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Seydou Guèye dénonce un "rapport de force" au sommet de l'État
Évoquant une majorité parlementaire « inféodée » qui tente de contourner le projet de révision présidentiel, le cadre de l'APR appelle à la mobilisation pour protéger l'intégrité des institutions
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=gvJvnj5fO7Y

(SenePlus) - Ancien ministre et figure de proue de l'Alliance pour la République, Seydou Guèye était l'invité de l'émission Objection sur Sud FM ce dimanche 21 juin 2026. Dans une analyse sans concession, il a décrypté la fracture au sommet de l'État et averti d'un risque de crise institutionnelle majeure.

Le Sénégal traverse une période de turbulences institutionnelles sans précédent. C'est le diagnostic posé ce dimanche 21 juin sur les ondes de Sud FM par Seydou Guèye, secrétaire national chargé des alliances stratégiques de l'Alliance pour la République (APR), invité de l'émission Objection. Face à l'animateur, l'ancien ministre n'a pas mâché ses mots : le pays glisse, selon lui, d'une crise politique vers une crise des institutions, avec en toile de fond le risque d'une crise de régime.

Pour Seydou Guèye, la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko n'est pas une surprise. Il avait toujours jugé le concept fondateur du tandem « Diomaye-Sonko » intenable, y voyant une ambiguïté incompatible avec les règles élémentaires de la République. « La Constitution ne reconnaît pas un duo à la tête de l'État », a-t-il martelé sur le plateau d'Objection. À ses yeux, la coexistence forcée de deux ambitions concurrentes — toutes deux orientées vers 2029 — ne pouvait qu'aboutir à la fracture actuelle.

Ce que l'invité refuse cependant d'appeler « cohabitation », c'est la configuration née du limogeage de Sonko de la primature et de son installation au perchoir de l'Assemblée nationale. Pour Seydou Guèye, les deux termes ne sont pas interchangeables. Une cohabitation, explique-t-il, suppose un fonctionnement harmonieux fondé sur le respect mutuel des prérogatives constitutionnelles. Ce qui se joue aujourd'hui relève, selon lui, d'une tout autre logique : « On n'est pas dans une cohabitation pour gérer harmonieusement les politiques publiques. On est dans une configuration de rapport de force », a-t-il affirmé.

Le spectre d'une crise de régime

L'ancien ministre s'est particulièrement attardé sur la bataille autour de la révision constitutionnelle. Si la Constitution reconnaît au président de la République le droit de soumettre un tel projet, et aux députés celui de déposer des propositions de loi, Seydou Guèye dénonce la méthode employée par la majorité parlementaire du Pastef : extraire des articles du projet présidentiel pour les transformer en propositions parlementaires, au mépris de ce qu'il appelle « l'élégance » due à l'institution. Pour lui, toute révision du pacte fondamental qui régit la vie nationale devrait passer par voie référendaire, afin que les citoyens soient directement consultés. « Ce n'est pas parce qu'on a une majorité inféodée qu'on va essayer de travestir les choses », a-t-il lancé.

Dans ce contexte, le responsable de l'APR juge révélateur le fait que le président Faye n'ait toujours pas rendu public son avis sur les propositions soumises par l'Assemblée nationale, un silence qui alimente selon lui l'incertitude institutionnelle. Il décrit une dynamique où l'ultimatum remplace le dialogue, et où la confrontation entre deux pôles du pouvoir issus du même parti risque de bloquer durablement le fonctionnement des institutions.

C'est là l'avertissement le plus grave lancé par Seydou Guèye dans cette émission : la crise qui couve, partie du sommet de l'exécutif, est en train de se propager à l'ensemble des espaces du pouvoir. « Cette crise, elle est d'abord politique. Elle entre dans un cycle institutionnel. Elle peut aboutir à une crise de régime », a-t-il averti sur Sud FM. Il a évoqué l'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée nationale, affirmant que l'APR et ses alliés sont prêts à y faire face, y compris dans une éventuelle élection présidentielle anticipée.

Pendant ce temps, a-t-il insisté, les Sénégalais ordinaires continuent de payer le prix fort d'un pouvoir absorbé par ses querelles internes : entreprises qui ferment, salariés sans revenus, ménages étranglés, fiscalité jugée étouffante. « Les Sénégalais veulent la paix et une gouvernance apaisée. Ils ne veulent pas une querelle de chefs », a-t-il conclu, appelant les forces républicaines et démocratiques à se mobiliser pour préserver ce qu'il a désigné comme « le bijou de famille » de la nation : la République elle-même.

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