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25 avril 2025
Société
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DABA, L'ANGE DU CHAOS
Gacha élève Daba. La plasticienne camerounaise rend un hommage mérité à la musicienne sénégalaise, l’une des rares femmes à moto, à Dakar, en toute sérénité, avec une « liberté sans concession » et un caractère qui émerveillent les petites filles.
Deux ans après sa participation dans l’exposition internationale, l’artiste franco-camerounaise Beya Gille Gacha est de retour cette année à la 15è édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, Dak’Art 2024. Toujours avec la même finesse dans ses créations, Beya Gille Gacha a cette année proposé deux installations parmi lesquelles celle intitulée L’Amazone. Œuvre à travers laquelle elle rend un bel hommage à une autre artiste, la musicienne sénégalaise Daba Makhouredia, une des rares femmes motorisées à Dakar et dont la Camerounaise est prise d’admiration.
Ainsi, Gacha, la Camerounaise, a décidé de rendre plutôt un « femmeage » à Daba la Sénégalaise parce qu’inspirante, impressionnante. Pour Gacha, Daba s’affirme à travers sa personnalité, son caractère, « sa liberté sans concession » en se mettant souvent à moto sans se préoccuper du qu’en dira-t-on. Tant que sa manière d’être parle aux petites filles, et même aux petits garçons, ce n’est que du bien.
Pour Beya, Daba fait partie de ces personnes qui changent le monde en y apportant du « chaos » dans un sens mélioratif du terme. Elle parle de « l’ange du chaos ». A travers sa « liberté sans concession » Daba donne au monde une certaine « grandeur, de l’avis de la plasticienne.
Dans sa deuxième installation, l’artiste franco-camerounaise a proposé d’une création particulière, un objet en rapport avec la Seconde Guerre mondiale qui nous plonge dans la problématique de la préservation de l’environnement, du rapport de l’humain à la nature. Pour Beya Gille Gacha que l’Homme se résolve à protéger la nature ou pas, cela ne semble pas très grave parce que la nature « finira toujours par prendre ses droits. »
DABA, L’ANGE DU CHAOS
RELIGIONS, MUTATIONS ET MOBILITES AU CENTRE DE LA COEXISTENCE PACIFIQUE
La 16e édition du colloque interreligieux de la fondation Konrad Adenauer s’est ouverte hier, mardi 12 novembre, et ce pour deux jours, à Dakar, sous le thème de «Religions, mutations et mobilités».
La 16e édition du colloque interreligieux de la fondation Konrad Adenauer s’est ouverte hier, mardi 12 novembre, et ce pour deux jours, à Dakar, sous le thème de «Religions, mutations et mobilités». Plusieurs communications sont en cours pour éplucher les axes prioritaires que la fibre spirituelle peut raffermir entre les différentes communautés religieuses. D’importantes recommandations sont attendues, ce mercredi, dans le sillage d’appuyer les initiatives locales de promotion du bon voisinage, de la stabilité et de la paix aussi bien au Sénégal qu’ailleurs dans le monde.
Le thème générique de la 16e édition du colloque interreligieux de deux jours, ouvert hier mardi, à Dakar, sonne comme une invite aux communautés religieuses à œuvrer pour le dialogue et le raffermissement des relations sociales, dans la perspective de bâtir la paix mondiale. «Religions, mutations et mobilités», c’est le thème qui a été stabilisé par le comité scientifique, sous l’égide de la fondation Konrad Adenauer et de ses partenaires. «Ce colloque est une tribune d’expression très large où chacun apporte ses idées et ses réflexions, dans le sillage de la construction des valeurs religieuses basées sur la tolérance, la foi en Dieu et la solidarité», explique Mme Caroline Hauptmann, la Représentante résidente de la fondation à Dakar. Et de poursuivre sur l’exemple des valeurs du Sénégal, le pays de la «Teranga» (hospitalité, en langue locale wolof) ; «ce qui va contribuer à une meilleure compréhension car chacun a ses perceptions et ses valeurs. Et c’est ce qui fait la beauté du Sénégal, le pays de la «Teranga», où la tolérance et le vivre ensemble envers les différentes religions, la liberté de culte sont célébrées depuis très longtemps». UNE FOIS ET POUR LA FOI ! Une synergie des communautés religieuses pour densifier le ciment de la paix et du développement, c’est le vœu pieux du professeur de philosophie et de théologie, Marcel Birame Mbemgue, vicaire en paroisse et secrétaire particulier de l’évêque de Thiès. «Il est important que, tous ensemble, qu’on puisse travailler à ce que la paix et la concorde soient toujours établies au sein de nos instances de discussion et de communication». Cheikh Waly Seck, imam et président de la fondation Initiatives pour la promotion de l’Islam, souscrit à cette vision. «Prêcher la bonne parole est un devoir pour tout un chacun. Nous, nous le faisons à chaque rassemblement à savoir lors des prières du vendredi et autres lieux de convergence. C’est notre rôle, porter le message de la paix et la paix seulement pour une communauté tranquille», fait-il observer.
Les religions traditionnelles y sont représentées par Lionel Diadia Diédhiou, porte-parole du roi d’Oussouye, en basse Casamance. Il a fait mention des missions du souverain, dans sa dimension sociale et constructive.
Le dialogue interreligieux est donc un moyen d’apaiser les tensions aussi bien au Sénégal qu’au moyen orient ; c’est l’avis de Mme Tania Berg, la Représentante de l’ambassadeur d’Israël au Sénégal. «C’est de promouvoir le dialogue pour comprendre le voisin, penser à demain, à nos enfants. Il peut y avoir des incompréhensions ; mais nous allons continuer à vivre ensemble et construire l’avenir ensemble. Il est donc clair que le dialogue interreligieux est un moyen d’apaiser les tensions», soutient Mme Berg.
Plusieurs communications ont ponctué cette première journée axées sur «Religions, mutations et mobilités». A travers le temps et l’espace, il ressort que la foi et la divinité, adossées aux valeurs sociales, forment un pilier solide pour construire une société sans haine.
par Dethie Faye
L'APPEL À LA RAISON
Au vu de la tournure dangereuse de la campagne électorale, malgré les différentes alertes, les Sénégalais doivent prendre conscience que ceux qui font l'apologie de la violence ne méritent pas nos suffrages
Dans un post, en date du 31 octobre 2024, je declarais : "Je suis avec beaucoup d'attention la campagne pour les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024. Les actes de violence notés depuis quelques jours, entraînant des dégâts matériels et des blessures, n'honorent pas les acteurs politiques.
Je réitère ma condamnation de la violence sous toutes ses formes et invite la justice et les forces de défense et de sécurité à assumer leurs responsabilités pour mettre un terme à cette barbarie."
Aujourd’hui, mardi 12 novembre 2024, au vu de la tournure dangereuse de la campagne électorale, malgré les différentes alertes, les Sénégalais doivent prendre conscience que ceux qui font l'apologie de la violence ne méritent pas nos suffrages.
Dethie Faye est président de la CDR/Fonk Sa Kaddu.
PAR Oumou Wane
OÙ VOULONS-NOUS ALLER ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Pourquoi cette brutalité de la campagne ? Pourquoi cette atmosphère de violence, cette remise en cause de l’ordre social ? Serait-ce par absence d’arguments ou de programmes ?
Mais de quoi l’opposition a-t-elle peur dans notre pays pour perpétrer des actes de violence aussi inqualifiables qu’inacceptables ? Peut-être de la rupture majeure qui s’annonce et a déjà imprégné les esprits depuis la dernière élection présidentielle.
Les attaques de la nuit dernière contre des militants du Pastef à Saint-Louis sont terribles et abîment notre démocratie. Le Premier ministre Ousmane Sonko qui est également tête de liste du parti Pastef, a fait état sur ses réseaux sociaux, dans la nuit de lundi à mardi, d’attaques ayant ciblé son camp à Dakar, Saint-Louis, et Koungueul, qu’il impute à des sympathisants de Barthélémy Dias, maire de Dakar et leader d’une coalition concurrente. Choqué visiblement par ces images d’une rare violence, Ousmane Sonko, hors de lui, réclame des sanctions fortes après ces attaques contre ses militants. D’ici-là, il se chargera lui-même de rétablir l’équilibre de la terreur en appelant ses partisans à se rendre devant chez Barthélémy Dias…
Déjà, le convoi du Premier ministre, en campagne pour les élections législatives, avait été attaqué la semaine dernière à Koungheul, dans le centre du pays. Cette agression sur un élu s’inscrit dans un climat de violence exacerbé qui réclame une condamnation unanime de la classe politique.
Alors pourquoi cette brutalité de la campagne ? Pourquoi cette atmosphère de violence, cette remise en cause de l’ordre social ? Serait-ce par absence d’arguments ou de programmes ? Comme le dit très justement Aminata Touré « La violence est l’arme des perdants qui n’ont aucun autre argument à faire valoir ».
Je veux citer aussi Mamadou Diop Decroix, qui dans son article « Pourquoi faut-il voter la liste Pastef ? », met le doigt sur le courage politique d’Ousmane Sonko, en nous rappelant que « pour la première fois depuis 1960, un parti au pouvoir va à une campagne électorale en s’interdisant l’utilisation des moyens de l’État ».
C’est cela aussi le prix de la rupture ou le piège de la rupture théorisé par Mame Birame Wathie ? Quoi qu’il en soit, depuis très longtemps les enjeux d'une élection n'avaient pas été aussi importants au Sénégal. Quasi historiques !
Et c’est bien cela qui souffle un vent d’espoir dans la population et un vent de panique dans l’opposition. On ne peut jamais prédire à l’avance les résultats d’une élection mais l’on devine bien ici que la victoire est déjà acquise pour le parti au pouvoir. La victoire et avec elle le changement de société et de gouvernance, la rupture tant attendue par la majorité et si redoutée par ses détracteurs.
Souvenons-nous, le 12 septembre dernier à 20 heures, dans une allocution à la télévision nationale, notre nouveau président Bassirou Diomaye Faye annonçait dans une allocution : « Je dissous l’Assemblée nationale pour demander au peuple souverain les moyens institutionnels qui me permettront de donner corps à la transformation systémique que je leur ai promise ».
Rien de bien surprenant donc à ce que le président Bassirou Diomaye Faye, élu en mars, ait annoncé la tenue d’élections législatives anticipées le 17 novembre prochain. Le Parlement actuel restant jusqu’ici dominé par les fidèles de l’ancien président Macky Sall.
Les candidats de 41 listes de coalitions et partis politiques ont jusqu’à dimanche pour convaincre les électeurs : 165 sièges au Parlement sont en jeu pour des législatives cruciales pour le parti au pouvoir, le Pastef. Pour le camp présidentiel, après sa victoire haut la main à la présidentielle avec 54% des voix, le principal enjeu des législatives est de décrocher 99 députés sur les 165 pour pouvoir avoir la majorité qui permettrait la mise en place de la haute cour de justice. C’est peut-être là la source du désespoir et des angoisses qui provoque toute cette violence.
Aujourd’hui, le programme économique des nouvelles autorités, baptisé « Sénégal 2050 », multiplie les objectifs chiffrés, dont une croissance soutenue pour les prochaines années.
Alors, Macky Sall, depuis son bastion retranché, peut bien critiquer le duo Diomaye-Sonko en pointant du doigt son immaturité dans une missive au peuple sénégalais. Même si la rupture ne fait pas une politique ! C’est sans compter sur le renouveau et le brio de l’offre du Pastef et du programme de notre président et de son premier ministre, pour « faire du Sénégal, un pays souverain, prospère et juste ».
Oumou Wane est présidente de Citizen Média Group-africa7
BOUGANE DÉNONCE UNE CHASSE AUX SORCIÈRES
Le leader de Gueum Sa Bopppointe du doigt une conspiration orchestrée au sommet de l'État. Dans un communiqué au vitriol, il accuse le camp présidentiel de préparer le terrain pour une possible annulation des élections
(SenePlus) - Bougane Guèye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp et membre de la coalition Saam Sa Kaddu, a dénoncé l'arrestation nocturne de plus de 40 agents de sécurité rattachés à sa protection et à celle de Barthélémy Dias.
Selon un communiqué publié par le leader politique, ces interpellations auraient été ordonnées par le ministre de l'Intérieur, Jean Baptiste Tine. L'affaire prend une dimension plus préoccupante avec les accusations portées contre Ousmane Sonko, tête de liste nationale du Pastef, qui aurait donné des directives pour cibler la coalition Saam Sa Kaddu.
Le contexte de cette campagne des législatives s'est particulièrement tendu suite à l'attaque du siège de Saam Sa Kaddu et à la déclaration controversée d'Abass Fall, cadre du Pastef, appelant les militants à s'armer. Bougane Guèye Dany interprète ces événements comme une stratégie visant à semer le chaos à Dakar durant les derniers jours de campagne, possiblement pour créer les conditions d'une annulation du scrutin.
Le leader de Gueum Sa Bopp lance un appel aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS), les exhortant à "rester républicaines face aux ordres illégaux". Il sollicite également l'intervention de la communauté internationale pour garantir le respect des droits constitutionnels de tous les Sénégalais, qu'ils soient électeurs ou candidats.
L’ÉCOLE SÉNÉGALAISE FACE AU DÉFI D'UNE POLITISATION RAMPANTE
À Ross Béthio, une petite ville de la région de Saint-Louis, des parents d’élèves et des enseignants de l’école franco-arabe locale dénoncent l’utilisation de cahiers portant en couverture les images du tandem politique Diomaye Faye-Ousmane Sonko.
À Ross Béthio, une petite ville de la région de Saint-Louis, l’indignation a pris la forme d'une plainte publique. Des parents d’élèves et des enseignants de l’école franco-arabe locale dénoncent l’utilisation de cahiers portant en couverture les images du tandem politique Diomaye Faye-Ousmane Sonko, figures de proue du Pastef. Ce qui a suscité une vive polémique, plaçant l’école au cœur d’un débat sur la neutralité de l’enseignement et le respect du caractère apolitique des établissements scolaires.
Les cahiers en question arborent fièrement l’effigie du président de la République Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour les enseignants et parents d’élèves, ce geste équivaut à une forme subtile de propagande. ‘’L’école est un lieu sacré, un sanctuaire voué à l’éducation et non à la politique’’, s'insurgent-ils, appelant les autorités compétentes à retirer immédiatement ces supports scolaires.
L'affaire, relayée par la RFM, a jeté un pavé dans la mare et poussé de nombreux acteurs de l’éducation à réagir.
Hamidou Diedhiou, secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), a vivement condamné cet usage. Pour lui, introduire de la propagande politique dans un établissement scolaire est une atteinte grave aux principes de neutralité et d'impartialité qui régissent l'éducation. ‘’Quand on commence à introduire des supports aux couleurs d'un candidat dans les salles de classe, on franchit une limite dangereuse’’, avertit-il. Diedhiou exige une enquête pour situer les responsabilités et appliquer des sanctions exemplaires, afin de préserver l'intégrité des écoles contre toute instrumentalisation.
L'Affaire Ibrahim Guèye : quand les profs s'invitent en politique
Le débat ne s'arrête pas là. Dans un contexte de tensions politiques exacerbées, une vidéo virale a enflammé les réseaux sociaux. On y voit le professeur Ibrahima Guèye, enseignant dans un établissement à Bargny, appeler ouvertement ses élèves à soutenir le Pastef aux prochaines Législatives. Sa prise de position publique a provoqué une levée de boucliers parmi ses pairs, notamment Mouhamed Diop, un autre enseignant affilié au parti présidentiel, qui a fermement dénoncé cette initiative. ‘’Cher collègue, vous avez commis une faute professionnelle indéfendable’’, a-t-il écrit, soulignant la nécessité pour les enseignants de préserver leur devoir de réserve.
Face à la montée de la polémique, le ministère de l’Éducation nationale a publié un communiqué sans équivoque. Il rappelle que l'école est un ‘’sanctuaire dédié au savoir’’ et toute intrusion partisane y est inadmissible. Le ministère déplore que son image soit instrumentalisée dans une vidéo à connotation politique, rappelant que l’éducation doit rester un espace libre de toute influence extérieure. ‘’L’Éducation nationale est une institution neutre. L’école doit être préservée de toute interférence politique’’, martèle le communiqué.
Le ministère promet de garantir un environnement éducatif impartial, tout en appelant les enseignants à respecter la stricte séparation entre leurs engagements personnels et leur devoir envers les élèves.
Une pratique ancienne qui refait surface
Le recours à des supports scolaires à des fins de propagande n’est pas nouveau. En 2021 déjà, Mame Boye Diao, alors directeur général des Domaines, avait été accusé de distribuer des cahiers portant son image dans les écoles de Kolda. Aliou Sambou Bodian, journaliste et blogueur, avait alerté sur ce précédent. ‘’L'école est apolitique’’, avait-il clamé sur Twitter, dénonçant une confusion entre générosité et propagande électorale. La ministre de la Jeunesse, Néné Fatouma Tall, avait aussi été critiquée pour avoir distribué des sacs avec sa photo aux élèves de Guédiawaye.
Ces pratiques suscitent l’indignation de nombreux observateurs qui considèrent que l’école doit rester un lieu sanctuarisé, à l’abri des ambitions politiques. Martin Faye, journaliste, affirme que l’espace scolaire ne doit jamais devenir un fonds de commerce électoral. ‘’C'est une question de respect pour l'école et pour les élèves’’, insiste-t-il.
Des activistes montent au créneau
La controverse a également mobilisé des acteurs de la société civile. Birahime Seck, coordonnateur du Forum civil, appelait à des mesures urgentes pour empêcher la distribution de matériel scolaire à caractère politique. Pour lui, l'école doit être protégée des dérives partisanes.
Alioune Tine, expert des droits de l’homme, partage cet avis et déplore l'usage politisé de fonctions publiques. ‘’Les directeurs généraux et hauts fonctionnaires doivent être des garants de la neutralité de l'État’’, affirme-t-il, prônant une gestion de l'État à l’abri de toute influence familiale, ethnique ou partisane.
Le constitutionnaliste Mouhamadou Ngouda Mboup enfonce le clou. Il estime que les autorités locales doivent prendre des mesures contre ceux qui violent la neutralité scolaire. ‘’L'État doit rester neutre. La neutralité est un principe fondamental du service public’’, rappelle-t-il.
Selon lui, laisser des acteurs politiques s’immiscer dans les écoles revient à manipuler les élèves, une pratique inacceptable.
Pour Seydi Gassama d’Amnesty International, il est impératif de durcir la réglementation afin d’éviter que l'argent public serve à des fins électorales. Il propose un consensus national pour interdire aux responsables des agences publiques de s’engager en politique. ‘’Les biens qu'ils gèrent appartiennent à tous les Sénégalais’’, souligne-t-il, plaidant pour un service de l'État exclusivement dévoué à l'intérêt général.
Samba Diamanka, journaliste, apporte une perspective nuancée. Pour lui, il faut se demander pourquoi certains s’insurgent contre des cahiers politiques alors que d'autres acceptent que des photos de lutteurs ornent ces mêmes supports. ‘’Le plus important, c’est de choisir des maires capables de développer les villes’’, affirme-t-il. Cependant, pour nombre de Sénégalais, le débat dépasse les couleurs des cahiers : il s'agit de défendre la neutralité d'un espace sacré, celui de l'école, contre toute forme de récupération politique.
L'affaire des cahiers de Ross Béthio et la vidéo d’Ibrahima Guèye rappellent une réalité inquiétante : l'intrusion de la politique dans les espaces éducatifs. Alors que les élections législatives se profilent à l’horizon, l'école sénégalaise semble être devenue un terrain de jeu pour les ambitions partisanes. Si les autorités ne prennent pas des mesures fermes, ces dérives risquent de miner la crédibilité et la neutralité de l'éducation publique au détriment des élèves qui méritent un enseignement libéré de toute influence politique.
PAR Thierno Alassane Sall
LA DANGEREUSE ESCALADE DU POUVOIR
Le Premier ministre choisit de nouveau d’endosser l’uniforme de chef de milice, cette fois contre l’État qu’il dirige. Un précédent d’une extrême gravité qui, dans un pays normal, aurait conduit au limogeage immédiat des personnes concernées
À la veille de l’ouverture de la campagne pour les élections législatives, le président Diomaye avait jugé nécessaire d’avertir les coalitions en lice d’éviter le recours à la violence.
Cet avertissement, probablement motivé par les informations en sa possession, n’a pas été suivi d’actions conséquentes de la part de l’État lorsque le siège d’une coalition a été attaqué avec des cocktails Molotov, ni lorsque l’un des chefs de Pastef à Dakar a appelé ses partisans à s’armer. Inévitablement, la violence non réprimée par les autorités détentrices du monopole de la Justice, s’apparente à une double violence et appelle à davantage de violences.
Le cortège du Premier ministre a, à son tour, été la cible de jets de pierres. Et l’escalade tragique survenue à Saint-Louis semblait presque inscrite dans cet enchaînement fatal, tant les cortèges subissent les harcèlements de certains individus cherchant à les empêcher de mener campagne dans la sérénité.
Face à cette situation, le Premier ministre, bien que disqualifié pour s’en plaindre au vu de son rôle dans l’avènement de ce climat de haine, dispose des instances appropriées pour prendre les mesures nécessaires. Outre ses réunions de travail avec le président, le Conseil national de sécurité ou encore le Conseil des ministres sont les cadres propices à cet effet.
Au lieu de faire face avec hauteur et gravité à ce risque majeur pour la sécurité du pays, comme l’exige son rôle, le Premier ministre choisit de nouveau d’endosser l’uniforme de chef de milice, cette fois contre l’État qu’il dirige. Son appel à la loi du talion est repris par de hauts dirigeants de l’administration, tous nommés par le président. Cela constitue un précédent d’une extrême gravité qui, dans un pays normal, aurait conduit au limogeage immédiat des personnes concernées.
Mais comme le Sénégal semble tolérer un « ticket » de facto non prévu par la Constitution, on frôle une crise politique majeure, alors qu’une crise économique et sociale rend déjà le pays hautement inflammable.
Nous appelons les deux têtes de l’exécutif à évaluer, avec impartialité et un sens accru de leurs responsabilités, les périls auxquels nous expose leur rivalité désormais officiellement proclamée par le Premier ministre.
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REVIREMENT DE TON CHEZ SONKO
Après une succession de violences dans la campagne et sa sortie polémique de la veille, le Premier ministre adopte ce mardi une position plus conciliante, invitant notamment ses partisans à "n'attaquer personne", tout en restant vigilants
(SenePlus) - Après des déclarations virulentes appelant la veille à la "vengeance proportionnelle" contre les agressions subies par son parti Pastef, le chef du gouvernement Ousmane Sonko a finalement exhorté ce mardi, ses militants à la retenue.
"N'attaquez personne, ne frappez personne, ne provoquez personne. Désactivez tout mais qu'on reste vigilant", a déclaré le Premier ministre dans la soirée, contrastant avec sa dernière sortie où il affirmait que "Barthélémy Dias et sa coalition ne doivent plus battre campagne dans ce pays."
Les tensions se sont particulièrement cristallisées autour des événements de Saint-Louis, où des affrontements ont fait plusieurs blessés par armes blanches. Le gouverneur de la région a confirmé l'interpellation de 81 personnes en lien avec ces incidents, une enquête de police ayant été ouverte.
Face à cette situation, la coalition Samm Sa Kaddu, menée par Barthélémy Dias, a vivement réagi en dénonçant un "appel au meurtre assumé par l'actuel Premier ministre" et en tenant Ousmane Sonko "responsable de tout ce qui pourrait arriver à ses membres, militants, sympathisants et électeurs."
Cette escalade verbale intervient malgré l'appel à l'apaisement lancé le 25 octobre par le président Diomaye Faye, qui avait exhorté tous les acteurs politiques à "éviter les dérives dans leurs discours et leurs actes." La multiplication des incidents violents depuis le début de la campagne le 27 octobre a conduit le Premier ministre à pointer une "faillite de l'État", évoquant "trois agressions, zéro arrestation" contre son camp.
À Dakar, la tension reste palpable avec un rassemblement de militants du Pastef placé sous haute surveillance policière, notamment aux abords du domicile du maire de la capitale.
DAOUDA NGOM INVITE LES PAYS MEMBRES DE L'OMVS À PRENDRE EN CHARGE LA POLLUTION DE LA FALÉMÉ
Lors de la COP 29 à Bakou, le ministre sénégalais de l’Environnement et son homologue malien ont appelé à une coopération régionale renforcée afin de préserver ce cours d’eau vital pour les populations locales.
Bakou, 12 nov (APS) – Le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom et son homologue Malien, Mamadou Samaké (Environnement et Assainissement), ont invité mardi les pays membres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) à prendre en charge la pollution de son affluent le plus important, la Falémé.
”Cette problématique ne peut être réglée par un seul pays d’où la nécessité pour les pays en partage de ce cours d’eau de se retrouver à travers l’OMVS pour prendre à corps la pollution de la Falémé’’, a dit M. Ngom.
Daouda Ngom co-animait, dans le cadre de la Cop 21, un panel de haut niveau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) avec ses homologues de la Guinée, Diamilatou Diallo (Environnement et du Développement durable) et Mamadou Samaké (Environnement et Assainissement) du Mali ainsi que d’autres officiels des pays du bassin du fleuve Sénégal.
”Le Sénégal, a-t-il déploré, souffre énormément de la pollution de la Falémé dans la zone de Kédougou. Donc, nous appelons à la mise en place d’un grand projet de dépollution et d’un observatoire pour le suivi régulier du fleuve Sénégal, une idée qu’on partage avec le Mali’’, a-t-il lancé.
Il a également appelé l’OMVS à prendre les devants en mettant en place des projets intergouvernementaux pour régler certains problèmes du bassin du fleuve de Sénégal, suggérant entre autres une réserve de biosphère entre le Sénégal, le Mali et la Guinée à travers l’organisation sous régionale.
Selon lui, une telle initiative pourra ‘’concilier la conservation de la biodiversité avec une utilisation des ressources permettant de maintenir les services écosystémiques offerts aux communautés locales’’.
Abondant dans le !e même sens, Mamadou Samaké, ministre Malien de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a insisté sur l’importance de s’appuyer sur la coopération régionale pour sauvegarder la Falémé.
”Avec mon homologue Sénégalais, Daouda Ngom, nous avons décidé à Cali en Colombie, lors du dernier sommet sur la biodiversité, de renforcer les mesures de sauvegarde de ce cours d’eau prises par nos deux pays dans l’objectif d’aller à un autre niveau de coordination’’, a-t-il rapporté.
Selon lui, ‘’si au-delà du Sénégal et du Mali, les pays qui partagent ce cours n’interviennent pas de façon cordonnée leurs politiques de sauvegarde de la Falémé, nous ne serons pas efficace face à l’ampleur du problème de pollution’’.
”Si nous ne mettons pas un terme aux activités d’orpaillage et de pollution en cours sur la Falémé, nous risquons de perdre ce cours d’eau. Aujourd’hui, nous sommes en train d’aller malheureusement à cela c’est pourquoi, il faut une mobilisation générale et coordonnée des pays qui partagent ce cours d’eau’’, a-t-il prévenu, en soulignant que l’heure est à ‘’des actions énergiques et coordonnées pour plus d’efficacité’’.
Dans cette perspective, des techniciens des départements concernés des pays limitrophes du fleuve Sénégal sont en train de préparer une rencontre destinée à mettre en plan d’actions concertées sur la problématique de la Falémé, a-t-il annoncé.
M. Samaké a assuré que le gouvernement Malien a la volonté politique et la détermination de sauvegarder la Falémé, relevant que la coopération régionale incarnée par l’OMVS est un outil formidable pour la sauvegarde la Falémé.
Ce panel axé sur le thème ”changement climatique une opportunité pour renforcer la résilience des bassins fluviaux transfrontaliers” est organisé par l’OMVS, dans le cadre de la 29e conférence des Parties prévue du 11 au 22 novembre à Bakou, en Azerbaïdjan.
À SAINT-LOUIS, DES ARMES SAISIES LORS D'UNE CARAVANE
La Police nationale a mis la main sur un véritable arsenal dissimulé dissimulé à bord de sept véhicules : bombes asphyxiantes, tasers et autres armes blanches. L'opération s'est soldée par 81 interpellations, dont 77 gardes du corps
(SenePlus) - La Police nationale annonce l'interpellation de 81 personnes à Saint-Louis, dont 77 gardes du corps, dans le cadre d'une opération de sécurisation d'une manifestation politique. Cette intervention, détaillée dans un communiqué de la Division Communication et Relations Publiques de la Direction Générale de la Police Nationale, fait suite à des scènes de violence ayant occasionné plusieurs blessés ce lundi 11 novembre 2024.
Les quatre premières interpellations concernent des individus poursuivis pour coups et blessures volontaires. Ils sont actuellement en garde à vue au commissariat central de Saint-Louis. Les 77 autres arrestations sont intervienues dans un second temps, lors d'une opération menée au Km50.
C'est précisément vers 11h30 qu'un important dispositif sécuritaire, mobilisant la Brigade d'Intervention Polyvalente (BIP) et le Groupement Mobile d'Intervention (GMI), ont procédé à l'interception et à la fouille d'une caravane appartenant à une coalition de partis politiques.
Cette opération a permis aux forces de l'ordre de mettre la main sur un arsenal conséquent dissimulé à bord de sept véhicules : des bombes asphyxiantes, des bâtons télescopiques, des douilles, des tasers, des couteaux et des lance-pierres. L'ensemble des véhicules transportant ces armes a été immédiatement saisi.
Les investigations se poursuivent, indique la Police nationale, qui cherche à identifier d'éventuels autres participants aux violences.