Le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD) a lancé hier, mardi 7 juillet 2026 son initiative de mobilité verte baptisée « MoVe ». Ce programme, dont le budget global est évalué à près de 3 milliards de FCFA (soit 5 millions d'euros) pour la période 2024-2028, entend faire des pratiques de la marche et du vélo des compléments privilégiés aux transports collectifs dans l'agglomération dakaroise.
Porté en collaboration avec l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et financé avec l'appui de la coopération allemande, le projet vise à dynamiser les déplacements actifs en rendant les trajets plus sûrs et plus confortables pour les piétons comme pour les cyclistes, tout en facilitant leur correspondance avec les réseaux de transport en commun.
Lors de la cérémonie de lancement tenue hier, mardi 7 juillet 2026, le recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Alioune Badara Kandji, a souligné que les grands investissements publics, tels que le Train express régional (TER) et le Bus Rapid Transit (BRT), représentent des progrès considérables. Il a toutefois insisté sur la nécessité de les inscrire résolument dans une approche intermodale, en y intégrant pleinement les mobilités douces. Selon lui, son établissement constitue un terrain d'expérimentation idéal pour ce projet, de par son important potentiel humain et sa capacité à innover. Il a d'ailleurs annoncé la création prochaine, au sein de l'université, d'une chaire dédiée à la mobilité urbaine et aux solutions numériques appliquées au secteur des transports.
De son côté, le directeur général du Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD), Gora Sarr, a rappelé que Dakar souffre d'une forte concentration de population et d'activités, générant des embouteillages qui nuisent à la compétitivité économique, à la sécurité routière et au cadre de vie. Dans ce contexte, le projet Move a pour ambition d'inscrire durablement la mobilité active dans les politiques d'aménagement, en proposant des alternatives fiables et séduisantes que sont le vélo et la marche.
Parmi les actions concrètes prévues, Gora Sarr a cité la mise en place d'un comité de pilotage dédié, l'élaboration de feuilles de route spécifiques à la marche et au cyclisme, ainsi que l'amélioration de l'accès piétonnier aux arrêts de bus et de train. Le dispositif inclut également le déploiement d'un service pilote de vélos en libre-service sur le campus de l'UCAD, associé à la formation de plus de 250 étudiants à leur utilisation.
Enfin, la cheffe adjointe de la coopération à l'ambassade d'Allemagne, Nina Neubecker, a souligné que le projet MoVe favorisera une mobilité urbaine plus efficace, équitable et durable, en prenant en compte les besoins spécifiques des femmes, des jeunes, des personnes en situation de handicap et des usagers les plus vulnérables. Elle a également rappelé que le secteur des transports est responsable d'environ 75 % de la consommation énergétique et constitue la première source d'émissions de gaz à effet de serre. Le projet MoVe contribuera ainsi à créer un environnement plus favorable à la mobilité active à travers trois principaux volets complémentaires
Le premier volet est consacré au renforcement de la gouvernance et de la planification de la mobilité active. Il prévoit notamment la mise en place d'un comité de pilotage dédié, l'élaboration de stratégies régionales en faveur de la marche et du vélo, la conception de six plans d'action thématiques portant notamment sur la sécurité routière, les réseaux piétons, les corridors verts, les pistes cyclables, la sécurité des femmes et des enfants, ainsi que la coordination entre urbanisme et transport. Des actions de renforcement des capacités des décideurs viendront accompagner cette dynamique.
Le deuxième volet vise l'amélioration de l'accessibilité aux transports publics grâce à une démarche participative associant les collectivités territoriales, les opérateurs de transport, les organisations de la société civile et les autres parties prenantes. Le projet développera également des outils de référence pour la planification et la mise en œuvre des politiques de mobilité active, intégrant notamment les enjeux de genre et d'inclusion. Des actions d'urbanisme tactique et un projet pilote de corridor vert permettront d'améliorer la sécurité et le confort des déplacements des piétons vers les transports collectifs.
Enfin, le troisième volet porte sur la promotion de l'utilisation du vélo à travers la mise en œuvre d'un projet pilote de vélo partagé sur le campus de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD), identifié comme un site particulièrement favorable en raison de ses importants déplacements internes, de son environnement sécurisé et de sa forte population estudiantine. Le projet prévoit également la formation de plusieurs centaines d'étudiantes et d'étudiants à la pratique du vélo ainsi que le développement d'approches méthodologiques destinées à favoriser son utilisation dans les déplacements quotidiens.