(SenePlus) - Le processus d'opérationnalisation de Kajom Capital est désormais entré dans une phase active. Après sa structuration théorique par le Fonds Souverain d’Investissements Professionnels (FONSIS) sous la direction générale de Babacar Gning, l’entité a profité du lancement officiel de ses activités, ce vendredi 15 mai, pour procéder à la signature de ses premières conventions d'achat et de partenariats financiers. Ces accords juridiques marquent le point de départ de la phase pilote du dispositif de location-vente.
La première convention d'achat ferme a été signée avec la société de promotion immobilière EFT, une entreprise basée à Thiès. Cet accord porte sur un lot initial de 55 logements qui seront construits dans la communauté rurale de Notto Diobass. Pour le Directeur général du FONSIS, Babacar Gning, cette transaction représente le premier jalon d'un objectif à court terme qui prévoit de sécuriser un total de 200 unités résidentielles au cours de l'année 2026 afin de tester la viabilité du modèle d'affaires sur le marché local.
Parallèlement à cette première commande, une seconde convention, sous forme de promesse d'achat cette fois, a été formalisée avec le promoteur Equiline. Ce protocole porte sur un volume plus important de 500 logements, programmés au sein du projet d'aménagement « Green City » à Sindia, une réserve foncière de plus de 400 hectares. À travers cette signature anticipée, les gestionnaires du fonds cherchent à sécuriser l'approvisionnement foncier et immobilier nécessaire pour exécuter la feuille de route de l'année 2027, dont la cible contractuelle est fixée à 1 000 logements.
Pour assurer la jonction avec les politiques publiques d'aménagement, Kajom Capital tente d'intégrer le réseau des opérateurs étatiques historiques. Des discussions et des protocoles d'accord sont en cours de finalisation avec le Fonds de l'Habitat Social (FHS), la SICAP et la SNHLM. Selon les orientations du ministre Bala Moussa Fofana, l'objectif de ces futures conventions est de définir l'apport de l'État, notamment à travers l'exonération de certaines taxes, la mise à disposition de réserves foncières et le financement des travaux de voiries et réseaux divers (VRD), des facteurs techniques indispensables pour abaisser le coût de revient final des bâtiments.
Le déploiement de ces mécanismes contractuels s'opère toutefois dans un contexte sectoriel marqué par les réserves techniques et les attentes des organisations patronales locales. Alassane Gueye, membre de la Convention nationale des employeurs du Sénégal (CNES), rappelle que l'efficacité de ces conventions dépendra de la levée de barrières administratives persistantes, à l'instar du guichet unique jugé inopérant, et d'une meilleure intégration des capacités industrielles nationales, le secteur de la métallurgie locale tournant actuellement en sous-régime avec seulement un tiers de sa capacité de production de fer à béton exploitée.
En définitive, ces signatures de contrats d'achat en masse et ces promesses de vente illustrent la méthode choisie par le FONSIS : s'interposer comme un intermédiaire solvable entre l'offre des promoteurs et la demande des ménages. L'ambition technique affichée par Babacar Gning et validée par le ministre Bala Moussa Fofana est d'augmenter progressivement les volumes contractuels pour atteindre, d'ici dix ans, un rythme de croisière de 2 000 logements par an, une trajectoire dont la réussite commerciale reste tributaire de la confiance des investisseurs privés et de la régulation effective du marché foncier.