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La DSC démantèle un vaste réseau de charlatanisme numérique et d’escroquerie mystique
Une affaire mêlant manipulation psychologique, pratiques mystiques, transferts d’argent via mobile money et blanchiment de capitaux vient d’être mise au jour par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC).
 
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1005031
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Une affaire mêlant manipulation psychologique, pratiques mystiques, transferts d’argent via mobile money et blanchiment de capitaux vient d’être mise au jour par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC). Deux individus ont été déférés au parquet pour escroquerie, charlatanisme numérique et blanchiment de capitaux, après avoir soutiré plusieurs millions de francs CFA à un éleveur placé sous emprise psychologique.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’affaire remonte à l’année 2025. Le principal mis en cause aurait approché sa victime au commissariat de Jaxaay, en se présentant comme un guide spirituel doté de pouvoirs mystiques capables d’assurer prospérité et réussite financière. Profitant de la vulnérabilité de l’homme, notamment de son intérêt pour le développement de son élevage, le suspect lui aurait proposé un « listikhar », une consultation spirituelle censée attirer la bénédiction et la richesse. Dans le cadre de ce rituel, le faux marabout lui aurait remis un liquide présenté comme « béni ». 

Après avoir consommé cette substance, la victime serait progressivement tombée dans une situation de dépendance psychologique extrême. Convaincu d’être sous la protection de forces mystiques et persuadé que des « rawanes » — des djinns censés exiger des sacrifices financiers — conditionnaient désormais sa réussite, il se serait exécuté sans discuter face aux multiples demandes d’argent formulées par les escrocs. 

Les investigations menées par la DSC révèlent qu’un montant global de 8 500 000 francs CFA a ainsi été soutiré à la victime. Les transactions se sont effectuées à travers plusieurs transferts Orange Money totalisant 6 500 000 francs CFA, auxquels s’ajoutent 2 000 000 francs remis en espèces. Pour satisfaire les exigences répétées des prétendus esprits, la victime aurait vendu discrètement neuf bœufs appartenant au cheptel familial à Kounoune, sans en informer ses proches. Pendant plusieurs mois, les opérations financières se sont poursuivies dans le plus grand secret. Mais des mouvements inhabituels autour du patrimoine familial ont fini par éveiller les soupçons du père de la victime. 

En avril 2026, ce dernier découvre la disparition progressive du bétail ainsi que l’ampleur des sommes transférées. Constatant que son fils semblait totalement sous influence, il décide alors de saisir les autorités compétentes en déposant une plainte. L’enquête ouverte par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité a permis d’identifier rapidement les principaux suspects. Interpellés puis placés en garde à vue, les deux individus seraient passés aux aveux au cours des auditions. Le cerveau présumé de cette escroquerie a notamment reconnu avoir utilisé une partie importante des fonds détournés pour construire sa maison dans son village d’origine, confirmant ainsi les soupçons de blanchiment de capitaux. Les enquêteurs ne comptent toutefois pas s’arrêter à ces premières arrestations. 

L’exploitation des comptes de transfert d’argent et l’analyse des transactions financières ont permis de mettre au jour d’autres mouvements suspects, laissant penser que plusieurs victimes pourraient avoir été piégées selon le même mode opératoire. La DSC poursuit actuellement ses investigations afin d’identifier d’éventuels complices ainsi que toutes les personnes ayant pu tomber dans ce réseau mêlant croyances mystiques et cybercriminalité financière. Cette affaire relance le débat sur la montée du charlatanisme numérique au Sénégal, un phénomène de plus en plus alimenté par les moyens modernes de paiement électronique et les réseaux sociaux. Derrière les promesses de richesse, de protection spirituelle ou de réussite rapide, des individus sans scrupules exploitent souvent la détresse, la naïveté ou les croyances de leurs victimes pour leur soutirer d’importantes sommes d’argent. 

Face à cette nouvelle affaire, la Police nationale appelle une nouvelle fois les populations à la plus grande vigilance. Elle invite les citoyens à dénoncer toute pratique suspecte liée à des promesses mystiques accompagnées de demandes d’argent, particulièrement lorsque celles‐ci transitent par des plateformes numériques ou des services de transfert mobile. Les autorités rappellent enfin que les mirages du gain facile et les prétendus pouvoirs occultes constituent souvent le terreau d’escroqueries sophistiquées aux conséquences financières et psychologiques dramatiques. 

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