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Centenaire de Wade, l’hommage qui ravive les calculs politiques
Dans un contexte de tensions au sommet de l’État et de recomposition possible des alliances, l’hommage national en préparation nourrit l’idée d’une initiative politiquement calculée, aussi utile au président qu’au PDS
 
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(SenePlus) - Le président Bassirou Diomaye Faye prendra en charge les festivités marquant les 100 ans de l'ancien chef d'État début juin. Mais derrière l'hommage au père de l'alternance démocratique, des calculs politiques se dessinent dans un contexte de tensions au sommet de l'État.

L'hommage national à Abdoulaye Wade aura lieu début juin à Dakar, sous la présidence effective de Bassirou Diomaye Faye. Initialement prévu le 29 mai, jour de l'anniversaire du patriarche du Parti démocratique sénégalais (PDS), l'événement a été repoussé au 4 juin en raison de la Tabaski. Mais derrière cette célébration du centenaire de celui que Jeune Afrique décrit comme "une figure tutélaire pour l'ensemble de la classe politique sénégalaise", se profilent des interrogations sur les véritables motivations des acteurs impliqués.

Dans un article publié ce 29 avril 2026 et signé Mawunyo Hermann Boko, le magazine panafricain pose crûment la question : "Faut-il y voir la volonté du PDS de se rapprocher encore du président sénégalais, en délicatesse avec son Premier ministre, Ousmane Sonko, au moment où les tensions entre les deux hommes ne cessent de croître ? Ou, inversement, l'intention de Bassirou Diomaye Faye, qui tente de s'émanciper du Pastef en développant son alliance présidentielle, d'amadouer un partenaire électoral potentiel ?"

L'initiative intervient en effet à un moment particulièrement sensible dans la vie politique nationale. Alors que les rumeurs d'une rivalité croissante entre le président Diomaye et son Premier ministre Sonko se multiplient, le chef de l'État a accepté de prendre entièrement en charge le coût de l'événement et d'en assurer la présidence effective. Une attention particulière qui tranche avec la sobriété habituelle de l'actuel régime.

Le PDS, de son côté, affiche une posture ambiguë. Après avoir soutenu le duo Diomaye-Sonko lors de la présidentielle de mars 2024, le parti d'Abdoulaye Wade s'est placé dans l'opposition lors des législatives de novembre de la même année, s'alliant même avec l'Alliance pour la République (APR) de Macky Sall pour former un groupe parlementaire.

Un partenaire électoral potentiel

Cette valse-hésitation stratégique alimente les spéculations sur un possible rapprochement avec le président, au moment précis où celui-ci chercherait à s'émanciper de la tutelle du Pastef en développant sa propre alliance présidentielle.

Le poids politique du PDS ne peut être ignoré. Jeune Afrique rappelle que le parti libéral est "solidement ancré en pays mouride, où il dispose d'un solide socle électoral". Un atout majeur dans un Sénégal où l'influence des confréries religieuses reste déterminante lors des scrutins. Pour un président en quête d'autonomie politique vis-à-vis de son Premier ministre, séduire le PDS pourrait constituer une carte maîtresse.

D'autant que le parti d'Abdoulaye Wade a déjà démontré sa capacité à "faire la pluie et le beau temps" en 2024, selon l'expression de JA, en apportant puis en retirant son soutien au nouveau pouvoir en l'espace de quelques mois.

Face aux interrogations, les responsables du PDS jouent la carte de la candeur. "Pour le moment, il ne s'agit que du centenaire d'Abdoulaye Wade. Notre démarche auprès du chef de l'État n'a d'autre but que de donner une dimension nationale et inclusive à cet anniversaire. Nous ne mélangeons pas tout", déclare Magatte Sy, membre du bureau politique du parti, cité par Jeune Afrique.

Bachir Diawara, porte-parole d'Abdoulaye Wade, adopte un registre plus solennel pour justifier l'hommage national : "Me Abdoulaye Wade a été un bâtisseur de la démocratie, et même une figure emblématique, tant au Sénégal que sur le continent africain. Il n'appartient pas qu'au Sénégal, mais à la communauté internationale."

Des arguments recevables sur le fond, mais qui n'effacent pas le soupçon de calcul politique. D'ailleurs, Magatte Sy ne ferme aucune porte pour l'avenir : "Le PDS est dans l'opposition avec l'APR, avec laquelle il forme un groupe parlementaire. Mais cela ne nous lie en rien. Si, aux prochaines élections, nous devions [constituer une coalition], nous discuterions avec quiconque [serait intéressé]."

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