Aziz Ndiaye, le patron de Aziz production célèbrera, samedi prochain, la journée de la Femme à sa manière. Comme cadeau, il offre aux dames une journée de lutte au stade Demba Diop. Où des affiches alléchantes vont mettre aux prises de jeunes espoirs de l’arène. Le grand choc de la soirée, opposera Ama Baldé de l’écurie Falaye Baldé et Amanekh de Lébougui de Rufisque. Les deux lutteurs ont promis de régler leurs comptes. La journée de la Femme d’Aziz production promet. Les amateurs s’impatientent.
Cette opposition Amanekh-Ama Baldé rappelle, à bien des égards, les grands moments de lutte que le légendaire champion et père d'Ama, le mythique et incontesté champion des années 60 à nos jours, Falaye Baldé, a livré dans l'antre des arènes Gabar Ndoye de Rufisque. Falaye y a livré de grands combats de lutte avec les champions Lébous : Songhane Guéye, Modou Diène «Ray Sugar», Amadiabou Mbengue, Treize Ndir, Ousmane Mbengue de Mbao, Mbaye Dia Diop le «Lion» de Diender, Modou Diongue 1 et 2… Des champions qui constituaient une opposition sérieuse et difficile pour le champion du Fouladou. Mais, Falaye disposait souvent des clés secrètes qui lui permettaient de triompher. C’est là une page de l’histoire. Une page de l’histoire que les amateurs vont revivre le samedi prochain, au stade Demba Diop.
En effet, le combat Ama Baldé-Amanekh symbolise, à bien des égards, ces bons moments qui ont donné une vie, une âme et un vécu à la lutte dans les localités «Lébou». Alors le combat de samedi, à Demba Diop, sera un des moments de souvenir que les initiés ne voudront pas rater. Amanekh est l'héritier de ces illustres champions «Lébou» que Falaye Baldé mettait par terre. Amanekh est entré dans leur mental et leur vécu de l'arène, par son langage usité et le verbe. Doté d'un physique qui rappelle le prototype du «Lébou» pécheur, avec ses épaules, thorax et poitrine bien achalandée physiquement parlant, Amanekh est assis sur une bonne plaquette technique. Le bonhomme sait se mouvoir dans la peau de l'adversaire. Il donne l'impression de fuir les débats, alors qu'il est bien concentré sur son sujet. Adepte des techniques des mains, le Sol, le Heugne, le Lâlî et le Mbôôte au ras du sol, Amanekh est un lutteur qui est dangereux pour les poids lourds et lutteurs pressés de vouloir en finir avec lui.
Des techniques de lutte que le protégé de Ibra Yade, l'ancien directeur technique national de lutte, sait mettre en exergue à tout moment et dans n'importe quelle situation dans un combat. Le lutteur sait encaisser, faire le «Mbapate» et donner des coups là où il faut les mettre, et jouer sur son registre technique pour avoir gain de cause. Il est aussi bien avec ses jambes. Il sait être dangereux et expéditif. Pour qui connaît «Mbaye Guèye Ndiaye» l'héritier de Abdourahmane Ndiaye «Falang», la ressemblance est frappante aussi bien dans le gestuel, la frappe et les dispositions techniques et mentales avec Amanekh. C'est ce «pêcheur» qui descend dans l'arène, avec ses tares et atouts. Amanekh, c'est l'intelligence en mouvement dans la lutte. Dernier vainqueur de Lac Rose de l'écurie Fass avec qui il a les mêmes similitudes et caractéristiques, Amanekh qui croit en ses possibilités physiques et techniques, va vers un combat qu'il sait dangereux et indécis. L’adversaire d'en face, Ama Baldé sort d'une défaite devant Gouye-Gui. Il sait que ce dernier veut se réhabiliter.