(SenePlus) - Depuis le durcissement de la loi anti-homosexualité en mars, des personnalités politiques et associations françaises font pression sur le gouvernement pour accorder l'asile aux personnes persécutées. Mais la diplomatie française privilégie la discrétion pour éviter d'être accusée d'ingérence par Dakar.
L'ancien adjoint à la mairie de Paris Jean-Luc Romero-Michel a écrit deux fois au président Macron et au ministre des Affaires étrangères pour réclamer l'octroi de visas humanitaires aux Sénégalais menacés depuis le vote de la loi du 11 mars. Il n'a reçu aucune réponse, rapporte Mustapha Kessous dans Le Monde.
Le militant des droits LGBT+ âgé de 66 ans reçoit des dizaines de messages d'hommes terrorisés cherchant à fuir. Le sénateur communiste Ian Brossat a également interrogé le ministre de l'Intérieur fin avril sans obtenir de retour. Il prévoit de proposer que Paris mette des logements à disposition des réfugiés sénégalais et déplore le silence français.
L'ambassadeur pour les droits LGBT+ a indiqué au Monde que Paris avait exprimé son désaccord aux autorités sénégalaises et traitait les demandes de visas rapidement. Mais il refuse de donner des chiffres pour éviter les tensions avec Dakar. La France redoute d'être accusée de promouvoir l'homosexualité ou que ses représentations soient ciblées.
L'association Stop Homophobie a transmis plus de cinquante dossiers détaillés au ministère et à l'ambassade. Ces dossiers sensibles sont examinés directement par des agents français et non par le prestataire local pour éviter les fuites, selon Le Monde.
Les procédures d'asile restent difficiles. Moins d'un tiers des demandes sénégalaises fondées sur l'orientation sexuelle aboutissent selon l'Ofpra. Les récits des demandeurs ne correspondent pas toujours aux représentations occidentales et certains présentent des récits formatés pour obtenir l'asile. L'office assure que le durcissement législatif sera pris en compte dans l'examen des futures demandes.