(SenePlus) - Le Ministère des Finances et du Budget a publié ce mardi un communiqué de presse en réponse à un article paru dans la presse internationale, mettant en cause l'utilisation par le Sénégal d'instruments financiers de type Total Return Swap (TRS). Sans identifier nommément la publication visée, le ministère y apporte onze points de clarification destinés à replacer ces opérations dans leur contexte et à répondre à ce qui est perçu comme une mise en cause de la gestion de la dette publique sénégalaise.
Premier élément de réponse des autorités : le recours aux TRS n'est pas nié, il est assumé. Le ministère le présente comme une composante délibérée de la stratégie nationale de diversification des sources de financement, rendue nécessaire, selon lui, par un resserrement des conditions d'accès aux marchés financiers internationaux. L'objectif affiché est d'attirer des investisseurs étrangers sur le marché régional des titres publics afin d'en améliorer la liquidité, ces investisseurs ayant des exigences spécifiques en matière d'accès au change et de rapatriement des intérêts que les TRS permettraient de satisfaire.
L'argument du coût
Sur le terrain financier, le ministère avance un argument chiffré : le taux net supporté dans le cadre de ces opérations aurait été d'environ 7,1 %, contre des rendements moyens de 12 % et 11 % constatés sur les Eurobonds en euros à échéances 2028 et 2037 en 2025. Ces opérations auraient ainsi permis, selon Dakar, de réaliser des économies substantielles pour le Trésor public. Ces chiffres ne sont pas vérifiables de manière indépendante dans le seul cadre de ce communiqué.
La transparence en question
C'est sans doute sur ce terrain que la réponse du ministère se veut la plus insistante. Les autorités affirment que ces financements ont pris la forme d'émissions de titres publics par adjudication, dont les résultats sont publiés après chaque opération. Elles rappellent également que le recours aux TRS figurait dans le rapport économique et financier annexé à la Loi de finances initiale 2026, et que le ministre en avait fait état devant l'Assemblée nationale le 29 novembre 2025. Sept opérations auraient ainsi été conduites entre avril et novembre 2025, dans le cadre légal des lois de finances en vigueur.
Le communiqué aborde aussi la question de la relation avec le Fonds monétaire international. Le ministère affirme que l'exécution du plan de financement 2025, y compris les opérations de TRS, a fait l'objet d'échanges réguliers avec l'institution. Il précise par ailleurs que les montants mobilisés ont exclusivement servi à couvrir les besoins de l'exercice 2025, et que l'échéance de l'Eurobond évoquée dans l'article incriminé a été honorée en mars 2026. Ces affirmations, présentées comme des réponses aux interrogations soulevées, restent pour l'heure celles de l'unique source qu'est le ministère lui-même.