(SenePlus) - La démolition d'une clôture d'un poste militaire gambien par les forces sénégalaises a suscité la « profonde inquiétude » de Banjul. Dakar renvoie de son côté ce différend à des discussions frontalières restées, selon elle, sans issue depuis plusieurs années.
Un incident survenu le 16 juillet 2026 dans la zone frontalière de Bulock (sud-ouest gambien) a provoqué un échange de communiqués tendu entre Dakar et Banjul. Selon un communiqué du gouvernement gambien relayé vendredi par l'agence Belga, les forces armées sénégalaises ont procédé à une incursion qualifiée de « gravement provocatrice », en démolissant sans consultation préalable une partie de la clôture du poste-frontière militaire gambien, situé le long d'une zone frontalière contestée entre les deux pays.
Le gouvernement sénégalais, dans un communiqué distinct daté, réaffirme quant à lui son attachement aux liens historiques de fraternité et de coopération stratégique qui unissent les deux pays, tout en resituant l'incident dans un contexte plus ancien.
Banjul dénonce une action « inacceptable », Dakar évoque un différend ancien
Toujours selon Belga, la Gambie affirme avoir exprimé sa « profonde inquiétude face à cet incident regrettable », tout en précisant que le gouvernement reste pleinement déterminé à résoudre cette affaire pacifiquement par le dialogue et les voies diplomatiques. Banjul appelle par ailleurs les forces armées sénégalaises à faire preuve de retenue et à traiter toute préoccupation frontalière future exclusivement par les mécanismes bilatéraux établis.
Du côté sénégalais, le ministère de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur situe cet épisode dans la continuité de discussions frontalières engagées depuis plusieurs années entre les autorités compétentes des deux pays. Dakar affirme avoir, à plusieurs reprises, attiré l'attention de la partie gambienne sur des empiètements affectant son intégrité territoriale, à travers des installations et activités jugées incompatibles avec une gestion concertée de la frontière commune, des échanges qui, selon le texte, n'ont à ce jour pas permis d'aboutir à un engagement clair pour un règlement durable.
Le gouvernement sénégalais insiste sur le fait que cet incident ne saurait être interprété comme traduisant une volonté de porter atteinte à la souveraineté gambienne, et dit rester attaché au règlement pacifique de la question par le dialogue, la concertation et le recours exclusif aux mécanismes bilatéraux existants.
Les autorités sénégalaises indiquent vouloir travailler étroitement avec leurs homologues gambiennes afin de convenir rapidement de mesures correctives, tout en appelant à éviter toute déclaration susceptible d'alimenter les tensions.