Entre l’Afrique et l’Amérique latine, Claudia Mosquera Rosero plaide pour un rapprochement fondé sur l’histoire, les diasporas et la solidarité. Dans cette interview, l’ambassadrice de Colombie au Sénégal revient également sur les tensions géopolitiques dans la région et la diplomatie féministe portée par Bogotá.
L’universitaire colombienne Claudia Mosquera Rosero est ambassadrice de la République de Colombie au Sénégal. Dans cette interview, elle évoque les relations entre l’Afrique et l’Amérique latine, ainsi que la nécessité d’un dialogue permanent en vue d’un rapprochement qu’elle juge indispensable.
La diplomate colombienne aborde également plusieurs questions géopolitiques, notamment les tensions entre les États-Unis de Donald Trump et certains pays d’Amérique latine. Des tensions qui ont affecté, jusqu’à récemment, les relations entre Bogotá et Washington. Elle revient aussi sur les liens de fraternité entre la Colombie et le Venezuela.
Parmi les autres sujets abordés figurent la diplomatie féministe menée par son pays et les objectifs qu’elle poursuit.
Claudia Mosquera Rosero a été interviewée la semaine dernière au Musée des Civilisations noires, à Dakar, en marge de la Journée de l’Afrique organisée par les ambassadrices d’Amérique latine et des Caraïbes.
« C’est une manière de nous rapprocher de l’Afrique. L’Afrique ne peut pas être vue seulement comme un continent ayant des réalités internes. Elle doit aussi être pensée comme un continent en dialogue avec ses diasporas. En Amérique latine et dans les Caraïbes, il y a 135 millions de personnes d’ascendance africaine. Donc l’Afrique se prolonge en Amérique latine et dans les Caraïbes. Je ne suis pas sûre que nous ayons pleinement conscience de cela. Il faut multiplier tous les dialogues possibles pour nous rapprocher, dialoguer et montrer pourquoi nous devons être ensemble », a déclaré la diplomate colombienne d’origine afrodescendante, expliquant ainsi l’objectif de cette conférence.
Elle s’est également réjouie de la normalisation de la coopération entre son pays et les États-Unis. Depuis environ un an, les tensions étaient très vives entre Bogotá et Washington, sur fond de soupçons de trafic de drogue impliquant des Colombiens vers les États-Unis. Selon elle, ces soupçons étaient souvent suivis d’interceptions ou d’explosions de bateaux en mer des Caraïbes, sans aucune forme de procès.
L’ambassadrice a participé à un panel aux côtés de ses homologues brésilienne, vénézuélienne et cubaine, devant un public composé également de diplomates africains en poste à Dakar, notamment les ambassadeurs de la République démocratique du Congo et de l’Algérie.