(SenePlus) - Le mouvement de remplacement des cadres proches d'Ousmane Sonko à la tête des administrations publiques ne relèverait pas d'un simple ajustement conjoncturel. Selon les informations de Jeune Afrique révélées sous a plume de Mawunyo Hermann Boko et Marième Soumaré ce 15 juillet 2026, cette dynamique viserait à bâtir progressivement un vivier de personnalités « Diomaye compatibles », capables à terme d'ancrer aussi bien la coalition présidentielle que le futur parti du chef de l'État dans l'ensemble du territoire.
Cette stratégie de long terme comporte toutefois un risque politique majeur pour la formation d'Ousmane Sonko. En consolidant patiemment ce réservoir de cadres loyaux, le pouvoir pourrait inciter certains militants patriotes actuellement à la tête d'agences publiques à formaliser leur rupture avec leur ancien mentor. Un scénario qui, à terme, laisserait Pastef en marge de l'appareil d'État qu'il a pourtant contribué à conquérir.
Le refus d'Ousmane Sonko de voir ses proches intégrer le nouveau gouvernement, après son propre limogeage, n'aurait pas fait l'unanimité au sein de son cercle rapproché. D'après les informations recueillies par JA, l'ex-ministre Birame Souleye Diop, présenté comme l'un des piliers du parti, faisait partie des voix favorables à un maintien de représentants patriotes au sein de l'exécutif.
Un choix qu'un opposant interrogé par nos confrères analyse comme calculé. Ousmane Sonko aurait en effet cherché à éviter que ses ministres, une fois installés au gouvernement, ne finissent progressivement absorbés par l'orbite présidentielle plutôt que par celle du parti.
Cette bataille pour le contrôle des relais politiques et administratifs s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre les deux anciens alliés, sur fond de contentieux autour de la réforme constitutionnelle. Reste à savoir si la stratégie du « vivier » suffira à consolider durablement l'ancrage politique du président, ou si elle achèvera plutôt de fracturer une coalition déjà minée par les défections.