Dans le débat actuel sur la dette et la souveraineté économique, un mot revient sans être vraiment expliqué : les swaps, ou ce que certains appellent WSAPS.
Derrière ce terme technique se cache une réalité simple : des États obtiennent de l’argent immédiatement, en échange d’engagements futurs souvent plus lourds et parfois mal compris.
Le mécanisme est connu dans les grandes places financières. Un pays peut, par exemple, échanger des flux financiers avec une banque internationale pour obtenir des devises (dollars, euros), sans passer par un emprunt classique visible dans la dette publique.
C’est là que le problème commence.
Des institutions comme Fitch Ratings, Moody’s ou Standard & Poor’s pointent du doigt un risque majeur : ces mécanismes peuvent masquer la réalité de l’endettement.
Autrement dit, un pays peut sembler stable sur le papier, alors qu’il a déjà engagé ses ressources futures.
Mais soyons lucides.
Si ces montages existent, c’est aussi parce qu’ils servent les intérêts de tous les acteurs :
- Les États obtiennent du cash rapidement
- Les banques internationales sécurisent des rendements élevés
- Les créanciers sont rassurés par des garanties implicites (ressources, recettes futures)
Alors pourquoi parler de manque de transparence ?
Parce que ces opérations échappent souvent au débat public.
Parce que leur complexité les rend presque invisibles pour le citoyen.
Et surtout, parce qu’elles engagent l’avenir sans toujours engager la responsabilité immédiate.
Le vrai sujet n’est donc pas le swap en lui-même.
Le vrai sujet, c’est la gouvernance.
Un outil financier n’est ni bon ni mauvais.
Mais entre de bonnes mains, il finance le développement.
Entre de mauvaises mains, il hypothèque l’avenir.
L’Afrique — et particulièrement nos États — doit faire un choix :
subir les instruments financiers conçus ailleurs,
ou les comprendre, les maîtriser, et les utiliser à son avantage.
Xaadym l’autodidacte