Skip to main content
La CONAPED fustige une décision précipitée et exige la poursuite du gel des licences
Par arrêté daté du mois d’avril 2026, le ministre des Pêches et de l’Économie maritime a autorisé, à titre exceptionnel, cinq navires industriels à accéder à la pêche démersale côtière.
 
ID
1004986
{"id":1004986,"title":"La CONAPED fustige une décision précipitée et exige la poursuite du gel des licences","subheadline":"Par arrêté daté du mois d’avril 2026, le ministre des Pêches et de l’Économie maritime a autorisé, à titre exceptionnel, cinq navires industriels à accéder à la pêche démersale côtière. ","image":"/sites/default/files/2026-05/demersale_.jpg","link":"/article/la-conaped-fustige-une-decision-precipitee-et-exige-la-poursuite-du-gel-des-licences"}

La Coalition Nationale pour une Pêche Durable (CONAPED) dénonce une décision « précipitée ». Au cours d’un point de presse tenu hier, dimanche, devant le service départemental des pêches de Rufisque, ces acteurs du système ont estimé que cette décision ministérielle menace l'équilibre fragile des écosystèmes marins et la souveraineté alimentaire du pays.

Par arrêté daté du mois d’avril 2026, le ministre des Pêches et de l’Économie maritime a autorisé, à titre exceptionnel, cinq navires industriels à accéder à la pêche démersale côtière. Une permission qui, dans le même temps met un terme à une décision de gel des licences qui est en vigueur depuis deux décennies et qui a été instaurée pour protéger les fonds marins. Dans le communiqué lu par son secrétaire général, la CONAPED conteste les raisons avancées par l’autorité pour procéder à la levée de la mesure de gel. En effet, selon Abdoulaye Ndiaye et ses camarades, l’alibi scientifique avancé par le ministère est parcellaire. Il s’agit pour eux d’un alibi scientifique incomplet. « Pour justifier cette mesure, l’administration s'appuie sur une communication du Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) faisant état d’un potentiel exploitable de 2 921 tonnes pour neuf espèces », note le communiqué. Cependant, la CONAPED souligne que le ministère a fait une lecture sélective du rapport. 

En effet, le CRODT précise que l’exploitation de ces ressources est indissociable d’autres stocks déjà surexploités, qui accusent un déficit de 871,9 tonnes. En utilisant des chaluts de fond, des engins non sélectifs, ces nouveaux navires risquent de capturer inévitablement des espèces critiques comme le thiof, le poulpe ou la crevette blanche, aggravant ainsi leur déclin.

La méthode utilisée pour valider cette décision est également pointée du doigt. Lors de la Commission consultative d’attribution des licences (CCALP), le déséquilibre était flagrant : neuf représentants de l’administration faisaient face à seulement trois professionnels. Pour la coalition, cette « cogestion maquillée » bafoue les promesses de transparence et d’inclusion du nouveau régime. Il s’y ajoute qu’il y a un flou autour de l’identité réelle des bénéficiaires. Même si les navires en question battent pavillon sénégalais, pour la CONAPED, des doutes existent. Ainsi elle alerte sur « l'existence possible de sociétés écrans dissimulant des investisseurs étrangers, certains ayant des antécédents de pêche illicite ».

La CONAPED balaie également d’un revers de main les enjeux de sécurité alimentaire et économique avancés. Selon les membres de l’organisation faitière, l'argument de la sécurité alimentaire avancé par les autorités n’est pas convaincant. « Le volume de 2 921 tonnes est jugé « dérisoire » face aux besoins nationaux et aux exportations. Historiquement, la consommation des Sénégalais repose sur les petits pélagiques et non sur ces espèces démersales côtières coûteuses ». 

Au-delà de l'aspect alimentaire, la CONAPED souligne une certaine incohérence économique car elle juge que « l’État et ses partenaires ont investi des sommes colossales pour réduire la surpêche. Augmenter l’effort de pêche aujourd'hui reviendrait à sacrifier des années d'efforts de restauration pour des gains financiers limités et temporaires ». Pour toutes ces raisons, les leaders de la CONAPED exigent tout bonnement le retrait immédiat de l’arrêté et le maintien du gel des licences. Ils appellent par la même occasion à une véritable concertation nationale pour bâtir une souveraineté halieutique durable, plutôt que de fragiliser davantage des écosystèmes déjà à bout de souffle. 

1004986
ID
1004986
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3