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Fatigue démocratique, ce que révèle une étude menée au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Guinée
Crise, coups d’État, instabilité : la démocratie ouest-africaine vacille. Depuis Dakar, chercheurs et décideurs alertent sur une « fatigue démocratique » grandissante. Face aux tensions au Sahel, l’heure serait à un sursaut et à un nouveau modèle
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=-zEZOW_acJ0

En Afrique de l’Ouest, la démocratie traverse une zone de turbulences marquée par l’instabilité et le retour des militaires sur la scène politique. Réunis à Dakar, chercheurs et décideurs ont tiré la sonnette d’alarme sur une « fatigue démocratique » qui fragilise les institutions. A la lumière d’une étude menée au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Guinée, les chercheurs appellent  à repenser d’urgence les modèles de gouvernance que nos démocraties restent résiliantes malgré le contexte d’instabilité et d’insécurité transfronatliere.

Les 16 et 17 février 2026 à Dakar, Gorre Institute a organisé une conférence régionale pour restituer les résultats d’une recherche menée au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Guinée sur l’état de santé des démocraties en Afrique de l’Ouest.

Intitulée « Repenser la démocratie en contexte d’instabilité : stratégies pour une gouvernance endogène et inclusive en Afrique de l’Ouest et au Sahel », cette rencontre marque l’aboutissement du projet Recherche au service de la démocratie et de la cohésion sociale (RESDECS), conduit simultanément dans les trois pays.

Décideurs publics, universitaires, acteurs de la société civile et partenaires techniques et financiers ont pris part aux échanges. Objectif : identifier des réponses adaptées aux réalités locales pour renforcer la démocratie, consolider la cohésion sociale et stimuler la participation citoyenne.

En marge des travaux, SenePlus s’est entretenu avec le Dr Pape Fara Diallo, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et coordonnateur du projet RESDECS. Dans cet entretien, il revient sur la crise démocratique qui traverse l’espace ouest-africain et sur les enseignements majeurs de l’étude.

« L’idée de cet atelier régional est de croiser les regards sur les résultats obtenus dans chaque pays afin de voir comment, à partir de ces conclusions, nous pouvons proposer un modèle de gouvernance démocratique respectueux des droits humains et de l’inclusion, mais aussi capable de résister aux tensions actuelles », explique-t-il.

Pour le chercheur, l’enjeu dépasse la simple gestion des crises. Il s’agit de bâtir une résilience durable, à la fois communautaire et institutionnelle, permettant aux États de faire face aux chocs endogènes et exogènes. « Nos États ne doivent pas être uniquement dans la réaction. Ils doivent anticiper et prévenir. C’est tout le sens du mécanisme d’alerte précoce initié par le projet RESDECS », précise-t-il.

Le constat dressé par le Dr Diallo est sans détour : « Il existe aujourd’hui une fatigue démocratique à l’échelle mondiale, et l’Afrique de l’Ouest n’y échappe pas. » À cela s’ajoutent, selon lui, un déficit d’étatisation et d’institutionnalisation, ainsi que le retour des militaires sur la scène politique. « Les militaires ne sont pas faits pour gouverner, mais pour commander », affirme-t-il. Une fois au pouvoir, soutient-il, ils ont tendance à restreindre l’espace des libertés, notamment dans un contexte marqué par la crise sécuritaire au Sahel.


 

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