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Des médecins tirent le «moussor bas» aux sages-femmes du Sénégal.
A l’occasion de la journée internationale dédiée aux sages‐femmes, des médecins ont tenu à leur rendre hommage. Une occasion pour eux de toucher du doigt les difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien.
 
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A l’occasion de la journée internationale dédiée aux sages‐femmes, des médecins ont tenu à leur rendre hommage. Une occasion pour eux de toucher du doigt les difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien.

«Le monde a besoin d’un million de sages-­femmes de plus» ! C’est le thème de l’édition 2026 de la journée inter‐ nationale de la sage‐femme célébrée chaque année le 05 mai. Le message est clair. Ce thème montre l’urgence de renforcer ce métier pour sauver encore des vies. D’où l’occasion de mettre à l’honneur ce métier. Et ses pratiquantes. En effet, le rôle de la sage‐femme est essentiel pour les mamans et leurs nouveau‐ nés. Ce, de la grossesse à la naissance. Un métier qui demande certes des compétences, mais aussi, et surtout du courage. Loin de leurs familles et du confort, elles s’occupent des femmes. Elles guident les mamans, elles rassurent et veillent sur les femmes. Elles sont les premières à accueillir la vie et à veiller sur ses premiers instants. Elles assurent les 90% des services de santé reproductive. Pour cette année, des médecins leur ont tiré le chapeau. C’est le cas de Dr Mamadou Demba Ndour qui a choisi de rendre un vibrant hommage à ses femmes dévouées. «Pendant 10 ans à la maternité de Matam, j’ai travaillé aux côtés de sages‐femmes extraordinaires. Des professionnelles compétentes, courageuses et profondément engagées pour la santé des femmes et des nouveau‐nés», a‐t‐il témoigné. Son collègue médecin, Pr Serigne Maguèye Guèye a aussi rappelé que le 05 mai est la journée internationale de la sage‐femme pour marquer le rôle essentiel de ces fantassins de la santé des communautés dans la promotion, la protection et le soutien à la santé sexuelle, reproductive, maternelle, néo‐ natale et des adolescents. Il plaide pour une augmentation en nombre et en qua‐ lité des sages‐femmes dans le monde

Seulement, elles travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. La précarité et le manque de moyens sont les maitres mots qui reviennent dans leurs discours d’hommage. «J’ai vu des sages­femmes assurer des gardes impuissantes, gérer des urgences vitales, sauver des vies et maintenir des maternités debout... souvent dans la précarité, le manque de moyens et une absence de reconnaissance à la hauteur de leur sacrifice. Beaucoup portent notre système de santé à bout de bras, avec des statuts fragiles, des conditions difficiles et des perspectives limitées, alors qu’elles accomplissent un travail essentiel pour la nation», a martelé le gynécologue‐obstétricien, Dr Ndour. Qui soutient qu’»on ne peut pas continuer à célébrer leur dévouement sans parler de la réalité. Rendre hommage aux sages­-femmes du Sénégal, c’est aussi défendre leur dignité, de meilleures conditions de travail et une reconnaissance juste de leur rôle indispensable. Respect et reconnaissance à toutes les sages-­femmes du Sénégal», a dit le gynécologue obstétricien, ancien chef de service de la maternité de Matam et ancien secrétaire général du SAMES (Syndicat autonome des médecins et chirurgiens‐dentistes du Sénégal), Dr Mamadou Demba Ndour. Acteur préoccupé du système de santé, Dr Ndour pense que, «quand on réussira à faire connaitre à sa juste valeur le mérite de la sage-­femme, on améliorera notre système de santé».

La doléance de la présidente de l’Association des sages‐femmes d’État du Sénégal, Mme Bigué Bâ Mbodj, c’est de signer «des CDI (contrat à durée indéterminée) aux sages­-femmes et pas seulement des CDD (contrats à durée déterminée) de 5 ans le temps d’un projet en travaillant à l’intérieur du pays dans des conditions trop difficiles et souvent victimes de violences basées sur le genre (vbg), surtout des harcèlements». Elle dénonce les salaires dérisoires de 50 000 à 75 000 francs Cfa pour quelqu’un qui a fait trois années de formation. Alors qu’elles abattent un travail colossal et dans des conditions très difficile au niveau des zones enclavées. Elle rappelle surtout que «ce sont de jeunes femmes qui n’arrivent pas à enfanter à cause de la distance avec leur époux qui ne peuvent pas leur rejoindre à leurs lieux de travail, pour certains. D’autres refusent carrément de les rejoindre dans des zones où il y a souvent des problèmes de sécurité, et où elles sont souvent agressées et harcelées». Une situation qui, selon Mme Bigué Bâ Mbodj, pose des soucis de qualité dans le travail.

Interdit d’ouvrir des cliniques, Bigué Bâ Mbodj dénonce

Il est désormais interdit aux sages‐ femmes d’ouvrir des cliniques au Sénégal parce qu’une sage‐femme ne doit pas recruter un médecin» ! Tel est le motif servi par la direction des établissements privés de santé pour empêcher l’implantation d’une clinique par des sages‐femmes. «Ils ont dit que la sage-­femme ne doit pas ouvrir une clinique sans en discuter en plénière. Les motifs de cette décision ? Ils auraient servi qu’une sage-­femme ne doit pas recruter un médecin. Alors que depuis 1960, presque toutes les cliniques sont créées par des sages-­femmes. Il faut dire que dans ces cliniques, il y a toujours une personnalité juridique qui gère les recrutements. Pour dire que les sages-femmes ne recrutent pas. Ils disent que la sage­-femme doit être sous la supervision d’un médecin, docteur gynécologue. Mais il faut reconnaitre qu’au niveau des postes de santé au Sénégal, presque toutes les maternités sont gérées par des sages-­femmes et font les accouchements. 90% des femmes enceintes accouchent normalement sous l’aide de la sage-­femme», a‐t‐elle dit. 

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