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Afrique, le mirage du pétrole et du gaz remis en question par un nouveau rapport
Selon une étude publiée par Oil Change International et Power Shift Africa, plusieurs décennies d’exploitation des hydrocarbures ont accentué les inégalités et la dépendance économique qu’elles n’ont favorisé un développement durable du continent.
 
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1004867
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(SenePlus) - Un nouveau rapport intitulé « Rêves illusoires : comment le pétrole et le gaz échouent à assurer le développement économique en Afrique », publié conjointement par Oil Change International et Power Shift Africa, dresse un bilan sans appel de décennies d'exploitation des ressources fossiles sur le continent. En analysant la situation de treize pays producteurs, l’étude démontre que l'extraction massive n'a ni réduit la pauvreté ni stimulé une croissance économique inclusive. Au contraire, ce modèle semble avoir exacerbé les vulnérabilités structurelles, creusé les inégalités sociales et renforcé une dépendance délétère vis-à-vis des marchés extérieurs. 

L'un des principaux obstacles identifiés réside dans la structure même de l'industrie des combustibles fossiles, conçue prioritairement pour l'exportation des matières premières et des profits. Les mécanismes actuels favorisent l'accaparement des richesses par les multinationales et une poignée d'élites locales, au détriment de la création d'emplois durables et de l'investissement dans les infrastructures communautaires. Malgré des volumes d'exportation records, de nombreux États producteurs restent paradoxalement dépendants des importations de produits raffinés, subissant de plein fouet l'inflation et la volatilité des cours mondiaux exacerbées par les récents conflits géopolitiques.

La fracture énergétique demeure par ailleurs une réalité criante, alors que des centaines de millions d'Africains n'ont toujours pas accès à l'électricité ni à des solutions de cuisson propre. Le rapport souligne que la persistance dans la voie des hydrocarbures risque d'enfermer les économies africaines dans un cycle de surendettement. Avec la transition énergétique mondiale en cours, les nouveaux investissements dans le pétrole et le gaz courent le risque de devenir des « actifs échoués », privant les États de débouchés à long terme et les laissant face à des défis environnementaux et financiers majeurs.

Directrice Afrique de Oil Change International, Thuli Makama estime que « le pétrole et le gaz n’ont pas permis et ne permettront pas d’assurer le développement de l’Afrique ». Elle affirme que ce modèle « concentre les richesses entre les mains des multinationales et des élites politiques », alors que les populations font face à la pollution, à la perte de revenus et à l’augmentation du coût de la vie. Selon elle, les récentes tensions géopolitiques ont également montré la fragilité de ce système en provoquant une flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Elle plaide ainsi pour « une transition vers les énergies renouvelables qui place les populations au centre et garantisse un développement durable ».

Le directeur fondateur de Power Shift Africa, Mohamed Adow, dénonce de son côté « un conte de fées fossile » vendu à l’Afrique sous la promesse de prospérité. Selon lui, plusieurs décennies d’exploitation pétrolière et gazière ont au contraire rendu les pays producteurs plus vulnérables aux crises mondiales, avec des richesses qui « quittent les économies africaines au lieu de bénéficier aux populations ». Il avertit qu’à l’heure où le monde amorce une sortie progressive des énergies fossiles, poursuivre cette voie pourrait enfermer les économies africaines dans des actifs échoués et une dette croissante.

Même constat pour Kudakwashe Manjonjo, conseiller sur la transition juste et les minerais critiques à Power Shift Africa. Il souligne que « les pays riches en pétrole et en gaz restent pauvres en énergie » et que des millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une énergie fiable malgré des décennies d’exploitation. Selon lui, cette situation reflète avant tout « l’échec d’un modèle extractif qui n’a jamais été conçu pour assurer le développement ». Il estime que l’avenir du continent repose désormais sur son potentiel à devenir « une superpuissance des énergies propres ».

Le rapport soutient qu’une transition vers les énergies renouvelables offrirait davantage d’opportunités économiques au continent. Les auteurs avancent que les investissements dans les énergies propres pourraient générer plus d’emplois, améliorer l’accès à l’électricité et renforcer la résilience des économies africaines face aux fluctuations internationales.

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