Les experts français pourront aider à la fouille des vestiges du site de Thiaroye. Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, en a fait l'annonce hier, mardi 14 juillet, dans son discours lors de la cérémonie commémorant la fête de l'indépendance de la République française. Les deux pays s'engagent également à renforcer leur coopération dans plusieurs domaines.
L’ambassade de France au Sénégal a célébré hier, mardi 14 juillet, la fête nationale française à la Résidence de France, située au Cap Manuel à Dakar. Venu représenter l’État du Sénégal, le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a estimé que les relations franco-sénégalaises entrent dans une nouvelle phase de leur évolution.
« Nos deux pays ont engagé un dialogue exigeant, lucide et constructif afin d’adapter leur partenariat aux aspirations de leurs peuples ainsi qu’aux profondes mutations du contexte régional et international », a-t-il déclaré, ajoutant que cette ambition commune repose sur des principes clairs.
Selon Moussa Sarr, « il est également envisagé la mise en place de programmes de formation croisés pour les archivistes et les professionnels du patrimoine des deux pays, ainsi que la mise à disposition d’experts français pour appuyer les fouilles sur le site de Thiaroye ». Le Garde des sceaux s’est également réjoui de « la bonne disposition des parties sénégalaise et française à collaborer pour une gestion transparente de la question mémorielle ». En effet, des dialogues positifs sont désormais engagés concernant les aspects liés, entre autres, à l’accès aux archives et à la déclassification des ressources documentaires.
Moussa Sarr a salué « le respect de la souveraineté des États, la confiance réciproque, l’écoute mutuelle, l’égalité des partenaires et la recherche d’intérêts partagés ».
Après avoir souligné une coopération particulièrement dynamique dans de nombreux secteurs stratégiques, éducation, formation professionnelle, santé, infrastructures, transports, agriculture, énergie, entre autres, le ministre de la Justice a accordé une importance particulière à la mobilité des étudiants sénégalais.
Me Moussa Sarr s’est dit également convaincu que, « face aux défis contemporains, sécurité, changement climatique, transition énergétique, souveraineté alimentaire, gouvernance économique, mobilité, paix et stabilité, nos deux pays disposent d’importants espaces de coopération qu’il nous appartient de consolider. Le Sénégal est convaincu que les réponses à ces défis exigent un multilatéralisme rénové, un dialogue permanent et des partenariats équilibrés ».
Dans cet esprit, il s’est réjoui « de la qualité des échanges entre les hautes autorités de nos deux pays, qui ont permis d’engager une nouvelle dynamique de coopération. Les prochaines rencontres bilatérales, notamment les séminaires intergouvernementaux, permettront d’approfondir cette dynamique et de définir les priorités d’un partenariat résolument tourné vers l’avenir »
CHRISTINE FAGES QUITTE LE SÉNÉGAL APRÈS TROIS ANS
Une réception qui revêtait cette année une tonalité particulière : il s’agissait des ultimes adieux de l’ambassadrice Christine Fages, en poste depuis trois ans, après une mission qu’elle a elle-même qualifiée d’« honneur d’une vie » . En présence de nombreuses personnalités sénégalaises, la diplomate a dressé un bilan de la relation bilatérale tout en annonçant son départ, non sans une pointe d’émotion. « Cette mission a été pour moi non seulement l’honneur d’une vie, mais aussi une aventure humaine et professionnelle d’une richesse incomparable », a-t-elle déclaré.
Dans son discours, l’ambassadrice a d’abord rappelé la solidité des liens entre les deux pays. Des échanges universitaires – avec 17 800 étudiants sénégalais accueillis en France . Sur les 3 dernières années entre 25 et30.000 visas ont été délivrés par an en moyenne. La Diplomate a aussi parlé de l’engagement des diasporas via le programme Choose Africa. Pour elle, la relation franco-sénégalaise s’appuie sur des « liens humains et culturels chaleureux et confiants ».
Sur le plan économique, Christine Fages a salué une coopération de premier plan. La France reste l’un des premiers partenaires commerciaux du Sénégal, avec 1,2 milliard d’euros d’échanges en 2025. Plus de 370 entreprises françaises sont implantées dans le pays, générant 35 000 emplois directs et contribuant à environ 20 % des recettes fiscales de l’État sénégalais. La mobilisation des instruments financiers publics français est également massive, avec plus d’une centaine de projets pour un encours total supérieur à 3,5 milliards d’euros.
« L’intérêt de la France est d’avoir un partenaire sénégalais solide, prospère et souverain, conformément à la Vision Sénégal 2050 du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye », a-t-elle réaffirmé.
Enfin, l’ambassadrice a insisté sur la nécessité de tourner la relation vers la jeunesse, un axe qu’elle dit avoir porté durant tout son mandat. Écoles, stades, arènes de lutte, cinémas ou ateliers de mode. « Quand on pense à la jeunesse, on pense aussi au sport ! Et 2026 est une année toute particulière puisque le Sénégal va prochainement accueillir les Jeux olympiques de la Jeunesse, le premier évènement olympique de l’histoire à se tenir sur le continent africain. C’est avec fierté que nous appuyons nos partenaires sénégalais pour l’organisation de ces JOJ, notamment à travers l’Alliance Dioko qui a été créée dès 2019 dans le cadre du continuum entre les Jeux de Paris 2024 et les Jeux de Dakar 2026 », a-t-elle indiqué.