Le Rapport sur la gestion 2025 du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) rendu public hier, mardi 7 avril, a mis en lumière une dynamique contrastée, entre modernisation des procédures, hausse des financements et exigences en matière de conformité. Avec une enveloppe globale de 1,9 milliard de F CFA, presque intégralement distribuée. Très critique sur la gestion du Fonds d’Aide et de Développement de la Presse (FADP), le Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tient une conférence de presse, ce mercredi, afin de se prononcer sur la publication dudit rapport et de ses contours.
Au total, 241 dossiers ont été enregistrés, dont 164 approuvés, soit un taux de sélection avoisinant 70 %. D’après le rapport, cette proportion traduit une certaine rigueur dans l’examen des demandes, et une amélioration progressive de la qualité des dossiers soumis. La digitalisation constitue à cet égard une avancée notable. La plateforme Déclaration Médias Sénégal (DMS) a permis le dépôt de 165 dossiers en ligne, avec un taux d’éligibilité de 80 %, soit 132 dossiers validés.
En revanche, les dépôts physiques affichent des performances inférieures. Sur 76 dossiers soumis sous format papier, seuls 29 ont été jugés conformes, soit 38,15 %. Ce décalage met en évidence les limites de certaines structures face aux exigences administratives. Malgré l’impossibilité de proroger les délais, le Conseil de gestion a accordé, à titre exceptionnel, des délais de régularisation pour les dossiers déposés dans les temps.
Les rejets observés s’expliquent principalement par des manquements récurrents : défaut de conformité fiscale et sociale, absence de contrats de travail en nombre suffisant, ou encore carences dans l’organisation éditoriale. Certains groupes ont également été sanctionnés pour duplication de documents entre différents organes.
La répartition des financements a été pensée selon la nature et les charges des médias. Les montants alloués varient de 3 à 50 millions de F CFA, selon qu’il s’agisse de presse en ligne, écrite, audiovisuelle ou de radios communautaires. Au total, 164 bénéficiaires ont été retenus, dont 127 radios communautaires, traduisant une volonté d’ancrage territorial et de soutien à l’information de proximité. Par ailleurs, le rapport souligne un effort en matière de formation, avec une enveloppe de 125,75 millions de F CFA, en hausse de plus de 400 % par rapport à 2023. Cette orientation vise à renforcer durablement les compétences des professionnels, notamment à travers la validation des acquis et des formations diplômantes. Les organes de gouvernance, ainsi que les médias publics, ont également bénéficié de financements importants. Plus de 609 millions de F CFA ont été alloués à des structures comme l’Agence de Presse Sénégalaise, la Radiotélévision Sénégalaise ou encore l’Agence de Distribution de Presse, dans une logique de soutien stratégique à l’écosystème médiatique.
Pour information, le Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tient une conférence de presse ce jour à 12h00 à la Maison de la Presse Babacar Touré. La rencontre portera également sur la gestion du Fonds d’Aide et de Développement de la Presse (FADP)
FADP 2025 : LA CLE DE REPARTITION
Le rapport de gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) pour l’exercice 2025 lève le voile sur la répartition détaillée des subventions accordées aux médias sénégalais. Sur une enveloppe globale de 1 098 750 000 F CFA destinée à la presse privée et aux radios communautaires, voici ce que chaque acteur a perçu.
PRESSE EN LIGNE : SENEWEB ET DAKARACTU EN TÊTE
Avec 326 800 000 F CFA répartis entre 21 bénéficiaires, la presse en ligne confirme sa place de secteur dynamique. Seneweb décroche la première place avec 38 000 000 F CFA, devant Dakaractu (35 200 000 F CFA) et le Groupe Walfadjri (25 200 000 F CFA). Senenews et Senego Media perçoivent chacun 24 000 000 F CFA, tout comme PressAfrik. Le Groupe Sans Limites (GSL) reçoit 26 000 000 F CFA, tandis que Senepeople obtient 18 000 000 F CFA. Les nouveaux entrants comme Pulse.sn, Wannel TV, l’independant.com et Actuthies se partagent 4 800 000 F CFA chacun.
TÉLÉVISIONS : 2STV ET WALFADJRI DOMINENT
L’enveloppe télévisuelle s’établit à 157 500 000 F CFA pour cinq chaînes. 2STV et le Groupe Walfadjri trustent les montants les plus élevés avec 42 500 000 F CFA chacun. Label Media Plus reçoit 22 500 000 F CFA, tandis que Al Mouridiyyah s/c ARS IIERM et Lamp Fall Communication obtiennent 25 000 000 F CFA chacune.
RADIOS COMMERCIALES : SEN RADIO EN POLE POSITION
Quatre radios se partagent 96 250 000 F CFA. Sen Radio capte la plus grande part avec 33 250 000 F CFA, suivie du Groupe Walfadjri (31 500 000 F CFA), Trade FM (17 500 000 F CFA) et Alfayda FM (14 000 000 F CFA).
PRESSE ÉCRITE : SUD ET WALFADJRI À ÉGALITÉ
Sept titres de presse écrite se partagent 106 000 000 F CFA. Sud Sarl et le Groupe Walfadjri se retrouvent ex aequo avec 19 250 000 F CFA chacun. L’AS perçoit 16 250 000 F CFA, devant Les Echos et Arc Editions (15 000 000 F CFA chacun), Yoor Yoor (12 500 000 F CFA) et Aurore du Sud (8 750 000 F CFA).
RADIOS COMMUNAUTAIRES : 127 STATIONS FINANCÉES
Le secteur communautaire constitue le plus grand nombre de bénéficiaires avec 127 radios pour un total de 412 200 000 F CFA. Les montants individuels varient entre 3 000 000 et 4 400 000 F CFA. Parmi les mieux dotées figurent Radio Oxyjeunes 103.4, Gabou FM, Jokkoo FM, Moubarak FM, Mbour FM et Rail Bi FM, chacune à 4 400 000 F CFA. Benno FM se distingue avec 4 250 000 F CFA, tandis que la grande majorité des stations perçoit le plancher de 3 000 000 F CFA.