Cinq matches, quatre buts: avec le PSG, rejoint en janvier lors du mercato hivernal, l'ailier allemand Julian Draxler réussit des débuts tonitruants qu'il a une belle occasion d'assaisonner davantage dès samedi à Dijon (23e journée de L1).
Il n'y a pas que les buts pour se faire une idée d'un joueur, mais ils représentent un argument de poids pour un élément du secteur offensif, surtout celui inscrit à Rennes lors de son premier match dans le championnat de France, synonyme des trois points (1-0 le 14 janvier).
Et surtout chez un joueur qui ne s'était jamais vraiment signalé comme une terreur des surfaces, avec seulement 38 buts en 215 matches sous les maillots de Schalke puis Wolfsburg, outre ses trois "Tore" en 27 sélections pour l'équipe d'Allemagne.
Draxler a aussi été déterminant dans les deux seuls matches où il n'a pas marqué: contre Nantes (2-0 le 21 janvier en L1), il décale Lucas à droite qui adresse le centre décisif pour Edinson Cavani, puis provoque un coup franc suite à une percée plein axe, sur lequel le même Cavani double la mise; contre Monaco (1-1 dimanche en L1), il obtient le penalty de l'ouverture du score parisienne.
- Le match avec Di Maria -
Le natif de Gladbeck, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a donné un aperçu de ses qualités: contrôles orientés toujours vers l'avant, vitesse de course et d'enchaînement, lucidité dans la finition, frappe précise.
"J'aime jouer sur le côté gauche car j'aime défier en un contre un, dribbler, montrer ce dont je suis capable et marquer des buts, mais aussi faire des passes décisives pour Cavani. Il a pour l'instant marqué 21 buts et je crois qu'il veut en marquer 35 ! Oui, il a besoin de mon aide, de celle des ailiers et c'est pour ça que j'ai signé", a-t-il souligné dans un entretien à Canal+ diffusé dimanche prochain.
Tout n'est pas parfait dans ses débuts parisiens: contre Monaco par exemple, le champion du monde allemand de 23 ans a été très discret et peu inspiré quand il était sollicité sur son aile. Il est ainsi capable de disparaître de la circulation durant de longues séquences de jeu.
Mais il se rend en Bourgogne avec le vent dans le dos, puisque tout lui est a priori favorable: l'élan de son doublé à Rennes en Coupe de France (4-0), le profil de l'adversaire dijonnais (13e du classement mais seulement 16e défense avec déjà 32 buts encaissés) et l'absence de son concurrent direct, Angel Di Maria, forfait.
Draxler a pris le pas sur Di Maria, puisque c'est l'Allemand qui était titulaire et non l'Argentin dans le choc face à Monaco, mais Unai Emery entend juguler cette hiérarchie par un esprit de compétition qu'il attise par son mantra de la "concurrence".
"Aujourd'hui, Di Maria est blessé, mais lors de son dernier match (de titulaire, ndlr), c'était le Di Maria que nous voulons", a assené l'entraîneur espagnol vendredi en conférence de presse en référence au réveil du "Fideo" contre Bordeaux le 24 janvier en Coupe de la Ligue (4-1), performance relevée d'un doublé.
- Dynamique -
"Les joueurs ne doivent pas perdre cette dynamique, avec exigence et constance, a-t-il ajouté. Di Maria est très impliqué pour maintenir ce niveau de performance. C'est la concurrence que nous voulons, avec deux joueurs par poste. On a quelques joueurs blessés, on a besoin des autres".
"Draxler est dans une dynamique, il doit la maintenir", a-t-il aussi avancé, sans vouloir s'étendre sur lui, au contraire: il a pris soin d'accoler son nom à deux des autres joueurs susceptibles d'épauler Cavani, les Lucas, Gonçalo Guedes etc.
Dijon, c'est la première des trois étapes de Ligue 1, avec Lille et Bordeaux mardi et vendredi prochains. C'est contre le grand Barça, le 14 février en 8e de finale aller de la Ligue des champions, que Draxler sera chargé d'accélérer le cours de l'histoire du PSG.