l’arbitrage institutionnel : « Diomaye s’en remet aux Sages ». Le journal précise que le président a saisi le Conseil constitutionnel d’un recours en inconstitutionnalité de la procédure parlementaire. La haute juridiction est ainsi placée devant une question qui dépasse la seule technique juridique et dont les conséquences pourraient profondément affecter la suite du processus de révision.

Le Soleil titre, lui aussi, sur cette nouvelle étape : « Le Président saisit les “7 Sages” ». Le quotidien national précise que le chef de l’État a introduit un recours pour « violation de la procédure » visant la proposition de loi constitutionnelle portée par des députés du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes. Il souligne également le caractère urgent de la requête, le président demandant au Conseil constitutionnel de statuer dans un délai de huit jours.

Mais c’est peut-être EnQuête qui résume le mieux l’incertitude entourant cette démarche présidentielle. Le quotidien parle d’« Une saisine à hauts risques ». Derrière la question juridique, le journal entrevoit des conséquences politiques majeures. Selon sa une, la requête inédite adressée au Conseil constitutionnel pourrait « rebattre les cartes » avant le référendum. Le président joue donc une carte juridique dont l’issue pourrait avoir un impact direct sur le texte final et, au-delà, sur les rapports de force politiques.

L’AS dramatise encore davantage cette nouvelle étape en titrant : « Diomaye porte le bras de fer devant les 7 Sages ». Le journal inscrit clairement le recours dans le contexte d’une crise entre l’exécutif et le législatif. La bataille qui opposait jusqu’ici la présidence et l’Assemblée nationale se déplace désormais vers le terrain judiciaire, avec le Conseil constitutionnel dans le rôle d’arbitre.

Pour L’Observateur, l’affaire dépasse même le cadre d’un simple contentieux constitutionnel. Le journal évoque « Diomaye-Sonko, les dessous d’une bataille institutionnelle inédite ». Sa une parle d’un « coup de force parlementaire » suivi d’une « riposte présidentielle devant les 7 Sages ». Le quotidien annonce également les détails du recours en inconstitutionnalité du chef de l’État et s’interroge sur les conséquences politiques qui pourraient en découler.

Cette convergence des unes est particulièrement frappante. Sud Quotidien parle de « riposte », Walf Quotidien affirme que le président « passe à l’acte », EnQuête évoque une démarche « à hauts risques », L’AS décrit un « bras de fer », tandis que L’Observateur voit se dessiner une « bataille institutionnelle inédite ». Derrière la diversité des formulations, toute la presse décrit donc un même moment de bascule.

Mais le recours présidentiel suscite également une réaction très dure au sein de Pastef. Et c’est là que l’affaire prend une dimension politique encore plus explosive.

Yoor-Yoor Bi ouvre sur une accusation particulièrement sévère : « Le groupe Pastef accuse Diomaye de reniement et de fuite devant le peuple ». Selon le journal, les députés du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes tirent à boulets rouges sur le président Bassirou Diomaye Faye après sa saisine surprise du Conseil constitutionnel. Les parlementaires dénoncent notamment un renoncement à la parole donnée et une volonté d’éviter la voie référendaire.

Le quotidien met ainsi en lumière une fracture désormais difficile à dissimuler. Ce qui pouvait encore apparaître comme une divergence de méthode ou une controverse sur l’interprétation de la Constitution prend les allures d’une confrontation politique ouverte entre le chef de l’État et une partie de sa propre majorité.

Vox Populi pousse encore plus loin cette lecture en titrant : « La botte secrète de Diomaye : il attrape la loi Pastef devant le Conseil constitutionnel ». Le journal revient également sur la réaction du groupe Pastef, qui dénonce « un reniement de plus du Président de la République ». La formule employée par le quotidien donne à la saisine l’allure d’une manœuvre surprise, destinée à stopper ou à remettre en cause une réforme portée par les députés de la majorité.

Libération résume la situation en quelques mots : « Diomaye-Pastef, le bras de fer total ». Le quotidien insiste sur le caractère désormais frontal de l’opposition. Le président introduit un recours en inconstitutionnalité devant le Conseil constitutionnel, tandis que les députés de Pastef portent la riposte sur le terrain politique. L’affrontement semble ainsi avoir franchi un nouveau seuil.

À travers toutes ces unes, une question domine : jusqu’où ira cette confrontation ? La décision des « 7 Sages » est désormais attendue comme un moment décisif. Elle pourrait déterminer non seulement le sort immédiat de la révision constitutionnelle, mais aussi l’évolution des rapports entre le président de la République, l’Assemblée nationale et la majorité politique.

Pendant que le pays retient son souffle devant cette bataille institutionnelle, Le Témoin attire l’attention sur une autre urgence, économique celle-là. Le quotidien titre : « L’ASCODEM interpelle l’État ».

Le journal évoque la dette intérieure, le Code des douanes et les préoccupations portées notamment par Khadim Ba. L’organisation met en garde contre l’affaiblissement du tissu économique et réclame l’apurement de la dette intérieure ainsi qu’une réforme du Code des douanes. Selon la une, les inquiétudes du monde des affaires sont nombreuses, tandis qu’une série de mobilisations serait envisagée.

Le sujet est loin d’être secondaire. Derrière les grandes batailles politiques et institutionnelles, les entreprises continuent de faire face à des difficultés de trésorerie, à des créances impayées et à un environnement économique contraignant. Le Témoin rappelle ainsi que la stabilité institutionnelle ne peut être dissociée de la santé du tissu économique national.

Sur le front social également, la tension monte. Yoor-Yoor Bi annonce : « L’exécutif sous pression avant la grève générale du 10 juillet ». Cette alerte intervient alors que le gouvernement est déjà confronté à une crise institutionnelle majeure. L’exécutif doit donc gérer simultanément plusieurs fronts : le conflit autour de la Constitution, les difficultés économiques et la montée des revendications sociales.

La justice occupe également une place importante dans les journaux de ce mercredi. L’Observateur consacre une large part de sa une à Lat Diop et annonce : « Lat Diop, le nouveau face-à-face décisif devant la justice ».

Assigné à résidence sous surveillance électronique, l’ancien directeur général de la Lonase doit, selon le journal, faire face au ministère public et à l’Agent judiciaire de l’État le 15 juillet prochain devant la Chambre d’accusation financière. Cette audience est présentée comme une étape importante dans un dossier judiciaire particulièrement suivi.

Toujours dans le registre judiciaire, L’Observateur annonce un « coup de théâtre » au procès du directeur de l’École 16, accusé de viols répétés sur des jumelles. Le journal revient sur les nouveaux développements d’une affaire sensible qui continue de susciter l’émotion.

Libération, pour sa part, consacre sa grande une à une autre affaire judiciaire, avec un titre saisissant : « Le sordide système de “Mara Milliardaire” et Cie cerné ». Le journal annonce des aveux détaillés dans une affaire aux ramifications multiples et décrit un système complexe mêlant plusieurs protagonistes et de graves accusations.

Le même quotidien signale également une affaire d’escroquerie foncière à Saint-Louis. Il annonce qu’Amara Traoré entre dans les mains de la Sûreté de Saint-Louis, après une plainte portant sur plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Les questions de santé publique trouvent également leur place dans les unes. L’AS lance une alerte sur « le danger de boire les sachets d’eau ». Dans un pays où l’eau conditionnée en sachet est largement consommée, notamment pendant les périodes de forte chaleur, cette mise en garde soulève d’importantes interrogations sur la qualité, le conditionnement et les conditions de conservation de ces produits.

Le journal met également en avant un chiffre important pour le secteur énergétique : Sangomar franchit le cap des 70 millions de barils. Cette performance confirme la montée en puissance de la production pétrolière sénégalaise et l’importance croissante des hydrocarbures dans l’économie nationale.

La sécurité et la modernisation des marchés constituent un autre sujet partagé par plusieurs quotidiens. Vox Populi rapporte que le ministre de l’Intérieur a visité Sandaga, avec l’ambition d’en faire « un modèle de marché ». EnQuête évoque également la visite de Makhtar Cissé dans le cadre de la sécurité des marchés, tandis que Le Témoin indique que le ministre veut faire de Sandaga « un modèle de marché sécurisé ».

Cette convergence montre que la sécurisation des grands espaces commerciaux est devenue une priorité des pouvoirs publics, dans un contexte marqué par les risques d’incendie, les problèmes d’occupation anarchique et les difficultés de circulation.

Sur un registre plus prospectif, plusieurs journaux s’intéressent aux politiques de développement et à la transformation des villes. Vox Populi annonce le lancement du projet MoVe Sénégal, destiné à promouvoir la marche, le vélo et l’innovation à Dakar.

Libération revient, de son côté, sur la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire et affirme que « Dakar pose les jalons d’un modèle africain d’économie sociale et solidaire ». Le journal s’intéresse également à la transition vers des systèmes de mobilité durable.

Le Soleil rapporte, pour sa part, les propos du Premier ministre au Forum de l’économie sociale et solidaire : « L’Afrique doit inventer son propre modèle ». Une déclaration qui traduit la volonté de promouvoir des solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et culturelles du continent.

Dans le domaine de l’éducation, Yoor-Yoor Bi met à l’honneur le lycée Malick Sy de Thiès. Le journal titre : « Le lycée Malick Sy tutoie les sommets ». La une célèbre les performances remarquables de l’établissement au baccalauréat 2026, avec un taux de réussite exceptionnel et un nombre important de mentions.

Sud Quotidien, de son côté, rappelle que les épreuves du second groupe du baccalauréat 2026 doivent démarrer jeudi, maintenant ainsi des milliers de candidats dans l’attente.

Enfin, le football ferme la marche de cette revue de la presse. Et là encore, l’heure n’est pas à la sérénité. Record titre : « La Tanière, un vestiaire à remobiliser ».

Le quotidien sportif évoque des cadres critiqués, un staff fragilisé et des diatribes qui alimentent les tensions autour de l’équipe nationale. Après les dernières déconvenues, la question de la cohésion du groupe et de la remobilisation du vestiaire devient centrale.

Le journal revient également sur le Mondial 2026 et les performances des grandes nations encore en lice. Mais pour le football sénégalais, le sujet essentiel reste l’état de la Tanière et la nécessité de reconstruire une dynamique collective.

Au total, cette édition du mercredi 8 juillet 2026 offre l’image d’un pays suspendu à une décision constitutionnelle. Les mots choisis par les journaux sont lourds de sens : « riposte », « bras de fer », « hauts risques », « bataille institutionnelle », « reniement » ou encore « fuite devant le peuple ». Rarement une question de procédure constitutionnelle aura occupé une place aussi centrale et suscité des interprétations aussi politiques.

Les « 7 Sages » se retrouvent désormais au cœur du jeu. Leur décision pourrait déterminer le sort de la révision constitutionnelle, mais aussi peser durablement sur les rapports entre le président Bassirou Diomaye Faye, Pastef et l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, la dette intérieure, la crise sociale, les dossiers judiciaires, la sécurité sanitaire, la modernisation des marchés et les difficultés de l’équipe nationale rappellent que le pays fait face à de nombreux autres défis. Mais ce mercredi matin, à la lecture des unes, une évidence s’impose : tous les regards sont tournés vers le Conseil constitutionnel, devenu l’épicentre d’une bataille politique et institutionnelle dont l’issue pourrait marquer un tournant majeur.

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