(SenePlus) - La création annoncée d’une fondation des premières dames au Sénégal suscite déjà des interrogations au sein même de la majorité. Dans une publication diffusée jeudi, le député Guy Marius Sagna a demandé publiquement d’où proviendront les ressources destinées à financer cette structure liée à l’épouse du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye.
« D’où va provenir l’argent de la fondation des premières dames ? De l’argent des Sénégalais ou d’affairistes d’État ou des deux ? », s’interroge l’élu, qui estime que la question du financement mérite d’être clairement posée dès le départ.
Pour Guy Marius Sagna, l’histoire politique sénégalaise montre que de nombreux responsables, une fois parvenus à des fonctions étatiques, ont cherché à disposer de moyens financiers leur permettant d’entretenir une base politique ou de mener des activités sociales. Selon lui, ces pratiques ne concernent pas uniquement la présidence de la République, mais peuvent également exister dans certains ministères, directions ou même à l’Assemblée nationale.
Le parlementaire considère toutefois que les engagements pris par les nouvelles autorités imposent de rompre avec ces pratiques. « Or nous avons dit hier rupture, refondation, révolution et surtout pas continuité », affirme-t-il, soulignant sa volonté de poursuivre le combat pour que ces principes se traduisent concrètement dans la gestion des affaires publiques.
Dans cette perspective, il estime que les responsables politiques restent libres de mener des activités sociales ou politiques, mais qu’elles devraient être financées avec leurs ressources propres et non avec celles des institutions publiques.
Guy Marius Sagna plaide ainsi pour un renforcement des politiques publiques à travers les ministères compétents. Selon lui, le rôle des dirigeants consiste avant tout à renforcer les moyens du ministère chargé de l’action sociale et de la solidarité nationale, à consolider ceux du ministère de la Santé pour la prise en charge médicale des populations, ou encore à améliorer la gestion des recrutements dans les structures de l’État afin d’éviter les pratiques de quotas ou de favoritisme.
Dans son message, le député affirme également que les résistances au changement restent fortes. « Le système néocolonial et parasitaire se défend. Mais nous aussi, et on ne lâchera rien pour sa mise à mort », écrit-il, réaffirmant son attachement aux principes de rupture, de refondation et de transformation du système politique.
Au-delà de cette prise de position sur la fondation des premières dames, l’élu a également indiqué avoir obtenu des réponses du gouvernement à plusieurs questions qu’il avait adressées à l’exécutif.
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique lui a ainsi confirmé l’autorisation de prise de service de onze sortants de l’École nationale des travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS), parmi lesquels des titulaires de diplômes d’État en travail social et d’assistant social. Cette décision intervient après une interpellation du député concernant seize diplômés qui, selon lui, n’avaient pas pu intégrer la fonction publique depuis près d’un an.
Le ministre de l’Éducation nationale a également répondu à ses préoccupations concernant le manque d’enseignants d’arabe et d’allemand dans certains établissements, notamment au lycée franco-arabe de Taslima ainsi qu’au collège et au lycée de Coubanao.
Enfin, s’agissant de l’épreuve d’éducation technologique au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), le ministère a rappelé que le décret du 11 juin 2018 en fait une épreuve obligatoire. Toutefois, en raison du déficit d’enseignants dans cette discipline, l’administration a opté pour une application transitoire plus souple, permettant de considérer cette épreuve comme optionnelle en attendant le recrutement d’un nombre suffisant de professeurs de technologie.