(SenePlus) - Le gouvernement cubain a fermement rejeté les accusations portées par les États-Unis concernant une prétendue campagne d’« influence subversive » menée par La Havane sur le territoire américain. Dans une déclaration publiée le 22 juillet 2026 par le ministère cubain des Relations extérieures (MINREX), et rapportée par le journal officiel Granma, les autorités cubaines dénoncent un rapport du Département d’État américain publié deux jours plus tôt, qu’elles qualifient de tentative de « diffamation » visant à justifier la politique de Washington envers l’île.
Selon le MINREX, le document américain présenterait Cuba comme une menace pour les États-Unis afin de maintenir la pression diplomatique et économique exercée contre La Havane depuis plusieurs décennies. Le gouvernement cubain affirme que ces accusations s’inscrivent dans une stratégie visant à légitimer les sanctions américaines, notamment l’embargo économique imposé à Cuba.
Dans sa réaction officielle, le ministère cubain des Affaires étrangères rejette catégoriquement les conclusions du rapport américain, qu’il décrit comme « un médiocre pamphlet de propagande ». « Cuba rejette, dans les termes les plus énergiques, le rapport publié le 20 juillet par le Département d'État des États-Unis concernant la prétendue influence subversive de Cuba contre ce pays », affirme le communiqué du MINREX.
La Havane accuse également Washington de mener, de son côté, des opérations destinées à influencer la situation politique cubaine. Les autorités cubaines soutiennent que les États-Unis financeraient depuis plusieurs années des programmes visant à fragiliser le gouvernement cubain et à encourager des changements politiques internes.
Dans sa déclaration, le gouvernement cubain dénonce ce qu’il considère comme une contradiction dans la position américaine. Il rappelle que Washington a régulièrement été accusé par La Havane d’ingérence dans les affaires d’autres pays. « Il s’avère hypocrite de la part du Département d'État d'accuser Cuba de promouvoir des actions de subversion, alors qu'il est notoire que le gouvernement des États-Unis alloue chaque année des dizaines de millions de dollars de son budget fédéral à déstabiliser l'ordre intérieur à Cuba », écrit le ministère cubain.
La controverse porte également sur le classement de Cuba par les États-Unis parmi les États soutenant le terrorisme. La Havane rejette cette désignation, estimant qu’elle ne repose pas sur des éléments crédibles et qu’elle constitue un outil politique destiné à renforcer son isolement international.
Les autorités cubaines affirment par ailleurs que certaines personnes impliquées dans des actions violentes contre Cuba bénéficieraient d’une protection aux États-Unis. Elles dénoncent ainsi une politique qu’elles jugent incohérente, accusant Washington d’utiliser la lutte contre le terrorisme comme un moyen de pression diplomatique.
Le communiqué cubain critique également l’utilisation croissante, dans certains discours américains, de la notion de « terrorisme de gauche ». Selon La Havane, cette expression participerait à une stratégie visant à discréditer des mouvements progressistes et des organisations opposées à la politique étrangère américaine.
Pour le MINREX, cette rhétorique pourrait contribuer à restreindre les libertés politiques aux États-Unis et à intimider les personnes qui expriment leur soutien à Cuba ou leur opposition au blocus économique. « L'objectif est surtout de réprimer et d'attaquer la population étasunienne elle-même et d'intimider les personnes qui éprouvent et expriment des sentiments de solidarité », affirme le ministère.
Dans un contexte de tensions persistantes avec Washington, Cuba réaffirme néanmoins sa volonté de poursuivre ses relations diplomatiques avec différents partenaires internationaux. Le gouvernement cubain insiste sur le respect de la souveraineté nationale, du droit international et des principes inscrits dans la Charte des Nations unies.
La Havane rappelle également que le blocus économique américain continue d’être dénoncé chaque année devant les Nations unies, qu’elle considère comme un frein majeur au développement du pays. Les autorités cubaines assurent vouloir maintenir des relations avec le peuple américain et les institutions des États-Unis, tout en défendant leur modèle politique et leur indépendance diplomatique.