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Le préfet de Koumpentoum recadre deux députés de Pastef
L’ouverture de la 8e édition du festival Pencum Niani a été marquée, ce samedi, par une vive tension entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir législatif
 
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1004054
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L’ouverture de la 8e édition du festival Pencum Niani a été marquée, ce samedi, par une vive tension entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir législatif. Le refus de deux députés de la coalition Pastef de se lever à l’arrivée de la Préfète a provoqué un incident protocolaire qui a nécessité l’intervention de la gendarmerie.

Le terrain de football de Koumpentoum, paré de ses plus beaux atours pour célébrer la culture du Niani et du Wouly, a bien failli devenir le théâtre d’une rupture républicaine définitive. Samedi, aux alentours de 18 heures, alors que la foule attendait impatiemment le lancement officiel des festivités, l’arrivée de la Préfète du département, Safiatou José­phine Dieng, a mis le feu aux poudres.

Conformément à l’usage, l’ensemble de l’assistance s’est levé pour saluer l’autorité administrative. Un élan de respect partagé par tous, à l’exception notable de Moussa Mbaye et Awa Sow, les deux députés de Pastef du département. Assis sous la tribune, les parlementaires ont ostensiblement refusé de se lever, marquant ainsi une rupture avec la courtoisie institutionnelle habituelle.

Face à ce qu’elle a perçu comme un manque de respect envers l’Etat qu’elle représente, la Préfète a immédiatement sollicité l’intervention du Commandant de la Brigade territoriale de Koumpentoum. Ce dernier a sommé les élus de se conformer au protocole ou de quitter les lieux. Sous la pression et pour permettre la tenue de l’événement, les deux députés ont finalement obtempéré, déclenchant les vivats d’un public soulagé.

Le choc des interprétations

Si le calme est revenu sur le terrain, la polémique a rapidement embrasé les réseaux sociaux, divisant la classe politique sur la nature de l’obligation protocolaire. D’un côté, d’anciennes figures parlementaires comme Mame Diarra Fam et Adji Mbergane Kanouté ont pris la défense de leurs collègues. Pour elles, le salut à l’autorité administrative relève de la simple «courtoisie» et non d’une obligation légale, arguant que le député, élu au suffrage universel, jouit d’une légitimité égale à celle du sommet de l’Etat.

De l’autre, Safiatou José­phine Dieng a fermement défendu sa posture, la plaçant sur le terrain du civisme et de la cohésion nationale : «Lorsque nous sommes rassemblés sous les symboles de la République, il n’y a qu’une posture qui nous honore. Le civisme n’est pas une faiblesse, c’est une force», a-t-elle martelé après l’incident.

Une fête gâchée ?

Cet incident relance le débat complexe sur les rapports de force entre les représentants nommés (l’Administration) et les représentants élus (le Parle­ment) au Sénégal. Initialement placé sous le thème de l’intégration et du développement durable, le festival Pencum Niani voit sa portée culturelle quelque peu éclipsée par ce duel symbolique. Malgré tout, la ténacité des éléments de la gendarmerie de Tambacounda a permis de sauver la cérémonie, permettant aux cultures du Niani de s’exprimer, bien que dans un climat politique désormais électrique.

Les deux députés de Pastef brisent le silence : «Le département n’a pas besoin d’une Préfète engagée politiquement, mais d’une servante de l’Etat»

Au lendemain de l’incident du festival Pencum Niani, l’honorable Moussa Mbaye et l’honorable Awa Sow passent à l’offensive. Dans une déclaration commune, les deux parlementaires dénoncent une «dérive partisane» de l’autorité préfectorale et en appellent directement à l’arbitrage du ministre de l’Intérieur.

Le climat politique est devenu irrespirable à Koumpentoum. Ce qui ne semblait être qu’un accrochage protocolaire lors d’un festival culturel a muté en une véritable crise ouverte entre les représentants du Peuple et l’administration locale. Dans une sortie d’une rare virulence, les députés de Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow, dressent un réquisitoire sans concession contre la gestion de la Préfète Safiatou Joséphine Dieng.

La neutralité républicaine «troquée contre le militantisme»

Pour les deux parlementaires, l’incident du festival Pencum Niani est la «goutte d’eau qui a fait déborder le vase». Selon eux, depuis l’accession de Pastef au pouvoir, la représentante de l’Etat aurait abandonné sa neutralité pour se transformer en «rempart» pour les maires de l’opposition. Les griefs énumérés sont précis : de l’installation des Comités de santé (Cds) aux réunions de coordination de la Fête de l’indépendance -dont les députés disent avoir été écartés-, les élus dénoncent une mise à l’écart systématique au profit de figures politiques de l’ancien régime. «Vous avez choisi de mettre à l’honneur des figures politiques de votre convenance. Ce choix est une instrumentalisation d’un événement républicain à des fins partisanes», assènent-ils dans leur déclaration.

L’expulsion du festival : le point de non-retour

Revenant sur les faits survenus samedi soir au terrain de football, les députés qualifient leur mise en demeure de «démarche difficilement justifiable». Alors qu’ils étaient les invités du Conseil départemental, l’ordre d’éviction donné par la Préfète est perçu comme une «atteinte grave au respect dû aux représentants du Peuple». S’ils affirment avoir fait preuve de retenue pour «préserver la paix» lors de l’événement, Moussa Mbaye et Awa Sow estiment désormais que la cohabitation est devenue impossible. Pour eux, le rôle d’un Préfet est de garantir l’équilibre et l’impartialité, des qualités qu’ils jugent désormais absentes chez l’actuelle autorité de Koumpentoum.

Appel à l’arbitrage du ministre de l’Intérieur

Face à ce qu’ils nomment de «prise d’otage» du département par une administration politisée, les parlementaires se tournent vers le sommet de l’Etat. Ils interpellent officiellement le ministre de l’In­térieur, Mouhamadou Bamba Cissé, pour qu’il «prenne ses responsabilités». Le message est limpide : Pastef Koum­pentoum réclame un changement à la tête de la Préfecture. «Le département n’a pas besoin d’une Préfète engagée politiquement, mais d’une servante de l’Etat», concluent-ils.

Après cette sortie médiatique, la réaction du ministère de l’Intérieur est désormais scrutée de près. Ce bras de fer pose une question fondamentale : comment restaurer la confiance entre les élus du suffrage universel et les représentants de l’autorité centrale dans un contexte de transition politique ?

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